Le site radar de Sanaa est la cible d'une nouvelle frappe américaine contre la milice houthie

Un avion décolle pour rejoindre la coalition dirigée par les États-Unis afin de mener des frappes aériennes contre des cibles militaires au Yémen (Photo, AFP).
Un avion décolle pour rejoindre la coalition dirigée par les États-Unis afin de mener des frappes aériennes contre des cibles militaires au Yémen (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 14 janvier 2024

Le site radar de Sanaa est la cible d'une nouvelle frappe américaine contre la milice houthie

  • « L'ennemi américano-britannique vise la capitale, Sanaa, avec plusieurs raids », rapporte Al-Masirah TV
  • « Nous ferons en sorte de répondre aux Houthis s'ils poursuivent cette action scandaleuse », prévient Biden

RIYAD : Les forces américaines ont mené une nouvelle frappe contre un site radar des Houthis au Yémen, ont annoncé samedi l'armée américaine ainsi que les médias officiels de la milice soutenue par l'Iran.

Dans un communiqué, le Commandement central américain (CENTCOM) a déclaré que la frappe visait le site radar afin de réduire la capacité de la milice à attaquer les navires.

« Cette frappe a été menée par l'USS Carney (DDG 64) à l'aide de missiles d'attaque terrestre Tomahawk et fait suite à une cible militaire spécifique associée à des frappes effectuées le 12 janvier et destinées à réduire la capacité des Houthis à attaquer les navires maritimes, y compris les navires commerciaux », a indiqué le CENTCOM dans un communiqué publié sur X, anciennement Twitter.

La dernière frappe a eu lieu tôt samedi, heure locale, au Yémen.

La chaîne de télévision du mouvement Houthi, Al-Masirah, a également indiqué que la frappe visait la base Al-Dailami à Sanaa, la capitale du Yémen tenue par les rebelles.

« L'ennemi américano-britannique vise la capitale, Sanaa, avec plusieurs raids », a posté Al-Masirah TV sur X, anciennement Twitter, citant son correspondant à Sanaa.

« L'agression américano-britannique a visé la base d'Al-Dailami dans la capitale, Sanaa », a ajouté la chaîne.

Un responsable du groupe houthi du Yémen, Ansarullah, a déclaré samedi qu'il n'y avait eu aucun blessé lors de la dernière frappe américaine contre les forces Houthi à Sanaa, et a promis une réponse « forte et efficace ».

« Il n'y a eu aucun blessé, aucune perte matérielle ou humaine », a déclaré Nasruldeen Amer à Al Jazeera.

Cette nouvelle frappe est intervenue un jour après que des avions de guerre, des navires et des sous-marins américains et britanniques ont mené des dizaines de frappes aériennes dans tout le Yémen au cours de la nuit, en représailles contre les forces houthies qui attaquent depuis des mois les navires de la mer Rouge.

Alors que les dirigeants houthis ont juré de riposter, le président américain Joe Biden a prévenu plus tôt dans la journée qu'il pourrait ordonner de nouvelles frappes si les Houthis ne cessaient pas leurs attaques contre les navires marchands et militaires dans l'une des voies navigables les plus vitales du monde sur le plan économique.

« Nous ferons en sorte de répondre aux Houthis s'ils poursuivent cette action scandaleuse », a déclaré Biden lors d'une visite en Pennsylvanie.

Des témoins ont confirmé des explosions tôt vendredi, heure du Yémen, dans des bases militaires situées près des aéroports de la capitale Sanaa et de la troisième ville du Yémen, Taïz, dans une base navale située dans le principal port du Yémen sur la mer Rouge, Hodeidah, et dans des sites militaires du gouvernorat côtier de Hajjah.

Le porte-parole de la Maison Blanche, John Kirby, a déclaré que les frappes avaient visé la capacité des Houthis à stocker, lancer et guider des missiles ou des drones, que le groupe a utilisés ces derniers mois pour menacer les navires de la mer Rouge.

Le Pentagone a déclaré que l'assaut américano-britannique avait réduit la capacité des Houthis à lancer de nouvelles attaques. L'armée américaine a indiqué que 60 cibles sur 28 sites avaient été touchées.

Les Houthis, qui contrôlent la majeure partie du Yémen depuis près d'une décennie, ont déclaré que cinq combattants avaient été tués, mais ils ont promis de poursuivre leurs attaques contre le transport maritime régional.

Le centre d'information britannique sur les opérations commerciales maritimes a déclaré avoir reçu des informations faisant état de l'atterrissage d'un missile en mer à environ 500 mètres d'un navire, à quelque 90 milles nautiques au sud-est du port yéménite d'Aden.

L’entreprise de sécurité maritime Ambrey a identifié ce navire comme étant un pétrolier battant pavillon panaméen et transportant du pétrole russe.

Des images de drone diffusées par la chaîne de télévision Al-Masirah des Houthis montrent des centaines de milliers de personnes à Sanaa scandant des slogans dénonçant Israël et les États-Unis.

« Vos frappes sur le Yémen sont du terrorisme », a déclaré Mohammed Ali Al-Houthi, membre du Conseil politique suprême des Houthis. « Les États-Unis sont le diable ».

Les journalistes ont demandé à Biden, dont l'administration a retiré les Houthis de la liste des « organisations terroristes étrangères » établie par le département d'État en 2021, s'il pensait que le terme « terroriste » décrivait bien le mouvement aujourd'hui. « Je pense qu'ils le sont », a-t-il répondu.

La crise de la mer Rouge s'inscrit dans le cadre des retombées régionales violentes de la guerre d'Israël contre le Hamas, un groupe islamiste soutenu par l'Iran, dans l'enclave palestinienne de Gaza.

Les militants du Hamas se sont déchaînés dans le sud d'Israël le 7 octobre, tuant 1 200 personnes et prenant 240 otages. Israël a réagi en détruisant de grandes parties de Gaza dans le but d'anéantir le Hamas. Plus de 23 000 Palestiniens ont été tués.

Tobias Borck, expert en sécurité au Moyen-Orient au Royal United Services Institute de Grande-Bretagne, a déclaré que les Houthis voulaient se présenter comme les champions de la cause palestinienne, mais qu'ils étaient surtout préoccupés par leur maintien au pouvoir.

Au Conseil de sécurité des Nations unies, l'ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield a défendu les frappes menées au Yémen, affirmant qu'elles visaient à « déstabiliser et dégrader la capacité des Houthis à poursuivre leurs attaques inconsidérées contre les navires et la navigation commerciale ».

L'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, avait déclaré plus tôt que les États-Unis et la Grande-Bretagne avaient « déclenché à eux seuls un débordement du conflit (à Gaza) sur l'ensemble de la région ».

À Washington, Kirby a déclaré : « Nous ne sommes pas intéressés par [...] une guerre avec le Yémen ».

Dans ce pays pauvre qui sort à peine d'une décennie de guerre ayant conduit des millions de personnes au bord de la famine, les habitants craignant un nouveau conflit prolongé font la queue aux stations-service.

Le prix du pétrole brut Brent qui a augmenté de plus de 2 dollars vendredi en raison des craintes d'une rupture dans la chaine d'approvisionnement, a ensuite perdu la moitié de ses bénéfices.

Biden a déclaré vendredi qu'il était « très préoccupé » par l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur les prix du pétrole.

Les données de surveillance des navires commerciaux montrent qu'au moins neuf pétroliers se sont arrêtés ou détournés de la mer Rouge.

Les attaques ont contraint les navires commerciaux à emprunter des itinéraires plus longs et plus coûteux autour de l'Afrique, ce qui fait craindre une nouvelle poussée d'inflation et une perturbation de la chaîne d'approvisionnement. Les tarifs de transport de conteneurs sur les principaux itinéraires mondiaux ont grimpé en flèche cette semaine.

Ces frappes font suite à des mois de raids menés par des combattants houthis, qui ont arraisonné des navires qu'ils disaient être israéliens ou se diriger vers Israël. Nombre de ces navires n'avaient aucun lien connu avec Israël.

Les États-Unis et certains de leurs alliés ont envoyé une force navale en décembre, et l'escalade s'est poursuivie ces derniers jours. Mardi, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont abattu 21 missiles et drones.

Toutefois, les principaux alliés des États-Unis n'ont pas tous choisi de soutenir les frappes à l'intérieur du Yémen.

 Les Pays-Bas, l'Australie, le Canada et Bahreïn ont fourni un soutien logistique et des renseignements, tandis que l'Allemagne, le Danemark, la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud ont signé une déclaration commune défendant les attaques et mettant en garde contre d'autres actions.

L'Italie, l'Espagne et la France ont choisi de ne pas signer ou de ne pas participer, craignant une escalade plus importante.

Un haut fonctionnaire américain a accusé Téhéran de fournir au groupe yéménite les capacités militaires et les renseignements nécessaires pour mener à bien ses attaques. L'Iran a condamné les frappes, mais rien n'indique pour l'instant qu'il cherche à entrer directement en conflit.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amirabdollahian, a déclaré que la Maison Blanche pourrait « rétablir la sécurité dans la région » en mettant fin à sa « coopération militaire et sécuritaire totale » avec Israël.

 

(Avec Reuters et AFP)

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.