Comment la crise soudanaise complique le différend au sujet du Grand Barrage de la Renaissance

Le grand barrage de la Renaissance au début de 2022, reste une source de friction entre les pays voisins (Photo, AFP).
Le grand barrage de la Renaissance au début de 2022, reste une source de friction entre les pays voisins (Photo, AFP).
Le grand barrage de la Renaissance au début de 2022, reste une source de friction entre les pays voisins (Photo, AFP).
Le grand barrage de la Renaissance au début de 2022, reste une source de friction entre les pays voisins (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 27 avril 2023

Comment la crise soudanaise complique le différend au sujet du Grand Barrage de la Renaissance

  • La résolution pacifique du conflit concernant le barrage éthiopien pourrait dépendre de l'issue de la lutte pour le pouvoir au Soudan
  • Selon les experts, un conflit prolongé pourrait mettre en péril la sécurité alimentaire et hydrique du Soudan et de l'Égypte

LONDRES: Au cours des deux dernières semaines, le monde s'est habitué à voir des photos du général soudanais Abdel Fattah al-Burhan, dont les forces sont engagées dans des combats avec les forces paramilitaires rivales, les Forces de soutien rapide, depuis le 15 avril, vêtu d'une tenue de combat.

Le 26 janvier, cependant, le dirigeant de facto du pays avec un large sourire portait un costume sombre, et une cravate bleue, en mode diplomate sur tapis rouge, lorsqu'il a accueilli le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, sur la piste d'atterrissage de l'aéroport de Khartoum.

Il s'agissait de la première visite d’Abiy chez le voisin du nord de l'Éthiopie depuis le coup d'État de 2021, mené par Al-Burhan, qui en 2019, a fait dérailler la transition vers un régime civil, promise à la suite du renversement du régime du président dictateur Omar al-Bachir, en place depuis trente ans.

Les deux hommes avaient beaucoup de choses à se dire, mais la priorité d’Abiy était d'obtenir le soutien du Soudan pour le grand barrage de la Renaissance, un vaste projet hydroélectrique de 4 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,91 euro) sur le Nil Bleu, à quelques kilomètres de la frontière soudanaise, qui a suscité la controverse dans la région depuis le début des travaux, il y a plus de dix ans.

Le grand barrage de la Renaissance est maintenant achevé à 90% et la prochaine saison des pluies permettra de retenir environ 17 milliards de mètres cubes d'eau lors du quatrième remplissage de l'immense réservoir.

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Des ouvriers marchent sur le site du Grand barrage de la Renaissance à Guba, en Éthiopie, le 19 février 2022 (AFP /Archives).

Pour des millions d'Éthiopiens, dont la moitié n'ont pas l'électricité et dépendent encore du bois pour se chauffer, cuisiner et s'éclairer, le barrage est un symbole d'espoir, de fierté et d'un avenir meilleur. Lors d'une cérémonie organisée sur l'imposant barrage en février de l'année dernière, Abiy a majestueusement activé la première de ses turbines, qui a commencé à produire de l'électricité.

Lorsqu'il aura atteint sa pleine capacité et que les 13 turbines alimenteront le réseau électrique national, le barrage stimulera l'industrialisation de l'Éthiopie, révolutionnera le niveau de vie de millions de ses citoyens et rapportera au pays les revenus dont il a tant besoin en tant qu'exportateur d'électricité vers la région.

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Le projet de barrage hydroélectrique massif de l'Éthiopie a commencé à produire de l'électricité l'année dernière, plus de dix ans après le début des travaux de construction (Photo, AFP).

S'exprimant lors de la cérémonie de 2022, Abiy a déclaré: «Désormais, rien ne pourra arrêter l'Éthiopie. Le barrage ne perturbera pas l'écoulement naturel du Nil.» Il a ajouté que le début de la production d'électricité démontrait «l'attitude amicale de l'Éthiopie à l'égard du fleuve».

Il a ajouté que le projet est «une excellente nouvelle pour notre continent ainsi que pour les pays en aval avec lesquels nous espérons collaborer».

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Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, s'exprime lors de la première cérémonie de production d'électricité au Grand barrage de la Renaissance, début 2022 (Photo, AFP).

L'Éthiopie a toujours insisté sur le fait que, le barrage ayant été conçu uniquement pour produire de l'électricité, ni l'Égypte ni le Soudan, pourtant tous deux situés en aval, ne perdront une partie de l'eau précieuse fournie par le Nil.

Mais lorsque le projet a été dévoilé pour la première fois, il a été condamné par le Caire et Khartoum comme une menace existentielle – les deux pays sont totalement dépendants des eaux vivifiantes du Nil, qui descendent des hauts plateaux éthiopiens depuis la nuit des temps.

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Un homme conduit un bateau sur les eaux du Nil blanc dans la région de Jabal al-Awliyaa au Soudan, le 11 mars 2023 (Photo, AFP).

Au cours de la dernière décennie, l'inquiétude des Égyptiens à l'égard de ce stratagème a menacé à plusieurs reprises de dégénérer en violence.

En juin 2013, plusieurs hommes politiques égyptiens ont été entendus en direct à la télévision en train de discuter d'options militaires pour arrêter la construction du barrage, avec des propositions allant du soutien aux rebelles éthiopiens à l'envoi de forces spéciales pour le détruire.

En mars 2021, lors d'une visite à Khartoum, quatre jours après la signature d'un accord de coopération militaire avec le Soudan, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a déclaré: «Nous rejetons la politique consistant à imposer un fait accompli et à étendre le contrôle sur le Nil Bleu par des mesures unilatérales, sans tenir compte des intérêts du Soudan et de l'Égypte.»

Quelques jours plus tard, il a fait monter les enjeux en déclarant que «les eaux de l'Égypte sont intouchables et que les toucher est une ligne rouge».

Al-Sissi a ajouté, «personne ne peut prendre une seule goutte d'eau de l'Égypte, et que celui qui veut essayer essaie».

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L'Égypte dépend du Nil pour sa survie (Photo, AFP).

Pas plus tard qu'en mars dernier, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, a averti qu'en ce qui concerne le barrage, «toutes les options sont ouvertes et toutes les alternatives restent disponibles».

Depuis lors, cependant, l'attitude du Soudan à l'égard du barrage a semblé s'assouplir, laissant l'Égypte de plus en plus isolée dans son opposition franche au projet.

Au Soudan, en janvier, Abiy a non seulement rencontré Al-Burhan, mais il s'est également entretenu avec le général Mohammed Hamdan Dagalo, connu sous le nom de Hemedti, le chef des forces paramilitaires de soutien rapide, avec lequel le chef du Conseil souverain du Soudan est actuellement engagé dans une lutte sanglante pour le pouvoir.

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Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed (à droite) marche aux côtés du chef de l'armée soudanaise Abdel Fattah al-Burhan à l'aéroport de Khartoum lors d'une cérémonie de bienvenue le 26 janvier 2023 (Photo, AFP).

Dans une déclaration publiée à l'issue de la réunion, le Conseil souverain du Soudan a salué le fait qu’Abiy ait «confirmé que le barrage de la Renaissance ne causera aucun préjudice au Soudan et qu'il lui apportera des avantages en termes d'électricité». Les deux pays, ajoute le communiqué, sont «alignés et en accord sur toutes les questions relatives au Grand barrage de la Renaissance».

Mais alors même qu'il s'efforçait d'apaiser les craintes des Soudanais concernant le barrage, Abiy marchait sur une corde diplomatique raide entre Al-Burhan et Dagalo.

En décembre, un accord-cadre prévoyant une transition de deux ans vers la démocratie a été signé entre les deux généraux et certains groupes soudanais favorables à la démocratie. Lors de sa visite à Khartoum en janvier, Abiy avait soutenu l'accord. Il a posté sur Twitter qu'il était «heureux de revenir et d'être en présence du peuple sage et dynamique du Soudan», et ajoutant que «l'Éthiopie continue d'être solidaire du Soudan dans son processus politique autogéré actuel».

Mais un commentaire prémonitoire du directeur d'un groupe de réflexion de Khartoum, en février, a mis en lumière les tensions entre les deux généraux.

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Le chef de l'armée soudanaise Abdel Fattah Al-Burhan, à droite, et le chef paramilitaire Mohamed Hamdan Dagalo après la signature d'une trêve en 2022 (Photo, AFP).

Khouloud Khair, fondatrice et directrice de Confluence Advisory, a déclaré à Africa Report: «Lorsqu'Abiy Ahmed s'est rendu à Khartoum, il a apporté son soutien à l'accord-cadre, qui favorise Hemedti.

 

«Ce faisant, il essaie de faire participer les deux généraux… ils ont des politiques étrangères divergentes, ils ont des flux de revenus divergents, ils ont des circonscriptions politiques divergentes au niveau national avec lesquelles ils jouent.

«En raison de cette divergence inhérente entre les deux généraux, on assiste à des jeux de pouvoir différents et imprévisibles.»

Ces jeux de pouvoir ont maintenant explosé en un conflit qui, selon Jemima Oakey, basée en Jordanie et associée à la sécurité de l'eau et de l'alimentation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord au sein de la société de conseil Azure Strategy, installée à Londres, a de sérieuses implications pour la gestion future du barrage.

«Les discussions informelles semblaient plutôt positives », a-t-elle déclaré à Arab News. «D'après des rapports récents, le Soudan semblait certainement en passe de conclure un accord avec l'Éthiopie, tandis que l'Égypte avait commencé à accepter sa nouvelle réalité en matière d'eau et à élaborer des mesures d'adaptation en augmentant le nombre d'usines de dessalement et en remettant en état ses réseaux d'irrigation.»

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Jemima Oakey (Photo fournie).

Elle a ajouté, aujourd'hui la coopération régionale sur la gestion du barrage, très importante pour le Soudan, l'Égypte et l'Éthiopie, pourrait dépendre du vainqueur du conflit actuel au Soudan.

Outre la production d'électricité qui pourrait être fournie non seulement aux 60% d'Éthiopiens qui n'ont actuellement pas accès au réseau électrique, mais aussi au Soudan et à l'Égypte, le barrage promet de maximiser les rendements agricoles, notamment au Soudan, en mettant fin au cycle destructeur d'inondations et de sécheresses causé par les variations saisonnières du débit du Nil.

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Les partisans du grand barrage de la Renaissance affirment qu'il pourrait mettre fin au cycle destructeur d'inondations et de sécheresses causé par les variations saisonnières du débit du Nil en Égypte et au Soudan (Photo, AFP).

Mais la seule façon d'y parvenir, a fait remarquer Oakey, est de conclure «un accord de partage des données où la disponibilité de l'eau et les lâchers d'eau du barrage sont clairement définis et équitablement répartis entre les riverains du Nil, tant en période de sécheresse qu'en période de fortes précipitations.»

«Nous n'avons aucune idée de la position de Hemedti sur les différends territoriaux dans la région d'Al-Fashaga, dans le nord de l'Éthiopie, ni s'il pourrait essayer de revendiquer cette région pour le Soudan, ni s'il soutiendrait les milices rebelles dans la région du Tigré en Éthiopie», a-t-elle expliqué.

«Tout cela pourrait faire dérailler les accords ou les ententes sur l'accès aux débits d'eau du barrage et nuire réellement à l'accès du Soudan à l'eau et à l'électricité», a-t-elle prévenu.

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Des réfugiés éthiopiens se rassemblent pour célébrer le 46e anniversaire du Front populaire de libération du Tigré au camp de réfugiés d'Um Raquba à Gedaref, dans l'est du Soudan, le 19 février 2021 (Photo, AFP).

Elle a souligné qu'une telle évolution pourrait également avoir de graves conséquences pour l'Égypte.

«À la suite de l'invasion russe de l'Ukraine, l'Égypte a essayé de développer son secteur agricole afin de devenir plus autosuffisante en matière de production de blé et de compenser les pertes d'importations de blé ukrainien. Elle a donc vraiment besoin de cette eau et d'un approvisionnement fiable», a indiqué Oakey.

«C'est pourquoi un accord sur l'accès à l'eau et le contrôle de la disponibilité est si important.»

«Mais si le conflit se prolonge au Soudan, la sécurité de l'eau et de l'alimentation du Soudan et de l'Égypte pourrait devenir très incertaine», a-t-elle averti.

Selon Oakey, un scénario spécifique est aussi improbable qu'impensable, quoi qu'il arrive dans le conflit interne au Soudan: une action militaire contre le barrage par l'une ou l'autre des parties.

«Ces dernières années, les médias se sont livrés à des spéculations alarmistes selon lesquelles le grand barrage pourrait être attaqué afin d'empêcher son achèvement, mais je doute sérieusement que l'une ou l'autre des parties au conflit soudanais envisage de l'utiliser pour s'assurer un avantage militaire», a-t-elle signalé.

«Il y a maintenant près de 73 milliards de mètres cubes d'eau derrière le barrage. Le détruire pour libérer ce volume d'eau entraînerait des inondations catastrophiques dans la majeure partie du Sud-Soudan.

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Une image satellite obtenue avec l'aimable autorisation de Maxar Technologies le 21 juillet 2020 montre le grand barrage de la Renaissance et le fleuve Nil Bleu (Photo, AFP).

Mais certains experts espèrent que la nature recevra le même mémo.

La possibilité d'une destruction catastrophique du barrage a été évoquée dans plusieurs documents universitaires au cours des dernières années. Ceux-ci ont mis en évidence «le risque élevé d'instabilité du sol» autour du site du grand barrage qui, comme l'a souligné une étude récente réalisée par des ingénieurs égyptiens en génie civil et en hydraulique, est «situé sur l'une des principales plaques tectoniques et failles du monde».

Ils ont indiqué qu'autour de cette faille, environ 16 tremblements de terre d'une magnitude de 6,5 ou plus se sont produits en Éthiopie au cours du XXe siècle.

Le premier et les plus important de la série de tremblements de terre dévastateurs qui a frappé la Turquie et la Syrie en février, tuant des dizaines de milliers de personnes et causant des dégâts considérables, avait une magnitude de 7,8.

Hicham al-Askary, professeur de télédétection et de science des systèmes terrestres à l'université Chapman en Californie, a déclaré à Arab News que les risques sismiques, plutôt que le conflit actuel au Soudan, constituaient la véritable menace pour le barrage sur laquelle le monde devrait se concentrer.

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Une vue générale du grand barrage de la Renaissance près de Guba, en Éthiopie (Photo, AFP).

«Ce qui me préoccupe vraiment aujourd'hui, c'est la possibilité de mouvements tectoniques en Éthiopie, qui est le pays le plus tectoniquement actif en Afrique», a-t-il précisé.

Il a poursuivi qu'il existe des preuves que les barrages pouvaient «accentuer les activités tectoniques et les glissements de terrains».

«Nous avons vu ce qui s'est passé en Turquie, lorsque des barrages ont été ouverts pour alléger la pression de l'eau sur la croûte.

«Avec le changement climatique, ce que fait l'Éthiopie est vraiment grave et, avec la situation au Soudan, personne ne peut deviner l’issue de la situation.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.