Liban: Le CPL demande l'approbation de Damas, après avoir rejeté le candidat du Hezbollah à la présidence

Le président syrien, Bachar al-Assad, (centre droit) rencontrant l'ancien président libanais Michel Aoun (centre gauche) à Damas le 6 juin 2023 (Photo, AFP).
Le président syrien, Bachar al-Assad, (centre droit) rencontrant l'ancien président libanais Michel Aoun (centre gauche) à Damas le 6 juin 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 07 juin 2023

Liban: Le CPL demande l'approbation de Damas, après avoir rejeté le candidat du Hezbollah à la présidence

  • Le mandat présidentiel de Michel Aoun s'est achevé le 31 octobre de l'année dernière, et la présidence est restée vacante depuis lors
  • Les partisans d'Azour affirment qu'il a déjà obtenu entre 65 et 70 voix. Cependant, le second tour reste soumis à la possibilité de ne pas atteindre le quorum

BEYROUTH: L'ancien président du Liban Michel Aoun s'est rendu en Syrie pour renforcer les relations avec Damas après que son parti a rejeté le candidat présidentiel préféré du Hezbollah.

Le Courant patriotique libre (CPL) a déclaré que son chef, Aoun, «s'est rendu mardi à Damas pour une visite au cours de laquelle il rencontrera le président syrien, Bachar al-Assad».

Cette visite intervient quelques jours après que le CPL a annoncé qu'il soutenait le candidat de l'opposition Jihad Azour à la présidence libanaise et qu'il rejetait la préférence du Hezbollah pour Sleiman Frangié, un ami proche d'Al-Assad.

Aoun était accompagné de l'ancien ministre Pierre Raffoul. Une source proche du CPL a révélé que l'objectif d’Aoun était de «confirmer la poursuite des relations et le positionnement stratégique du CPL».

«En retour, Aoun expliquera à Al-Assad que le rejet de Frangié par le CPL n'a rien à voir avec ce positionnement, et il l'avertira que s'accrocher à Frangié mettrait en danger le consensus chrétien.»

Le mandat présidentiel de Michel Aoun s'est achevé le 31 octobre de l'année dernière, et la présidence est restée vacante depuis lors à cause d'un remaniement politique qui a conduit le CPL à abandonner son alliance avec le Hezbollah en raison de la nomination de Frangié.

Lors d'une réunion du bloc parlementaire du CPL lundi soir, Aoun aurait déclaré qu’Azour, qui occupait auparavant le poste de ministre des Finances, «est un technocrate et travaille au FMI (en tant que directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale), ce dont le Liban a besoin, tandis que le chef du mouvement Marada, Sleiman Frangié, fait partie intégrante du système dirigeant qui a conduit le Liban à cette situation».

Les partis politiques se bousculent pour obtenir les votes des députés en vue de la prochaine élection présidentielle, fixée par le président du Parlement, Nabih Berri, au 14 juin.

Indécision politique

Jusqu'à présent, plus de 30 députés sur 128 n'ont pas encore décidé de leur position concernant leur soutien à Azour. Certains députés indépendants et indécis déclarent qu'ils n'ont pas encore pris de décision, tandis que d'autres ne veulent pas divulguer leur choix.

Le bloc parlementaire du Rassemblement démocratique (le Parti socialiste progressiste) se réunira jeudi pour discuter de son choix.

D'autres partis n'ont pas encore fait connaître leur choix : le Consensus national (Faisal Karami et ses alliés), la Modération nationale (Nord) et le Rassemblement parlementaire indépendant, qui comprend les députés Imad Hawat, Bilal al-Hachimi, Nabil Badr, Nehmat Ferm et Jamil Abboud.

Les députés arméniens, les trois députés de Sidon-Jezzine et une dizaine de députés du bloc du Changement, ainsi que d'autres indépendants non affiliés, constituent la liste des indécis.

Le député Hassan Fadlallah, du bloc parlementaire du Hezbollah, a déclaré qu'il «exercerait pleinement ses droits constitutionnels et légaux, et nous sommes maintenant dans une phase de discussion. Nous avons du temps jusqu'à la date de la session et nous adopterons une position commune que nous mettrons en œuvre à la date prévue».

«Nous n'avons imposé notre opinion à personne, pas plus que nous n'avons imposé un candidat à qui que ce soit. Au contraire, nous avons dit qu'il y avait un candidat et qu'il fallait en discuter. Le résultat naturel est le dialogue», a-t-il précisé.

Il est pratiquement garanti que 86 députés ou plus voteront au premier tour, ce qui signifie que le seuil légal de légitimité sera atteint. Toutefois, aucun des deux candidats ne devrait remporter les deux tiers des voix de tous les députés, ce qui signifie qu'un second tour sera nécessaire et que le seuil sera ramené à 65 voix.

Les partisans d'Azour affirment qu'il a déjà obtenu entre 65 et 70 voix. Cependant, le second tour reste soumis à la possibilité de ne pas atteindre le quorum.

Auparavant, un veto conjoint avait été opposé à Frangié par les blocs parlementaires chrétiens. Il est à craindre qu'un veto conjoint chiite soit maintenant opposé à Azour, qui n'a pas encore de soutien déclaré de la part de ce bloc.

Le mouvement Amal, le Hezbollah et leurs alliés ont déjà eu recours à l'obstruction du quorum du second tour, comme cela s'est produit lors des 11 sessions qui se sont tenues pendant la phase de nomination du député Michel Mouawad.

«Le second tour sera l'occasion de révéler les limites de chacun et de passer à une étape plus sérieuse dans la recherche d'un candidat présidentiel modéré», a déclaré l'observateur politique.

Razi el-Hage, membre du bloc parlementaire des Forces libanaises qui soutient Azour, a signalé que la campagne menée contre lui par ses adversaires «n'indique pas une approche positive concernant l'élection.

«Azour n'était auparavant le candidat d'aucun des blocs qui le soutiennent aujourd'hui, et il n'est pas un candidat de défi ou de manœuvres. Tout le monde a convergé autour de lui pour obtenir le mandat présidentiel.

«Il faut qu'ils respectent le choix des députés, qu'ils appliquent les dispositions de la Constitution et qu'ils autorisent les tours de scrutin successifs, et ils verront que les députés sont capables d'élire Azour à la majorité absolue», a soutenu el-Hage.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.