Grèce: dans les filets des pêcheurs, des sardines et beaucoup de plastique

Cette photo montre des bouteilles en plastique dans une usine de recyclage dans la ville de Megara près d'Athènes, le 26 mai 2023. (Photo, AFP)
Cette photo montre des bouteilles en plastique dans une usine de recyclage dans la ville de Megara près d'Athènes, le 26 mai 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 02 juin 2023

Grèce: dans les filets des pêcheurs, des sardines et beaucoup de plastique

  • S'appuyant sur des rapports environnementaux, Lefteris Arapakis s'émeut du fait que d'ici 2050, «il y aura plus de plastique que de poissons» dans la mer
  • Les déchets marins retrouvés ne proviennent pas seulement de Grèce mais de toute la Méditerranée et se déplacent au gré des courants

KERATSINI: Le marché aux poissons de Keratsini, à l'ouest d'Athènes, vibre d'une activité bourdonnante et olfactive: les chalutiers déchargent des cageots de sardines et d'anchois tandis que des poids lourds attendent d'être chargés.

Devant le "Panagiota II", un bateau de pêche familial, Lefteris Arapakis trie sa "récolte de la nuit" : bouteilles, bottes, tuyaux plastiques, machines, filets de pêche. Autant de déchets provenant des fonds marins du golfe Saronique, en mer Egée.

"Le tout pèse environ 100 kg", assure cet économiste de 29 ans, co-fondateur de l'Enaleia, une ONG qui aide les pêcheurs à collecter les déchets marins piégés dans leurs filets.

S'appuyant sur des rapports environnementaux, Lefteris Arapakis s'émeut du fait que d'ici 2050, "il y aura plus de plastique que de poissons" dans la mer.

"On nage dans le pastique!", lance-t-il.

Les déchets marins retrouvés ne proviennent pas seulement de Grèce mais de toute la Méditerranée et se déplacent au gré des courants.

Depuis sa création, l'ONG a déjà oeuvré auprès de plus de 1 200 pêcheurs qu'elle sensibilise à "la dégradation de l'environnement maritime".

Active dans 42 ports à travers toute la Grèce, elle fournit notamment aux pêcheurs de grands sacs pour les déchets marins qu'ils peuvent, une fois rentrés aux port, déposer dans une benne.

Et pour chaque kilogramme de plastique qu'ils livrent, ils perçoivent une maigre rétribution.

"Souvent c'est une somme symbolique, pour (boire) un verre...", explique Lefteris Arapakis lors d'une visite organisée pour des journalistes alors que 175 pays sont réunis à Paris pour élaborer les premiers contours d'un traité contre la pollution plastique.

Défi

Avant "on pêchait de grandes quantités de plastique mais on ne gardait que les poissons. Tout déchet était rejeté en mer", reconnaît Mokhtar Mokharam, chef d'équipe sur le Panagiota II qui participe au programme "Clean up" de l'Enaleia.

Depuis octobre 2022, 20 tonnes de plastique et de vieux matériel de pêche ont été extraites par cette ONG, qui depuis environnementsa création en 2018 a ramassé au total plus de 597 tonnes.

Le plastique récupéré est ensuite acheminé dans une usine de recyclage où il est transformé en granulés pour fabriquer de nouveaux produits, notamment des chaussettes, des maillots de bain ou des meubles.

Parmi les déchets récupérés, 16% sont des filets de pêche. Viennent ensuite les plastiques en polyéthylène de haute et de basse densité (12,5% et 8% respectivement), des métaux (7,5%) et d'autres types de plastiques recyclables.

Le reste, soit toute de même 44%, est constitué de plastiques non recyclables.

Les déchets marins "sont difficiles à recycler, c'est un défi", reconnaît Hana Pertot, directrice des ventes de l'usine de recyclage Skyplast à Megara.

Ces plastiques, qui restent souvent longtemps dans la mer, se dégradent et leur réutilisation éventuelle est beaucoup plus limitée.

Issu d'une famille de pêcheurs professionnels depuis cinq générations, Lefteris Arapakis s'est retrouvé au chômage en 2016, lors de la crise financière.

Lors de l'un de ses premiers voyages dans l'archipel des Cyclades, il voit des pêcheurs qui rejettent en mer les déchets piégés dans leurs filets. Un déclic. Il décide de s'attaquer au problème.

«la démocratie» du changement climatique

Outre la Grèce, Enaleia opère également en Italie. Cette année le projet a également démarré en Andalousie (Espagne), en Egypte et au Kenya.

Nikolaos Mentis, pêcheur sur l'île de Salamine en face de Keratsini, se réjouit de voir "plus de poissons" lorsqu'il part en mer.

"Dans le passé, l'ancre s'accrochait souvent sur des déchets de toute sorte, surtout des filets et le moteur s'éteignait", témoigne ce professionnel.

Lefteris Arapakis se félicite du "changement de mentalité" des pêcheurs qui prouve, selon lui, que "tout citoyen ou politicien peut contribuer" à améliorer l'environnement.

"Les pêcheurs se mobilisent, (c'est) une sorte de démocratie qui existe dans le changement climatique affectant surtout les bas revenus", juge le jeune homme.

Il reste pourtant réaliste face à la menace que représente la pollution des mers : "nous faisons face au symptôme mais pas au vrai problème", déplore-t-il alors que la production de plastiques dans le monde reste un fléau majeur.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.