Une cycliste saoudienne pédale vers la gloire

L'aventure du tour de la route nordique de Yasmine Idriss vise à inspirer les autres à poursuivre leurs objectifs personnels (Photo, fournie).
L'aventure du tour de la route nordique de Yasmine Idriss vise à inspirer les autres à poursuivre leurs objectifs personnels (Photo, fournie).
L'aventure du tour de la route nordique de Yasmine Idriss vise à inspirer les autres à poursuivre leurs objectifs personnels (Photo, fournie).
L'aventure du tour de la route nordique de Yasmine Idriss vise à inspirer les autres à poursuivre leurs objectifs personnels (Photo, fournie).
L'aventure du tour de la route nordique de Yasmine Idriss vise à inspirer les autres à poursuivre leurs objectifs personnels (Photo, fournie).
L'aventure du tour de la route nordique de Yasmine Idriss vise à inspirer les autres à poursuivre leurs objectifs personnels (Photo, fournie).
Short Url
Publié le Samedi 08 juillet 2023

Une cycliste saoudienne pédale vers la gloire

  • Yasmine Idriss se lance dans un voyage à vélo de 1 400 km autour de l'Islande
  • «On a l'impression que la femme saoudienne d'aujourd'hui n'a plus d’obstacles», a-t-elle indiqué

RIYAD: Il y a plusieurs mois, Yasmine Idriss s'est vue en rêve, entourée de cascades, de verdure luxuriante et de hauts sommets montagneux. Bien qu'il ne s'agisse que d'une vague vision, elle savait qu'il s'agissait de l'Islande.

Mardi, Idriss a entamé sa tentative de faire le tour de l'anneau routier islandais ou Route 1, une route de près de 1 400 km qui fait le tour du pays et qui est très prisée par les touristes désireux d'explorer le pays.

Il s'agit du voyage qui marquera toute une vie et si elle l'accomplit, elle deviendra la première femme arabe et saoudienne à le faire. 

ds
L'aventure du tour de la route nordique de Yasmine Idriss vise à inspirer les autres à poursuivre leurs objectifs personnels (Photo, fournie).

Elle a déclaré à Arab News: «Si je n'avais aucun obstacle sur mon chemin, que ferais-je? Voici ce qui m'est venu à l'esprit. Je voulais prendre le temps de vivre une véritable aventure — une aventure difficile. Une aventure qui me pousserait à mes limites et me forcerait à grandir.»

En tant qu'exploratrice autonome, elle fait du vélo avec environ 32 kg de matériel de camping et d'équipement, de l'eau et d'autres articles essentiels pour le voyage.

Idriss prévoit d'utiliser des terrains de camping pour se loger et fera des arrêts dans des hôtels en cours de route pour se rafraîchir.

En bref

- Jeudi, Idriss a entamé sa tentative de faire le tour de l'Islande à vélo, ou Route 1, une route de près de 1 400 km qui fait le tour du pays et qui est très prisée par les touristes désireux d'explorer le pays.

- Il s'agit d'un voyage qui marquera toute une vie et si elle l'accomplit, elle deviendrait la première femme arabe et saoudienne à le faire. En tant qu'exploratrice autonome, elle fait du vélo avec environ 32 kg de matériel de camping et d'équipement, de l'eau et d'autres articles essentiels pour le voyage.

Au cours des trois prochaines semaines, dont quatre jours de repos, elle parcourra en moyenne 80 km par jour.

Cependant, les plans peuvent facilement changer lorsqu'ils sont confrontés aux conditions météorologiques: «Le problème avec l'Islande, c'est qu'elle est ouverte. Tout est plat (ou presque), il n'y a pas d'obstacles ni d'arbres — c'est pourquoi il y a tant de vent, parce qu'il n'y a rien pour l'arrêter.»

«Ce que les gens vous diront à ce sujet, c'est que vous n'êtes jamais vraiment prêt. Vous pouvez essayer de simuler l'expérience autant que vous voulez. Mais la réalité sera toujours plus difficile, et il n'y a rien que je puisse faire pour simuler le vent», a-t-elle expliqué.

ds
L'aventure du tour de la route nordique de Yasmine Idriss vise à inspirer les autres à poursuivre leurs objectifs personnels (Photo, fournie).

Idriss, qui partage les dernières informations de son voyage sur son compte Instagram @yasidriss, a écrit dans le premier message qu'elle est sur la route avec des pointes de vent de 24 à 48 km/h.

En tant que cycliste novice, le paysage nordique constitue une porte d'entrée parfaite pour l'exploration du pays. «C'est un pays tellement brut... Je suis impatiente d'être à la merci des conditions météorologiques, d'une certaine manière, comme une façon primitive d'être et d'explorer un pays», a-t-elle ajouté. 

Idriss a plongé dans la nouveauté avec détermination. Elle a passé la première moitié de l'année à se préparer à l'aventure en s'entraînant avec un coach cycliste quatre fois par semaine et en faisant de la musculation trois fois par semaine.

L’entrainement lui a permis d'acquérir de nouvelles compétences en matière de cyclisme, comme l'insertion des pieds dans les pédales, rouler à une main et monter et descendre rapidement.

Idriss a souligné que ces gestes pouvaient être accomplis les yeux fermés par une personne ayant grandi sur un vélo, alors qu'elle a tout de même dû consacrer du temps à les apprendre.

Bien que novice en matière de vélo, Idriss a déjà parcouru l'Espagne, certaines parties de l'Europe et l'Asie du Sud-Est. Elle décrit le sentiment d'euphorie qu'elle ressent lorsque la fatigue s'installe après une longue journée et qu'elle n'a d'autre choix que de se reposer pour la nuit.

En se remémorant cette expérience, elle a révélé: «C'est à ce moment-là que quelque chose bascule. Qu'il s'agisse de notre instinct de survie ou de quelque chose de spirituel... Vous ressentez quelque chose que je ne peux pas vraiment nommer et qui prend le dessus. C'est le prix que l'on gagne en se soumettant à ce genre de choses.»

Elle semble avoir une profonde admiration pour les possibilités qu'offrent les aventures, la mise à l'épreuve de la force du corps et la proximité avec la nature.

«Il y a quelque chose à gagner dans l'inconfort, et c'est l’évolution. C'est ainsi que nous avons survécu pendant des millions d'années en tant qu'êtres humains. C'est ainsi que nous grandissons et que nous élargissons nos cœurs et nos esprits. C'est vraiment ce que je recherche», a-t-elle ajouté.

Plusieurs Saoudiennes ont relevé des défis dans la nature. En 2019, Mona Shahab a escaladé le mont Everest et a profité de son ascension pour collecter des fonds pour les enfants défavorisés d'Égypte. En 2016, Mariam Saleh Binladen a traversé la Manche, dans le cadre d'une série de défis d'endurance ultimes visant à sensibiliser au sort des enfants orphelins syriens.

«On a l'impression que la femme saoudienne d'aujourd'hui n'a plus d’obstacles. Qu'il s'agisse du gouvernement, des entreprises ou de l'industrie des services, les femmes sont partout au premier plan et je crois qu'il n'y a jamais eu de meilleur moment pour que la femme arabe brille», a-t-elle souligné.

Suivant la voie de la poursuite de ses propres rêves, l'aventure du tour de la route nordique d'Idriss consiste à inspirer d'autres personnes à poursuivre leurs objectifs personnels. C'est comme l'analogie avec l'avion: il faut mettre son propre masque à oxygène avant d'aider les autres.

«Je pense que je fais volontairement ce voyage sans but précis pour encourager les gens à faire des choses pour eux-mêmes. Je suis juste impatiente de voir ce qui m'attend là-bas. Je sais que je suis supposée apprendre quelque chose, progresser d'une certaine manière que je ne découvrirai qu'après le circuit», a soutenu Idriss.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Short Url
  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Short Url
  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Short Url
  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.