La lutte des pays arabes face aux enjeux liés à la qualité de l'air urbain

Alors que la COP28 se tiendra à Dubaï en novembre, les experts estiment que les causes de la mauvaise qualité de l'air au Moyen-Orient et en Afrique du Nord exigent une attention urgente (Photo, AFP).
Alors que la COP28 se tiendra à Dubaï en novembre, les experts estiment que les causes de la mauvaise qualité de l'air au Moyen-Orient et en Afrique du Nord exigent une attention urgente (Photo, AFP).
Alors que la COP28 se tiendra à Dubaï en novembre, les experts estiment que les causes de la mauvaise qualité de l'air au Moyen-Orient et en Afrique du Nord exigent une attention urgente (Photo, AFP).
Alors que la COP28 se tiendra à Dubaï en novembre, les experts estiment que les causes de la mauvaise qualité de l'air au Moyen-Orient et en Afrique du Nord exigent une attention urgente (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 03 octobre 2023

La lutte des pays arabes face aux enjeux liés à la qualité de l'air urbain

  • Les défis uniques auxquels la région est confrontée, notamment les températures élevées et les fréquentes tempêtes de poussière, contribuent à la dégradation de la qualité de l'air
  • Les experts estiment que la mauvaise qualité de l'air doit faire l'objet d'une attention urgente lors de la COP 28 à Dubaï

DUBAÏ: Déjà confrontés aux défis combinés de l'urbanisation rapide, du réchauffement climatique et de la pression sur les ressources en eau douce, les pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord se battent désormais pour un élément encore plus fondamental: l'air respirable.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti que neuf personnes sur dix dans le monde respirent un air extérieur pollué qui dépasse les niveaux jugés acceptables, ajoutant que la qualité de l'air dans la région arabe en particulier est l'une des plus mauvaises au monde.

À l'heure où la conférence des Nations unies sur le changement climatique, la COP28, doit se tenir à Dubaï en novembre, les experts estiment que le problème de la mauvaise qualité de l'air dans la région mérite non seulement une attention urgente, mais aussi des solutions durables et rentables.

Le rapport 2022 sur la qualité de l'air dans le monde, réalisé par la société suisse IQAir, a étudié les niveaux de PM2,5 (particules suffisamment petites pour pénétrer profondément dans les voies respiratoires et les poumons, provoquant ou exacerbant des maladies telles que l'asthme et les problèmes cardiaques) dans 7 323 villes réparties dans 131 pays, régions et territoires.

Les villes les plus polluées de la région sont Bagdad en Irak avec une concentration moyenne de PM2,5 de 80,1, Manama au Bahreïn avec 66,6, Kuwait City au Koweït avec 55,8 et Dhahran en Arabie Saoudite avec 41,5.

Au total, 118 (90%) des 131 pays et régions étudiés ont dépassé la recommandation annuelle de l'OMS pour les PM2,5, qui est de 5 µg/m3 (Une concentration de 1 µg/m3 signifie qu'un mètre cube d'air contient un microgramme de particules).

Une énorme tempête de sable s'abat sur la ville de Koweït (Photo, AFP).

Les experts ne s'accordent pas sur les raisons pour lesquelles le Moyen-Orient semble souffrir d'une qualité de l'air particulièrement faible. Certains d'entre eux pointent du doigt des sources d'émission de gaz telles que les centrales électriques alimentées au pétrole, les véhicules et l'industrie lourde.

«Les principales sources de pollution dans ces villes sont la production d'énergie, les émissions liées aux industries, la combustion des déchets, la construction et les véhicules», a déclaré à Arab News le professeur Tadhg O'Donovan, chercheur dans le domaine de l'énergie solaire et directeur adjoint de l'université Heriot-Watt de Dubaï.

«Le débat le plus important de la COP28 devrait porter sur l'utilisation des sources d'énergie renouvelables.»

Le dioxyde de soufre, les oxydes d'azote et la suie sont quelques-uns des nombreux polluants libérés dans l'atmosphère par la combustion des combustibles (fossiles) conventionnels et qui contribuent à la mauvaise qualité de l'air.

La combustion des carburants libère également dans l'atmosphère un certain nombre de gaz, tels que le dioxyde de carbone, le méthane et l'oxyde nitreux, qui contribuent à l'effet de serre et donc au réchauffement de la planète.

«Ces gaz à effet de serre ont une longue demi-vie dans l'atmosphère, allant de plusieurs décennies à plusieurs siècles», a déclaré à Arab News le Dr Aseel Takshe, chef de département et professeure associée de santé publique à l'Université canadienne de Dubaï.

Alors que des discussions transparentes sur l'avenir des carburants conventionnels sont en cours, Aseel Takshe estime que des mesures importantes doivent encore être prises pour atténuer leur impact sur l'environnement. «Il est urgent de s'engager davantage en faveur des énergies renouvelables», a-t-elle déclaré.

D'autres scientifiques considèrent que les fréquentes tempêtes de sable et de poussière du Moyen-Orient sont les principaux responsables de la mauvaise qualité de l'air. L'augmentation des températures moyennes mondiales et la désertification progressive auraient accru la fréquence de ces tempêtes, qui provoquent et aggravent les maladies respiratoires.

Bien que les civilisations du Moyen-Orient aient connu des tempêtes de poussière depuis des milliers d'années, les tempêtes de poussière dans les déserts depuis l'ère industrielle sont différentes: elles soulèvent une charge croissante de polluants en suspension dans l'air et transportent ces substances sur de longues distances.

Les tempêtes de poussière amplifient donc le problème de la mauvaise qualité de l'air, ce qui fausse les chiffres en défaveur de villes du Moyen-Orient, quelles que soient leurs politiques de réduction des émissions.

Gratte-ciel de la Corniche à Abu Dhabi lors d'une violente tempête de sable (Photo, AFP).

«Les défis uniques auxquels la région est confrontée, notamment les températures élevées et les fréquentes tempêtes de poussière, ne doivent pas être négligés», a déclaré à Arab News Yousuf Fakhruddin, président-directeur général de Fakhruddin Properties et développeur de technologies d'assainissement de l'air.

Selon lui, les stratégies de gestion de ces problèmes, telles que l'amélioration des prévisions météorologiques et de la conception des infrastructures, deviendront vitales pour la protection de la qualité de l'air et de la santé publique à l'avenir.

La vie des habitants peut être affectée de diverses manières en fonction des niveaux de pollution de l'air. De la réduction de l'espérance de vie de deux à cinq ans à une série de maladies chroniques, l'exposition prolongée à des niveaux élevés de pollution atmosphérique peut avoir des effets dévastateurs sur la santé de la population.

«Les maladies respiratoires, notamment l'asthme et la bronchopneumopathie chronique obstructive, sont parmi les plus courantes. Ces maladies peuvent réduire considérablement la qualité de vie et, dans les cas les plus graves, elles peuvent être fatales», a ajouté M. Fakhruddin.

En outre, les maladies cardiovasculaires, notamment les cardiopathies et les accidents vasculaires cérébraux, ont été associées à l'exposition à la pollution atmosphérique. En effet, les polluants peuvent provoquer des inflammations et des dommages au système cardiovasculaire au fil du temps, augmentant ainsi les risques.

Des études suggèrent que l'exposition à long terme à certains polluants atmosphériques peut même augmenter le risque de cancer du poumon, et de nouvelles données indiquent que la pollution atmosphérique peut être liée à des problèmes de santé mentale et à des troubles du développement neurologique chez l'enfant.

EN CHIFFRES

  • 270 000: Nombre estimé de décès par an causés par la pollution de l'air au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
  • 141 milliards de dollars: Coût annuel de la pollution de l'air au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (soit 2% du PIB régional).
  • 60: Nombre moyen de jours pendant lesquels un habitant de la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord se déclare malade au cours de sa vie en raison d'une exposition à des niveaux élevés de pollution atmosphérique.

Source: Banque mondiale

«Il convient de noter qu'en moyenne, une personne inhale environ 11 000 litres d'air par jour», a indiqué M. Fakhruddin.

«Lorsque cet air est pollué, cela signifie que nous introduisons chaque jour de grandes quantités de substances nocives dans notre corps, ce qui ne fait qu'amplifier les risques pour la santé.»

Consciente de la nécessité de réduire simultanément les émissions nocives, la région du Golfe a fait de l'amélioration de la qualité de l'air une priorité absolue en cherchant à réduire les émissions de gaz d'échappement des véhicules et à stopper la libération de polluants dans l'atmosphère.

M. O'Donovan souligne les objectifs du Moyen-Orient en matière de transition vers les énergies renouvelables: les Émirats arabes unis veulent porter à 44% la part des énergies renouvelables dans leur bouquet énergétique d'ici à 2050, tandis que l'Arabie saoudite vise 50% d'ici à 2030.

Selon M. O'Donovan, les pays du Golfe augmenteront leurs capacités en matière d'énergies renouvelables principalement grâce à l'énergie solaire et éolienne, citant le double avantage des conditions climatiques de la région et de la baisse du prix de ces infrastructures.

La ville égyptienne de Gizeh plongée dans un brouillard (Photo, AFP).

L'Arabie saoudite construit l'une des plus grandes installations d'hydrogène vert au monde, qui sera alimentée par 4 gigawatts d'énergie solaire et éolienne et sera opérationnelle d'ici à 2025. L'usine du projet Neom devrait produire 650 tonnes d'hydrogène vert par jour.

Le Royaume construit des parcs éoliens à Yanbu, Waad al-Shamal et Al-Ghat. Dumat al-Jandal, le plus grand parc éolien du Moyen-Orient et le premier en Arabie saoudite, a commencé à produire 400 mégawatts d'énergie sans carbone en août 2021.

Le parc solaire Mohammed ben Rached al-Maktoum aux Émirats arabes unis, la plus grande installation de ce type sur un seul site au monde, est un autre projet clé, qui vise à produire quelque 5 000 mégawatts d'ici à 2030.

Pour résoudre le problème de la qualité de l'air, les Émirats arabes unis ont lancé le programme national pour la qualité de l'air 2031, un plan global de surveillance et de gestion de la qualité de l'air dans tout le pays, qui fournit des données en temps réel sur l'ensemble du territoire.

«Ces informations sont ensuite partagées avec les autorités pour leur permettre d'élaborer des politiques de lutte contre la pollution de l'air et pour permettre aux chercheurs et aux universitaires d'étudier l'impact des facteurs environnementaux, du progrès industriel et de la densité de la population sur la qualité de l'air», a déclaré M. O'Donovan.

Le problème ne se limite pas à la production d'énergie. Selon M. Fakhruddin, l'amélioration des normes d'émissions industrielles est une question essentielle qui doit être débattue lors du prochain sommet de la COP28.

«De nombreuses industries émettent actuellement de grandes quantités de polluants avec une réglementation ou une surveillance minimale», a-t-il relevé. «La mise en œuvre et l'application de normes d'émission plus strictes pourraient améliorer considérablement la qualité de l'air.»

Il estime également que le développement urbain durable devrait être une priorité, en mettant l'accent sur des pratiques de construction écologiques, des réseaux de transport public efficaces et des initiatives de verdissement.

La capitale de l'Arabie saoudite, Riyad, a lancé une initiative de verdissement pour stimuler la couverture végétale. Dans le cadre de l'Initiative verte saoudienne, le Royaume vise à planter 10 milliards d'arbres, dont 7,5 millions pour Riyad et ses environs.

Les véhicules électriques pourraient réduire la pollution causée par les gaz d'échappement (Photo fournie).

Le projet transforme Riyad en une métropole respectueuse de l'environnement qui offre une bonne qualité de vie, réduit la consommation d'énergie de la capitale en abaissant les températures ambiantes et diminue ainsi les dépenses consacrées aux soins de santé.

Selon les experts, un seul hectare de terrain, dont 11% est recouvert de plantes, peut éliminer 9,7 kg de polluants atmosphériques chaque année.

L'Arabie saoudite collabore également avec d'autres gouvernements arabes dans le cadre d'une initiative verte pour le Moyen-Orient, qui prévoit de planter 40 milliards d'arbres supplémentaires, ce qui représente le plus grand effort de boisement au monde.

Cette initiative pourrait permettre de réduire la dégradation des sols et la désertification, et donc l'ampleur et la fréquence des tempêtes de poussière.

Selon M. O'Donovan, de l'université Heriot-Watt, un autre sujet de discussion important lors de la COP28 sera probablement la manière dont les partenariats public-privé peuvent favoriser les initiatives visant à améliorer la qualité de l'air.

«Certains exemples d'initiatives potentielles sont les subventions pour la fabrication et l'utilisation de véhicules électriques, l'investissement dans des projets d'énergie renouvelable, la collaboration pour des projets d'infrastructure qui favorisent la circulation des piétons et la promotion de l'innovation visant à résoudre les problèmes de qualité de l'air au niveau local», a-t-il indiqué.

Fuse EV Conversions, une entreprise qui convertit les voitures à essence en voitures électriques, est un exemple de la manière dont l'entreprise privée peut contribuer à accélérer la transition énergétique de la région arabe.

«Les coûts actuels des véhicules électriques sont exorbitants», a déclaré Salmane Hussein, fondateur et PDG de Fuse EV Conversions, à Arab News.

Une tempête de sable s'abat sur la ville irakienne de Bassorah (Photo, AFP).

Pour tirer parti de cette opportunité, «nous développons des kits de conversion et travaillons avec les autorités réglementaires pour déployer nos services dans davantage de villes», a-t-il ajouté.

Si la plupart des clients de l'entreprise sont des propriétaires de voitures classiques, celle-ci travaille également sur d'autres solutions adaptées au secteur commercial, à la défense et aux ONG.

Considérant la prochaine COP28 comme une occasion pour la région de relever ses défis en matière de durabilité, M. Hussein estime que les gouvernements devraient prêter attention aux mesures pratiques permettant d'atteindre les objectifs en matière d'environnement et de climat.

«Alors que des milliards de dollars ont été consacrés en priorité au développement durable, nous devrions également explorer les moyens d'adapter les solutions existantes», a-t-il déclaré, ajoutant que si les coûts encourus par les consommateurs sont réduits de manière tangible, les objectifs en matière de mobilité propre pourraient être atteints beaucoup plus rapidement.

«Ici, dans le Conseil de coopération du Golfe, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis se sont engagés à atteindre des objectifs de réduction nette des émissions de carbone et ils sont déjà en train de passer à des solutions d'énergie propre. Cela inspire confiance et, avec l'écosystème des technologies propres, nous pouvons créer un impact sans précédent.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.