Les Corps oubliés, une exposition qui met en lumière les œuvres d’Amina Zoubir

Les photographies de cette exposition sont issues d’archives et de documents collectés pendant les recherches de l’artiste au Museum am Rothenbaum (Markk) de Hambourg, en Allemagne ainsi qu’au Musée ethnographique de Stockholm, en Suède. (Photo fournie)
Les photographies de cette exposition sont issues d’archives et de documents collectés pendant les recherches de l’artiste au Museum am Rothenbaum (Markk) de Hambourg, en Allemagne ainsi qu’au Musée ethnographique de Stockholm, en Suède. (Photo fournie)
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Publié le Mardi 31 octobre 2023

Les Corps oubliés, une exposition qui met en lumière les œuvres d’Amina Zoubir

  • «La reproduction en série, sous forme de collage, met en évidence le nombre extrêmement élevé de femmes touchées par cette appropriation coloniale de leur corps.»
  • «Ces œuvres interrogent l’ordre établi et mettent en lumière les enjeux sociaux mondiaux», confie Yasmine Azzi-Kohlhepp

PARIS: L'exposition Les Corps oubliés, en octobre 2023 à l’Ayn Gallery à Paris, a mis en lumière le travail de l'artiste Amina Zoubir qui se penche sur la représentation et l'appropriation des corps féminin et masculin à travers des photographies influencées par la période coloniale. Diplômée en théorie de l’art contemporain de l’université Paris-8 et en design graphique de l’École supérieure des beaux-arts d’Alger, Amina Zoubir vit entre les capitales française et algérienne. 

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Amina Zoubir à Ayn Gallery. (Photo fournie)

«La complexité de l'identité corporelle individuelle et la question de “comment construisons-nous notre humanité?” sont les vecteurs qui relient mes recherches et mon travail d'artiste», révèle-t-elle à Arab News en français.

Les photographies de cette exposition sont issues d’archives et de documents collectés pendant les recherches de l’artiste au Museum am Rothenbaum (Markk) de Hambourg, en Allemagne ainsi qu’au Musée ethnographique de Stockholm, en Suède. «La collection du Markk contient un grand nombre de ces photographies, ce qui constitue également un défi pour le musée», explique-t-elle.

«Le musée les stocke et les conserve en tant qu'objets et témoignages historiques», indique Jana Caroline Reimer, conservatrice du département d’Afrique du Nord, d'Asie occidentale et centrale et d'Égypte ancienne au Markk. Cependant, cette dernière mentionne que «leur origine coïncide avec une époque de structures de pouvoir et de déséquilibres coloniaux scientifiquement dominés par l'Europe qui sont directement visibles dans les représentations photographiques des personnes ainsi que dans les images qu'elles créent».

«La complexité de l'identité corporelle individuelle et la question de “comment construisons-nous notre humanité?” sont les vecteurs qui relient mes recherches et mon travail d'artiste», révèle Amina Zoubir à Arab News en français.
 

Un travail artistique de déconstruction 

Pour Mme Reimer, «la force du travail d'Amina Zoubir réside précisément dans le fait que, par une déconstruction et un recentrage délibéré de ces portraits difficiles et des images qu'ils véhiculent, les personnes représentées sont placées au niveau des yeux en tant que sujets, en rupture avec leur contexte historique d'origine». La conservatrice précise que les créations de l’artiste «sont ainsi rendues et maintenues visibles d'une nouvelle manière». Elle ajoute: «La reproduction en série, sous forme de collage, met en évidence le nombre extrêmement élevé de femmes touchées par cette appropriation coloniale de leur corps.»

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Les photographies de cette exposition sont issues d’archives et de documents collectés pendant les recherches de l’artiste au Museum am Rothenbaum (Markk) de Hambourg, en Allemagne ainsi qu’au Musée ethnographique de Stockholm, en Suède. (Photo fournie)

«Ce qui distingue le travail de l'artiste Amina Zoubir, c'est sa capacité à déconstruire délibérément ces portraits difficiles ainsi que les images et l'imaginaire qu'ils véhiculent. Les personnes représentées sont ainsi élevées au même niveau que les sujets, brisant leur contexte historique d'origine pour les rendre visibles d'une nouvelle manière», précise quant à elle Yasmine Azzi-Kohlhepp, fondatrice et directrice d’Ayn Gallery, à Arab News en français. Elle souligne que «la confrontation avec ses sculptures en cire incarne les luttes humaines, notamment celles de notre époque». 

Des œuvres pour interroger l’ordre établi 

«Ces œuvres interrogent l’ordre établi et mettent en lumière les enjeux sociaux mondiaux», confie Yasmine Azzi-Kohlhepp, qui rappelle que «la juxtaposition des collages sériels et les sculptures créent une conversation visuelle saisissante», ajoutant: «Les collages réinterprètent l’histoire de femmes et d’hommes des anciennes colonies, tandis que les sculptures en cire donnent une dimension physique et tangible aux luttes pour l’humanité et la dignité.» Elle conclut sur ces mots: «Ces œuvres offrent une nouvelle perspective sur la résilience et la force face à l'oppression, unissant ainsi ces deux expressions artistiques dans une exploration profonde de l'identité et de la mémoire.»

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".