Des artistes mobilisés avec Venus Williams pour un musée Nina Simone à New York

Laiona Michelle, auteur et interprète, joue dans "Little Girl Blue", une comédie musicale basée sur la vie de la chanteuse, compositrice et militante des droits civiques américaine Nina Simone, au New World Stages le 9 mars 2022 à New York. (Photo par ANGELA WEISS / AFP)
Laiona Michelle, auteur et interprète, joue dans "Little Girl Blue", une comédie musicale basée sur la vie de la chanteuse, compositrice et militante des droits civiques américaine Nina Simone, au New World Stages le 9 mars 2022 à New York. (Photo par ANGELA WEISS / AFP)
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Publié le Samedi 20 mai 2023

Des artistes mobilisés avec Venus Williams pour un musée Nina Simone à New York

  • A New York, des artistes ont mis leurs oeuvres aux enchères pour faire de la maison natale de Nina Simone, la diva de la soul et militante des droits civiques, un site culturel
  • La maison de Nina Simone était en vente en 2017 quand quatre artistes, Julie Mehretu, Ellen Gallagher, Rashid Johnson et Adam Pendleton, l'ont rachetée 95.000 dollars pour qu'elle ne risque pas de disparaître

NEW YORK: Un lieu pour faire vivre la mémoire de Nina Simone: à New York, des artistes ont mis leurs oeuvres aux enchères pour faire de la maison natale de la diva de la soul et militante des droits civiques un site culturel, avec le soutien de Venus Williams.

La demeure, une modeste maison sur piliers avec porche d'entrée et façades en planches de bois, est nichée sur une colline de la petite commune de Tryon, dans un comté rural de Caroline du Nord, au sud-est des Etats-Unis.

Elle était en vente en 2017 quand quatre artistes, Julie Mehretu, Ellen Gallagher, Rashid Johnson et Adam Pendleton, l'ont rachetée 95.000 dollars pour qu'elle ne risque pas de disparaître.

«Nina Simone s'est battue pour une Amérique inclusive et diverse», explique Adam Pendleton. Permettre «aux gens de voir et visiter» sa maison natale, «c'est une manière de maintenir son héritage, sa musique, en vie pour les générations futures», ajoute-t-il à l'AFP, à l'intérieur de la galerie Pace de New York, où les oeuvres à vendre étaient exposées cette semaine.

Des tableaux de Cecily Brown et Sarah Sze

«Depuis cinq ans, nous avons récolté 500.000 dollars», utilisés en partie pour de premiers travaux de consolidation et de peinture, ajoute Brent Leggs, directeur d'un programme spécifique pour le patrimoine afro-américain au sein du National Trust for Historic Preservation, qui travaille avec les artistes.

Mais la maison de 60 mètres carrés a encore besoin de financements pour devenir un site permanent, ouvert aux visites et aux événements culturels.

Pour donner un coup de pouce, les artistes ont réuni onze oeuvres, dont des tableaux de Cecily Brown ou Sarah Sze, dont la vente alimentera le projet.

Les enchères, organisées par Pace et Sotheby's, se déroulent sur internet depuis le 12 mai et jusqu'à mardi. Brent Leggs espère en tirer 2 millions de dollars, notamment grâce à un gala samedi soir à New York, soutenu par la championne de tennis Venus Williams.

«C'est l'héritage de Nina Simone qui a permis à des gens comme moi d'être visibles», assure dans une vidéo la première joueuse noire devenue numéro un mondiale.

- Black Lives Matter -

Nina Simone, dont certaines chansons composent les playlists du mouvement Black Lives Matter, a eu une relation complexe, souvent difficile avec les Etats-Unis, où elle est née en 1933, pendant la ségrégation raciale.

Dans la maison de trois pièces de Tryon, où elle vit ses toutes premières années avec ses parents et ses frères et soeurs, la petite Eunice Waymon -- son vrai nom -- baigne dans la musique, commence le piano à trois ans, et excelle sous les leçons de «Miss Mazzie», une professeure anglaise qui lui transmet sa passion pour Jean-Sébastien Bach.

Mais son rêve de devenir concertiste classique se fracasse à la porte d'entrée du conservatoire de Philadelphie, un échec qu'elle attribuera toute sa vie au racisme.

Sa carrière épouse dans les années 60 la lutte pour les droits civiques des Afro-américains, parfois avec un discours radical, parfois en chansons, avec «Mississippi Goddam», réponse à l'incendie meurtrier d'une église dans l'Alabama par des membres du Ku Klux Klan (1963), ou avec le poignant «Why ? (The king of love is dead)», qu'elle interprète trois jours après l'assassinat de Martin Luther King (1968).

Elle avait fini par quitter les Etats-Unis et a vécu ses dernières années dans le sud de la France, où elle est décédée en 2003.

Selon Brent Leggs, la maison de Tryon pourrait être ouverte au public dès 2024. «Notre pays commence à comprendre qu'il faut préserver l'ensemble de notre histoire, et reconnaître et célébrer la diversité de notre pays», ajoute-t-il.

«Une période passionnante pour la protection historique», selon lui.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".