Le Bohémia café, le lieu où les musiciens d’Alkhobar font vibrer la scène tout en sirotant leur café

Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et spécifiquement ceux d'Alkhobar. (Photo AN )
Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et spécifiquement ceux d'Alkhobar. (Photo AN )
Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et spécifiquement ceux d'Alkhobar. (Photo AN )
Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et spécifiquement ceux d'Alkhobar. (Photo AN )
Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et spécifiquement ceux d'Alkhobar. (Photo AN )
Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et spécifiquement ceux d'Alkhobar. (Photo AN )
Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et spécifiquement ceux d'Alkhobar. (Photo AN )
Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et spécifiquement ceux d'Alkhobar. (Photo AN )
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Publié le Mercredi 03 janvier 2024

Le Bohémia café, le lieu où les musiciens d’Alkhobar font vibrer la scène tout en sirotant leur café

  • Le Bohemia café propose de la musique live, contrairement aux autres cafés, indique un artiste local
  • Le lieu se présente comme «un magasin de disques et un café indépendant à Alkhobar», mais c'est bien plus que ça C'est le battement de cœur des musiciens et par excellence de la ville

ALKHOBAR: Le nouveau Bohemia Café ne ressemble à aucun autre dans la région. C’est comme si vous veniez d'arriver chez votre ami dans une atmosphère détendue, au milieu de la petite et paisible allée d’un jardin qui mène à un espace bien conçu, prêt à vous accueillir pour prendre une tasse de café fort, sur fond de musique. 

Ayant ouvert ses portes début 2023, le nouveau Bohemia Café est une version plus accueillante et plus élaborée du Bohemia Café d’origine.

Le premier café, ouvert en 2018, était situé dans un quartier animé de la ville, dans une atmosphère teintée de pittoresque, pétillante et branchée. Cependant, l'espace entièrement vitré, face à la circulation dans un immeuble commercial, souffrait de places de stationnement limitées, et ne concordait pas pleinement avec l'ambiance bohème.

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Le café hybride est l'un des lieux d'achat et de vente de disques vinyles de la ville. (Photo AN)

Lorsque l’ancien espace a fermé ses portes, la scène musicale d’Alkhobar a perdu un pôle communautaire dans lequel fusionnaient les synergies musicales.

Le nouvel emplacement du café, dans la tranquille zone historique du nord d’Alkhobar, correspond davantage à leur rythme. Il est resté proche de ses racines d’Alkhobar, mais a évolué pour devenir une maison indépendante au charme pittoresque, avec un vaste jardin et de nombreux sièges à l'intérieur et à l'extérieur.

Le café hybride, qui est l'un des lieux d'achat et de vente de disques vinyles de la ville, est devenu une sorte de sanctuaire hors des sentiers battus, où les artistes peuvent se retrouver pour écouter de la musique tout en sirotant un café et grignoter les pâtisseries maison.

EN BREF

• Le Bohemia café est peut-être l'un des rares lieux qui accueille tous les talents, de tous genres, et certainement l'un des rares à offrir aux amateurs la possibilité de se produire.

• La plupart de ceux qui viennent au Bohemia lors de ses spectacles live, notamment ceux consacrés à certains chanteurs, ou aux open mics, peuvent s'attendre à de belles surprises.

Contrairement aux lieux tapageurs de Riyad ou sophistiqués de Djeddah, en particulier avec le succès des festivals de musique comme XP et MDLBEAST dans les deux villes, la pittoresque Alkhobar a toujours été une ville plus concentrée et se situant indéniablement en marge des autres.

La côte Est jouit depuis longtemps d’une culture ancrée dans un style de vie plus décontracté. Bohemia Café se présente comme «un magasin de disques et un café indépendant à Alkhobar», mais c'est bien plus que ça C'est le battement de cœur des musiciens et par excellence d'Alkhobar.

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Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et plus spécifiquement d'Alkhobar. (Photo AN)

C'est peut-être l'un des rares lieux à accueillir tous les talents, de différents niveaux, et certainement l'un des rares à offrir aux amateurs la possibilité de se produire. La plupart de ceux qui viennent au Bohemia lors de leurs soirées de spectacles – notamment celles consacrées à certains chanteurs ou aux open mics – peuvent s’attendre à des surprises. Telle une «mixtape », la soirée est un amalgame diversifié: certains joueront d’un instrument de façon remarquable, tandis que d'autres crieront des mots et se déplaceront, un micro à la main. La communauté semble transcender le temps et l'espace.

Avant tout session d’open mic au Bohemia, une annonce est publiée quelques jours à l'avance sur les réseaux sociaux, et les artistes intéressés peuvent s'inscrire directement en envoyant un message. Ceux qui souhaitent simplement siroter une boisson et assister au spectacle doivent acheter un billet, coûtant généralement entre 75 et 100 riyals saoudiens (un RS= 0,24 euro). Celui-ci peut être utilisé comme crédit en magasin le jour du spectacle, pour acheter de la musique ou autre chose.

Fatima, qui se définit comme artiste, aime l'esthétique du café mais surtout la manière dont les talents locaux sont présentés, dans un environnement aussi sain et divertissant.

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Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et spécifiquement d'Alkhobar. (Photo AN)

Comme les nuits d’hiver deviennent longues, elle savoure ses soirées passées dans cet espace, une boisson chaude à la main, éprouvant une sensation d’émerveillement. À chaque fois, elle se plonge dans le vertige d’écouter des voix familières et d’en découvrir de nouvelles.

«Le Bohemia nous apporte de manière singulière quelque chose que les autres cafés n’offrent pas: de la musique live», confie à Arab News Fatima, qui a participé à plusieurs open mics.

«Chaque spectacle en live a sa propre ambiance. La diversité des groupes, des genres choisis, et du public concerné, en disent long sur ce que tout le monde ici a en commun: la passion pour la musique», ajoute-t-elle.

Et, en effet, c’est la musique qui attire – et fait revenir – les gens.

Dana, qui porte le nom de scène de «Farasha», qui signifie papillon en arabe, est tombée par hasard sur le café lors d'une soirée karaoké dans l’ancien Bohemia. Cette expérience exaltante l’a aidée à déployer ses ailes.

«C'est arrivé accidentellement. Une fois, j’ai assisté à une soirée karaoké en 2021 ou 2022 – dans l’ancien café – et j’ai regardé les gens chanter. Je ne m’étais pas inscrite. Et je me suis dit, je veux avoir le micro. Et je l’ai fait», raconte-t-elle à Arab News.

Ses sœurs et amis qui l’accompagnaient l’ont encouragée à faire ce pas et à se lancer. Elle s'est levée et a chanté une chanson bien connue, Hit the road, Jack, parce qu'elle savait que le groupe présent ce jour-là saurait le jouer. Beaucoup l’ont accompagnée dans la chanson. Elle s'est amusée. Pendant qu'elle chantait, elle a déclaré qu'elle avait fait comme son idole, Hannah Montana, un personnage fictif d'une émission populaire de Disney, qui est une adolescente ordinaire, mais aussi une immense pop star. «Moi aussi, je veux m’éclater», lance Farasha.

Fin novembre, elle a interprété plusieurs chansons lors du dernier open mic. Avec une voix juste et une grande confiance en elle, ses mains flottaient gracieusement pendant qu'elle était sur scène. Et, lorsqu'elle oubliait parfois certaines paroles, la foule comblait les vides, la rejoignant à l'unisson.

«La première fois que j’ai chanté, j’étais vraiment nerveuse. Mes sœurs m’y encourageaient énormément. Les gens applaudissaient. Et puis Fawaz, le propriétaire, m'a contactée pour chanter par la suite. J'ai eu une séance rapide à la Ladies Night. C'était une expérience géniale. Ce n’est donc pas la première fois aujourd’hui, c'est, je crois, la troisième ou quatrième fois que je chante», précise-t-elle.

La jeune femme fait référence au propriétaire, omniprésent mais jamais autoritaire, Fawaz Alsoulaim. Si jamais une image devait résumer l’essence même de l’ancien et du nouveau café Bohemia, ce serait celle du propriétaire.

Fawaz Alsoulaim, qui pourrait être décrit comme un homme de la génération Y, silencieux mais pas timide, est souvent assis calmement, respirant la sagesse et, peut-être, la paix intérieure. Il est accessible, mais également évasif. Au cours de l’open mic auquel Arab News a assisté, il s'est assis d’une façon stratégique dans un coin offrant le meilleur point de vue, lançant des signes de tête rassurants aux artistes mais se mettant à peine sous les projecteurs. Avec son attitude calme, son regard aiguisé et son oreille attentive au talent, il est seulement là pour repérer ceux qui ont du potentiel et les encourager.

 

«Nous avons découvert tellement de talents, de personnes qui n'envisageaient même pas de poursuivre une carrière musicale ou de se produire sur scène. Ils se sont produits pour la première fois ici, soit dans le cadre de l’open mic, soit avec juste une guitare, ou même en le faisant à la manière d'un karaoké», assure Alsoulaim à Arab News avec le sourire. «Ils ont eu envie de se produire en live – et beaucoup de gens ont commencé leur carrière musicale de cette façon», déclare-t-il fièrement.

Si vous voulez chanter, mais que vous vous sentez nerveux, Fawaz Alsoulaim sera là pour vous donner des mots d'encouragement sans jamais exercer de pression.

Certains qui choisissent de monter sur scène sont des professionnels aguerris, tandis que d’autres ne se sont produits auparavant qu’avec leur brosse à cheveux dans leur chambre.

Le jour de notre visite, une jeune femme avec une casquette de base-ball et le visage à moitié couvert d'un masque est entrée sur scène. Elle a dit que c'était la première fois qu'elle chantait devant un public, et a demandé que les spectateurs respectent sa demande de ne pas la photographier ou la filmer. Pendant tout son passage sur scène, personne n’a tenu son téléphone. Tout le monde s’est contenté de regarder, de chanter quand elle le demandait, et de l'applaudir.

Certains artistes ont des chansons originales, en anglais ou en arabe. Ce qui est évident, c’est que c’est un lieu où l’expérimentation est la bienvenue. Tant que vous avez le courage de prendre le micro, le public écoute. En moyenne, une dizaine de personnes environ s’inscrivent pour monter sur scène, dont près de la moitié sont généralement des débutants.

«Tout le monde est toujours le bienvenu pour se produire ici, comme il le souhaite. Nous ne refusons jamais personne», explique Fawaz Alsoulaim à Arab News.

Alsoulaim a été fidèle à sa promesse lors de la visite d’Arab News. Après l'annonce du spectacle final, les gens ont commencé à partir. Mais quelqu'un a simplement indiqué une personne assise au premier rang, qui avait hoché la tête et applaudi toute la nuit. Cette personne est volontiers montée sur scène pour une chanson. Puis deux, puis trois. Un grand nombre de ceux qui partaient se sont alors assis.

L'interprète n'était autre que Nader al-Fassam, une véritable légende locale de l'underground d'Alkhobar depuis les années 1990, et un habitué de la scène, et du Bohemia en particulier. Il chante des succès bien connus du top 40, ainsi que des chansons moins connues. Il interprète souvent ses propres créations musicales.

«Je n'étais pas censé chanter ce soir, mais quelqu'un n'est pas venu, et j'ai donc en quelque sorte été tenté de prendre sa place», raconte-t-il à Arab News après son passage sur scène.

Un incontournable des célébrations musicales de la région, Nader al-Fassam est peut-être l'incarnation parfaite de l'ancien et du nouveau Bohemia. Il est le guitariste principal du groupe punk psychédélique saoudien Sound of Ruby. Comme Alsoulaim, il a hâte que la prochaine génération de talents de la province de l’Est se mobilise et se joigne à la fête.

Nader al-Fassam, avant la grande finale de l’Open mic, a annoncé au public qu'il fêterait son 50e  anniversaire au Bohemia Café – ce qui a fait plaisir à tous. Alsoulaim a acquiescé de façon élégante de la tête, et tout le monde – vraisemblablement invité – a applaudi de manière spontanée et frénétique. 

La joie évidente d’Alsoulaim de trouver et de célébrer les talents locaux est devenue une qualité très attachante au sein de la communauté.

Qaund on demande à Fawaz Alsoulaim s’il va chanter au prochain spectacle ou à la fête d’anniversaire d’Al-Fassam, il secoue la tête d’un air espiègle. «Je ne suis malheureusement pas musicien, je vends juste de la musique.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".