Nigeria: Deux attaques dans le centre du pays font plus de 50 morts

Une maison incendiée suite à une attaque à Mangu, dans l'État du Plateau au Nigeria, le 20 mai 2023 (Photo d'illustration, AFP).
Une maison incendiée suite à une attaque à Mangu, dans l'État du Plateau au Nigeria, le 20 mai 2023 (Photo d'illustration, AFP).
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Publié le Vendredi 26 janvier 2024

Nigeria: Deux attaques dans le centre du pays font plus de 50 morts

  • Au moins 55 personnes ont été tuées dans deux nouvelles attaques mardi et mercredi dans l'Etat du Plateau, dans le centre-nord du Nigeria, théâtre de violences intercommunautaires meurtrières depuis Noël
  • La Mwaghavul Development Association, une organisation regroupant des membres de l'ethnie Mwaghavul, majoritairement chrétiens, a accusé des éleveurs musulmans fulanis (peuls) d'avoir attaqué le village de Kwahaslalek et tué «une trentaine de personnes»

LAGOS: Au moins 55 personnes ont été tuées dans deux nouvelles attaques mardi et mercredi dans l'Etat du Plateau, dans le centre-nord du Nigeria, théâtre de violences intercommunautaires meurtrières depuis Noël, a-t-on appris jeudi auprès de sources locales de la Croix-Rouge nigériane.

En dépit d'un couvre-feu imposé mardi dans le district local de Mangu, des écoles, des lieux de culte et des maisons ont été incendiés et saccagés lors de ces deux attaques, ont déclaré des responsables communautaires.

La Mwaghavul Development Association, une organisation regroupant des membres de l'ethnie Mwaghavul, majoritairement chrétiens, a accusé des éleveurs musulmans fulanis (peuls) d'avoir attaqué le village de Kwahaslalek et tué "une trentaine de personnes".

Ce bilan a été confirmé à l'AFP par un responsable des secours locaux et une source humanitaire sur le terrain, sous le couvert de l'anonymat.

"Deux camps de déplacés ont été mis en place dans la ville de Mangu, pour environ 1.500 personnes", a déclaré à l'AFP Nurudeen Husaini Magaji, président local de la Croix-Rouge nigériane.

Le gouverneur de Plateau avait annoncé le couvre-feu mardi après un nouvel affrontement déclenché selon les autorités par un différend entre un éleveur déplaçant son bétail et d'autres résidents utilisant la route.

La deuxième attaque a eu lieu dans la ville de Mangu, également entre mardi et mercredi.

Le Jama'atu Nasril Islam (JNI), une organisation communautaire musulmane, a déclaré que des lieux de culte et des écoles confessionnelles avaient été attaqués.

"Nous avons retrouvé 25 cadavres, nous attendons la protection des forces de sécurité pour les enterrer", a déclaré par téléphone à l'AFP Jafaru Musa, l'un des responsables locaux du JNI.

"Plusieurs des nôtres ont été tués", a-t-il indiqué, après la découverte de corps sans vie dans une mosquée, qui a depuis été sécurisée par l'armée.

"Nous poursuivons nos recherches avec le soutien de la Croix-Rouge pour voir si nous pouvons encore retrouver des morts, car beaucoup de gens ont disparu", a ajouté Jafaru Musa.

Ce bilan a été confirmé par un autre responsable de la JNI, Salim Musa.

"Tout est désormais calme, les militaires sont omniprésents", a déclaré Yusuf Abdullashi, un habitant de la ville.

Attaques récurrentes

Les porte-parole de la police et de l'armée n'ont répondu aux demandes de confirmation de l'AFP.

La police a présenté aux journalistes dix-sept personnes arrêtées, qu'elle accuse d'avoir participé aux attaques au cours de la période de Noël et à d’autres violences récentes dans la zone.

"La zone reste hautement sécurisée par les forces de sécurité", a assuré aux journalistes l'inspecteur général adjoint Ebong Eyibio.

L'Etat du Plateau, situé sur la ligne de démarcation entre le nord du Nigeria, majoritairement musulman, et le sud, majoritairement chrétien, est un foyer de violences intercommunautaires.

Les tensions sont montées en flèche depuis que près de 200 personnes ont été tuées à Noël lors de raids sur des villages majoritairement chrétiens.

Les affrontements dans les États du nord-ouest et du centre-nord du Nigeria sont nourris par les tensions communautaires liées à l'utilisation des terres entre les éleveurs nomades et les agriculteurs sédentaires.

Mais ce type d'attaques a dégénéré en une criminalité plus large.

Des bandes lourdement armées, connues localement sous le nom de bandits, attaquent les villages, pillant et kidnappant pour obtenir des rançons.

A Noël, près de 200 personnes ont été tuées dans des attaques qui ont touché une vingtaine de villages dans les circonscriptions de Bokkos et de Barkin Ladi, voisines de celle de Mangu.

Ces massacres ont causé l'émoi dans le pays mais aussi au sein de la communauté internationale.

Depuis, des attaques récurrentes ont lieu dans la région, provoquant le déplacement de milliers de personnes.

Depuis son arrivée au pouvoir en mai, le président Bola Ahmed Tinubu a affiché la lutte contre l'insécurité comme sa priorité, notamment en vue d'attirer des investissements étrangers dans le pays.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.