Marion Cotillard, l'art de la métamorphose

L'actrice française Marion Cotillard arrive avec la productrice française Laetitia Gonzalez, la réalisatrice française Mona Achache et la productrice Yael Fogiel pour la projection du film "Little Girl Blue" lors de la 76e édition du Festival de Cannes à Cannes (Photo, AFP).
L'actrice française Marion Cotillard arrive avec la productrice française Laetitia Gonzalez, la réalisatrice française Mona Achache et la productrice Yael Fogiel pour la projection du film "Little Girl Blue" lors de la 76e édition du Festival de Cannes à Cannes (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 22 mai 2023

Marion Cotillard, l'art de la métamorphose

  • La réalisatrice Mona Achache a confié à la star française le rôle de sa mère, l'autrice Carole Achache, qui s'est suicidée en 2016
  • Mona Achache, qui joue son propre rôle, fait appel à Marion Cotillard et lui demande d'incarner physiquement sa mère

CANNES: Marion Cotillard a décidément le don pour ressusciter les gens. Seize ans après "La Môme", l'actrice se métamorphose à nouveau physiquement dans "Little girl blue", un film sur des traumas transmis de mère en fille et qui résonne avec le mouvement MeToo.

La réalisatrice Mona Achache a confié à la star française le rôle de sa mère, l'autrice Carole Achache, qui s'est suicidée en 2016 sans laisser de mot.

Pour tenter de comprendre son geste, Mona Achache, qui joue son propre rôle, fait appel à Marion Cotillard et lui demande d'incarner physiquement sa mère.

Dans une scène silencieuse captivante, la star ôte ses vêtements et endosse ceux de Carole Achache, ainsi que ses accessoires : les mêmes lunettes, bague, collier, sac... et porte une perruque aux cheveux bouclés.

L'actrice glamour cède sa place à une femme plus âgée au type "intello". Tout au long du film, elle reprend en synchro de nombreux passages de textes ou d'interviews enregistrés avec la voix de Carole Achache, jusqu'à se fondre complètement dans le personnage. L'exercice se révèle si éprouvant que, dans une scène, elle s'arrête pour dire : "je n'ai jamais fait un truc aussi dur de ma vie".

La «lumière» de Marion 

"J'aime la transformation", confie à l'AFP Marion Cotillard. "J'ai plus de facilité à incarner des personnages qui sont loin de moi. (...) C'est là que je découvre le plus sur l'humain", ajoute-t-elle.

Elle précise toutefois que l'histoire "a résonné avec beaucoup de parcours féminins de ma famille, avec beaucoup de femmes tout court".

L'actrice, pour qui le rôle est un "très beau cadeau", est allée jusqu'à se parfumer chaque matin avec le parfum de Carole Achache, ce qui a ému la réalisatrice.

Dans une scène où les lignes se brouillent, Mona Achache fait remarquer à Marion Cotillard que sa "mère faisait aussi du bruit en buvant son thé". "Mais je croyais qu’on faisait une pause !", réplique l'actrice.

Pourquoi avoir choisi la star ? "Il y a une espèce de ressemblance invraisemblable avec ma mère jeune, cette espèce de beauté insolente, de liberté, de charisme. Et puis l'histoire est tellement ténébreuse que j'avais envie de lui amener une femme qui viendrait complètement la contredire avec sa lumière", raconte la réalisatrice.

Une histoire ténébreuse qui va être déroulée à travers l'incarnation de Carole Achache : elle plonge dans les souvenirs douloureux de son enfance au sein d'un milieu intellectuel et d'"adultes trop brillants," dont sa mère, la romancière Monique Lange, épouse de l'écrivain espagnol Juan Goytisolo.

"Pourquoi cette transmission de douleurs ?" est la question que pose le film, qui révèle peu à peu les abus qu'ont subi Monique Lange puis Carole Achache, notamment quand elle était petite fille.

"Les femmes sont maudites dans ma famille", peut-on entendre.

Mais le film ne porte pas sur la malédiction, soulignent Marion Cotillard et Carole Achache.

"L'idée de malédiction, elle m'a été transmise par ma mère. C'était un mot que je détestais. L'époque qu'on traverse et ce film m'ont permis de mieux réfléchir. Il n'y a pas de malédiction, il y a un conditionnement", affirme la réalisatrice.

Les faits se reproduisent quand "ce n'est pas guéri, ce n'est pas nettoyé et qu'on ne regarde pas ça en face", précise Marion Cotillard, qui dit avoir participé avec ce film "à un processus de guérison".

"Depuis MeToo, on sait qu'il y a un nombre ahurissant de femmes qui ont vécu la même chose. (...) Je pense que, pour une guérison complète, on va avoir la nécessité de réunir l'homme et la femme et que l'homme soit dans ce combat aussi", assure la star.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".