En Europe, la crainte de tensions en écho au conflit en Israël

Manifestation de soutien aux Palestiniens à New York le 13 octobre 2023. (Photo par Ed Jones  AFP)
Manifestation de soutien aux Palestiniens à New York le 13 octobre 2023. (Photo par Ed Jones AFP)
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Publié le Samedi 14 octobre 2023

En Europe, la crainte de tensions en écho au conflit en Israël

  • La France est de longue date une caisse de résonance du conflit israélo-palestinien: elle compte la communauté juive la plus importante d'Europe, mais aussi de nombreux musulmans
  • Le gouvernement français a pris des mesures particulièrement fermes, en interdisant toutes les «manifestations propalestiniennes», estimant qu'elles étaient «susceptibles de générer des troubles à l'ordre public»

PARIS : L'onde de choc provoquée par la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas se fait ressentir bien au-delà du Proche-Orient, et notamment en Europe, où le risque d'importation du conflit et de tensions intercommunautaires est pris au sérieux.

«Dans de nombreux pays à travers le monde, il y a (...) eu une prolifération des discours de haines antisémites et islamophobes», a déploré vendredi la porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Ravina Shamdasani.

C'est notamment le cas en France, où le ministère de l'Intérieur a recensé jeudi «plus d'une centaine d'actes antisémites», allant des tags aux injures, depuis samedi et annoncé 41 interpellations.

Quelque 500 sites (écoles, synagogues...) sont désormais protégés par 10.000 policiers et gendarmes.

Le pays est de longue date une caisse de résonance du conflit israélo-palestinien: il compte la communauté juive la plus importante d'Europe, avec quelque 500.000 personnes, mais aussi de nombreux musulmans - près de 9% de la population de confession ou de tradition musulmane sur son territoire métropolitain, soit quelque six millions.

Une semaine après l'attaque sanglante menée samedi par le Hamas, des milliers d'habitants tentaient de fuir la bande de Gaza, noyée sous les frappes israéliennes avant une offensive terrestre attendue sur le territoire palestinien.

«Le risque majeur c'est que s'enclenche une dynamique de tensions croissantes qui nourrisse les ressentiments», affirme à l'AFP le président de l'institut de sondages Viavoice François Miquet-Marty.

Pour Marc Hecker, directeur de recherche à l'Institut français des relations internationales (Ifri), «le risque de résurgence des actes antisémites existe», tout comme le risque «terroriste».

Depuis le début des hostilités, plus de 1.300 personnes ont été tuées en Israël, pour la plupart des civils. Côté palestinien, le bilan des bombardements s'est alourdi vendredi à 1.537 morts, dont 500 enfants, d'après les autorités locales.

Le gouvernement français a pris des mesures particulièrement fermes, en interdisant toutes les «manifestations propalestiniennes», estimant qu'elles étaient «susceptibles de générer des troubles à l'ordre public».

Des rassemblement propalestiniens ont toutefois eu lieu jeudi soir dans plusieurs villes, dont Paris où environ 3.000 personnes se sont réunies, avant une dispersion sous les gaz lacrymogènes et les jets d'eau.

- 'Beaucoup de gens ont peur' -

Ailleurs en Europe, où la plupart des gouvernements ont apporté un soutien sans faille à Israël, d'autres mouvements ont eu lieu en Espagne, au Royaume-Uni, en Suisse, en Allemagne ou en Autriche, signe que le conflit reste source de clivages importants au sein des sociétés européennes.

A Zurich, une manifestation étudiante n'a toutefois pu se tenir, l'Université suisse UZH et l'Ecole polytechnique fédérale considérant les affiches appelant à la «Solidarité avec la Palestine - Intifada jusqu'à la victoire» comme des appels à la violence.

Les autorités britanniques ont autorisé les manifestations et le port du drapeau palestinien «qui ne constitue pas en soi une infraction pénale», mais ont prévenu qu'elles ne toléreraient aucune «glorification du terrorisme».

Une jeune femme a d'ailleurs été arrêtée à Brighton pour avoir ouvertement affiché son soutien au Hamas dans le pays.

Des dérapages ont aussi été signalés en Allemagne, où la police a fait état de personnes «célébrant les attaques contre Israël en distribuant des pâtisseries», dans le quartier de Neukölln, à Berlin, avant d'interdire les activités de certaines associations.

Dans les communautés juives, l'inquiétude est réelle. Outre la France, de nombreux pays comme les Pays-Bas ou l'Espagne ont augmenté la présence policière pour protéger les synagogues ou les établissements scolaires.

Trois écoles d'Amsterdam ont quand-même fermé leurs portes vendredi «en raison de l'appel de l'organisation terroriste Hamas (...) à tuer des juifs partout dans le monde», a annoncé le Conseil central juif des Pays-Bas (CJO) dans un communiqué.

En France, un attentat au couteau qui a fait un mort, un enseignant, vendredi dans un lycée du nord, alimente les spéculations, même si aucun lien n'a été établi à ce stade avec le conflit israélo-palestinien.

«Dès l’instant où Israël va occuper Gaza, c’est là que ça va flamber», s'inquiétait également Nessod Azencot, un retraité croisé devant un magasin Hypercacher de l'est de Paris.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.