Les principaux événements de l'année 2020 en France

L'hôtel de ville illuminé sur la Place de l'Hôtel de Ville à Paris. (AFP)
L'hôtel de ville illuminé sur la Place de l'Hôtel de Ville à Paris. (AFP)
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Publié le Mardi 29 décembre 2020

Les principaux événements de l'année 2020 en France

  • Le 3 janvier, Cédric Chouviat, un livreur de 42 ans, est victime d'un malaise cardiaque à Paris après avoir été plaqué au sol par trois policiers au terme d'un contrôle routier tendu
  • Quelque 22 000 amendements au projet de loi sont déposés - un record sous cette législature

PARIS : Hôpitaux sous pression, élection et réformes reportées, économie en berne: la France a été secouée en 2020 par la pandémie de Covid-19 et de vifs débats sur les violences policières et les libertés publiques.  

Décès de Cédric Chouviat

Le 3 janvier, Cédric Chouviat, un livreur de 42 ans, est victime d'un malaise cardiaque à Paris après avoir été plaqué au sol par trois policiers au terme d'un contrôle routier tendu. 

Il décède deux jours plus tard des suites d'une asphyxie «avec fracture du larynx». Deux policiers sont mis en examen le 8 juillet pour «homicide involontaire», la victime ayant dit à sept reprises qu'elle «étouffait».

Déjà au cœur du mouvement des «gilets jaunes» en 2019, la question des violences policières va agiter le débat public tout au long de l'année.  

Réforme des retraites

Le 9 janvier, entre 452 000 (police) et 1,7 million de personnes (CGT) manifestent contre une réforme des retraites visant notamment à créer un «système universel» par points, contre laquelle agents de la RATP ou avocats mènent une grève très dure.

Quelque 22 000 amendements au projet de loi sont déposés - un record sous cette législature. 

Face à la fronde, le Premier ministre Edouard Philippe a recours au 49-3 et, le 3 mars, le projet de réforme est adopté. 

Mais le début du confinement, le 17 mars, marque la suspension de la réforme, comme celle de l'assurance chômage, également critiquée.

L'hôpital sous pression

Le 14 janvier, plus de 1 100 médecins hospitaliers s'engagent à démissionner de leurs fonctions administratives si la ministre de la Santé Agnès Buzyn n'ouvre pas de négociations sur le budget de l'hôpital et les salaires.

Cinq mois plus tard, alors que le secteur est très ébranlé par la pandémie de Covid-19, Edouard Philippe promet des «investissements massifs» et annonce un «Ségur de la Santé».

Le 9 juillet, après sept semaines de discussions, le nouveau ministre de la Santé Olivier Véran et les syndicats parviennent à un projet d'accord sur la répartition de 7,5 milliards d'euros promis aux salariés des hôpitaux.

Académie des César: sortie de scène

Le 13 février, la direction de l'Académie des César, accusée d'opacité et d'entre-soi, démissionne en bloc à seulement deux semaines de la «grande fête» annuelle du cinéma.

Lors de la cérémonie, Roman Polanski, visé par des accusations de viol, reçoit le César du meilleur réalisateur pour son film «J'accuse». L'actrice Adèle Haenel quitte la salle en lançant «Bravo la pédophilie!». 

Fin septembre, une nouvelle Académie exclut les membres de droit comme l'était Polanski au profit de 164 personnes élues.

Premier mort du Covid-19 en France 

Le 15 février, un touriste chinois meurt à Paris du Covid-19: c'est le premier décès lié à ce virus signalé hors d'Asie. 

Le lendemain, la ministre de la Santé Agnès Buzyn démissionne pour être candidate à la mairie de Paris après l'abandon de Benjamin Griveaux touché par un scandale sexuel. Olivier Véran la remplace. 

Restaurants, bars et cinémas ferment le 14 mars, crèches, écoles et universités deux jours plus tard. Le premier tour des élections municipales, maintenu le 15 mars, enregistre une abstention record. Le second tour est reporté au 28 juin et marqué par une forte poussée des écologistes.

La France confinée

Le 17 mars la France entame son premier confinement, assoupli le 11 mai et levé partout le 14 juin. 

Le PIB chute de 5,9% au premier trimestre et le gouvernement lance un plan d'urgence de 100 milliards d'euros pour les entreprises, où les plans sociaux s'accumulent. Plus d'1,6 million de salariés sont en chômage partiel, les précaires s'enfoncent dans la pauvreté.   

Manifestations contre les violences policières 

Les 2 et 13 juin, en écho aux manifestations antiracistes qui secouent les Etats-Unis après la mort de l'Afro-américain George Floyd, un appel à manifester contre les violences policières est lancé par le comité de soutien à la famille d'Adama Traoré, jeune homme noir mort en 2016 après son interpellation par les gendarmes.

Malgré le confinement, 15 000 à 20 000 personnes se rassemblent à Paris. 

Le 8 juin, Emmanuel Macron demande au gouvernement «d'accélérer» ses propositions pour améliorer la déontologie des forces de l'ordre et à la garde des Sceaux de se pencher sur l'affaire Traoré, sur laquelle des expertises se contredisent. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, assure d'une «tolérance zéro» à l'égard du racisme parmi les forces de l'ordre.

Début octobre, le parquet de Bobigny réclame un procès aux assises pour trois policiers soupçonnés de «violences volontaires» lors de l'interpellation de Théo Luhaka, handicapé à vie après avoir été blessé au niveau de la zone anale par un coup de matraque télescopique lors d'un contrôle à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en 2017 et devenu un symbole des violences policières.

La Défenseure des droits Claire Hédon réclame aussi des «poursuites disciplinaires».

Fillon condamné

Le 29 juin, l'ancien Premier ministre François Fillon est condamné à cinq ans de prison, dont deux ferme, dans l'affaire des emplois fictifs de son épouse Penelope qui avait fait dérailler sa campagne présidentielle en 2017.

Le tribunal assortit la peine d'une amende de 375 000 euros et de dix ans d'inéligibilité, mais sans mandat de dépôt.

Penelope Fillon est condamnée à trois ans de prison avec sursis, 375 000 euros d'amende et deux ans d'inéligibilité.

Le couple fait appel.

Remaniement

Le 3 juillet, Emmanuel Macron remplace à Matignon Edouard Philippe, élu maire du Havre, par Jean Castex, 55 ans. 

La liste complète du gouvernement n'est annoncée que le 26 juillet. Les choix de Gérald Darmanin pour le portefeuille de l'Intérieur et de l'avocat Eric Dupond-Moretti pour la Justice suscitent la colère des associations féministes. 

Le 28, M. Darmanin choque les proches de M. Chouviat en déclarant : «Quand j'entends le mot violences policières, personnellement, je m'étouffe».

Fourniret et le mystère Estelle

Le tueur en série Michel Fourniret a enlevé, séquestré, violé et tué Estelle Mouzin, alors âgée de 9 ans, dans une maison familiale désertée des Ardennes, déclare le 22 août son ex-épouse Monique Olivier, relançant l'espoir de retrouver le corps de la fillette dont la disparition en 2003 n'avait jamais été élucidée.

L'ADN d'Estelle est retrouvé sur un matelas, mais les fouilles restent infructueuses.

Procès Charlie

Le 2 septembre, s'ouvre le procès des attentats contre Charlie Hebdo, des policiers et une supérette juive, qui avaient fait au total 17 morts en 2015. 

A cette occasion, l'hebdomadaire satirique republie les caricatures de Mahomet qui en avaient fait la cible des jihadistes.

Le 25, une attaque au hachoir par un assaillant pakistanais fait deux blessés graves près des anciens locaux parisiens de Charlie Hebdo.

Le nouveau coronavirus atteint tour à tour plusieurs des 14 accusés, dont trois sont jugés par défaut, et ralentit considérablement le cours du procès. Le 16 décembre, les «complices» des attaques sont condamnés à des peines allant jusqu'à 30 ans de réclusion et la perpétuité.

Inondations

Le 2 octobre, des pluies torrentielles dans l'arrière-pays niçois font au moins neuf morts et neuf disparus et provoquent des dégâts considérables dans la région.

Otage française libérée

Dernier otage français dans le monde, l'humanitaire Sophie Pétronin, 75 ans, est libérée le 8 octobre, près de quatre ans après avoir été enlevée par des jihadistes au Mali. Elle rentre en France le 9.

Un professeur décapité

Le 16 octobre, Samuel Paty, 47 ans, un professeur d'histoire qui avait montré des caricatures de Mahomet en cours et était l'objet d'un harcèlement en ligne pour cela, est décapité en pleine rue, à Conflans-Sainte-Honorine, par un jeune Russe Tchétchène radicalisé. Un hommage national lui est rendu. Quatorze personnes, dont un parent d'élève et six collégiens, sont poursuivies.

Le 29 octobre à Nice, un Tunisien tue au couteau deux fidèles et le sacristain de la basilique de Notre-Dame-de-l'Assomption, avant d'être grièvement blessé par des policiers municipaux.

Le gouvernement présente en décembre un projet de loi contre «l'idéologie pernicieuse de l'islamisme radical» et la haine en ligne, sans reprendre l'expression très controversée de «séparatisme islamiste» employée début octobre par Emmanuel Macron.

Un reconfinement, plus de 60 000 morts

Face à une deuxième vague épidémique, un nouveau confinement est décrété le 30 octobre, les écoles restant cette fois ouvertes.

Les commerces «non-essentiels» rouvrent le 28 novembre. Mais le niveau de contamination reste élevé et le déconfinement, fixé au 15 décembre, s'accompagne de restrictions plus importantes qu'initialement prévu.

Restaurants, musées, cinémas, théâtres désespèrent de ne pas pouvoir ouvrir pour les fêtes de fin d'année.

Après six mois d'auditions, une commission d'enquête parlementaire conclut à l'unanimité - moins les voix des députés LREM qui s'abstiennent - à un «pilotage défaillant de la crise» sanitaire par le gouvernement.

Le 17 décembre, le président Emmanuel Macron est testé positif. Souffrant de fatigue, toux et courbatures, il s'isole pendant sept jours à la résidence officielle de La Lanterne, à Versailles. La France franchit le seuil de 60 000 décès dus au Covid-19.

Crise autour de la loi sécurité globale

Le 20 novembre, les députés votent dans un climat tendu l'article 24 de la proposition de loi sur la sécurité globale. Vivement contesté par les journalistes et les défenseurs des libertés publiques, il prévoit notamment de pénaliser l'usage «malveillant» d'images des forces de l'ordre. 

Les vidéos, diffusées sur les réseaux sociaux, de l'évacuation violente d'un camp de migrants à Paris, puis du tabassage par des policiers de Michel Zecler, un producteur de musique noir, suscitent émoi et colère et renforcent l'opposition au texte.

Dans cette dernière affaire, Gérald Darmanin reconnaît «des violences inacceptables», tandis qu'Emmanuel Macron dénonce «des images qui nous font honte». Les quatre policiers sont mis en examen et deux d'entre eux écroués, avant d'être libérés sous contrôle judiciaire.

Le 28, une «marche des libertés», émaillée de violences contre des policiers, rassemble 133 000 à 500 000 personnes en France.

Une «nouvelle écriture complète» de l'article controversé, pourtant déjà voté, est décidée.

Le 4 décembre, Emmanuel Macron annonce pour janvier la tenue d'un «Beauvau de la sécurité» réunissant représentants des forces de l'ordre, élus et citoyens.

Affaire Daval: épilogue

Jonathann Daval, 36 ans, est condamné le 21 novembre par la cour d'assises de la Haute-Saône à 25 ans de prison pour le meurtre en 2017 de sa femme Alexia, à l'issue d'un procès hyper médiatisé. Le visage éploré du mari avait ému les Français, avant qu'il avoue avoir étranglé son épouse.

Sarkozy devant la justice 

Le 23 novembre, débute le procès de l'affaire dite des «écoutes», dans laquelle Nicolas Sarkozy est soupçonné d’avoir promis un avancement au haut magistrat Gilbert Azibert en échange d'informations.

C'est la première fois dans l'histoire de l'après-guerre qu'un ancien président français est jugé pour corruption.

Le procureur requiert quatre ans de prison, dont deux ferme, tandis que la défense plaide la relaxe face à «un désert de preuves».

Pédophilie : un procès hors normes

Le 3 décembre, l'ex-chirurgien Joël Le Scouarnec, 70 ans, est condamné à 15 ans de réclusion criminelle aux assises de Charente-Maritime pour abus sexuels sur quatre mineures dans le premier volet d'une affaire de pédophilie hors normes. Il fait appel.

Quelque 312 autres victimes potentielles du médecin, arrêté en 2017, sont concernées par une deuxième procédure. 

 


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.