Aux Grammy Awards, la revanche des femmes souligne l'évolution de l'industrie musicale

La chanteuse Billie Eilish a été récompensée (Photo, AFP).
La chanteuse Billie Eilish a été récompensée (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 01 février 2024

Aux Grammy Awards, la revanche des femmes souligne l'évolution de l'industrie musicale

  • «C'est un changement significatif. On parle davantage du talent et du charisme des femmes que de leurs corps et de leurs tenues»
  • Au niveau statistique, le changement est notable. De 2012 à 2022, seulement 13,9% des nommés dans les catégories majeures étaient des femmes

LOS ANGELES: Longtemps, musiciens et critiques ont déploré la trop forte absence de femmes artistes aux Grammy Awards, les récompenses de l'industrie musicale américaine. Dimanche, elles devraient rafler les prix les plus prestigieux, reflet d'une évolution des mentalités et d'une scène qui se diversifie.

"Avant, les femmes stars de la pop faisaient parler d'elles sur les tapis rouges. Désormais, elles nourrissent la conversation des Grammy en tant que tels", note Kristin Lieb, professeure à l’université Emerson spécialisée dans le marketing de la musique et les identités de genres.

«Talent»

"C'est un changement significatif. On parle davantage du talent et du charisme des femmes que de leurs corps et de leurs tenues", ajoute-t-elle auprès de l'AFP.

Taylor Swift, qui a acquis un rang de méga star mondiale, SZA, qui a engrangé le plus de nominations (9) avec son album SOS et son tube envoutant "Kill Bill", et Olivia Rodrigo, ancienne égérie Disney dont les sons rock sont encensés par la critique, concourent à la fois pour le meilleur album et l'enregistrement de l'année, attribué pour la performance globale d'un titre.

Tout comme Miley Cyrus et le supergroupe boygenius, dont le trio formé par Phoebe Bridgers, Julien Baker et Lucy Dacus a créé la sensation avec son cocktail de pop-folk poétique et rock indé.

Janelle Monae, Billie Eilish et la star montante Victoria Monét sont aussi de la partie dans les catégories les plus prestigieuses (meilleurs album, enregistrement ou chanson). Seul homme à surnager, le jazzman touche-à-tout Jon Batiste, grand vainqueur de la cérémonie il y a deux ans.

Au niveau statistique, le changement est notable. De 2012 à 2022, seulement 13,9% des nommés dans les catégories majeures étaient des femmes, selon une étude du think tank "Annenberg Inclusion Initiative" de l'université de Californie du sud.

Enfermées dans la pop

Ces chiffres pouvaient résonner avec les propos controversés de l'ancien patron de la Recording Academy, l'organisme représentant l'industrie musicale américaine et organisateur des Grammy, Neil Portnow. En 2018, il avait déclaré que les femmes artistes n'avaient qu'à "se manifester" si elles voulaient plus de reconnaissance.

En novembre, il a été visé par une plainte en justice, accusé d'avoir drogué et violé une artiste en 2018, ce qu'il réfute.

En réagissant à l'annonce des nominations, en novembre, l'actuel patron de la Recording Academy, Harvey Mason Jr, a simplement constaté que "les femmes ont fait de la sacrée bonne musique" et "nos votants ont manifestement été convaincus".

La plupart de ces artistes ont des carrières bien entamées, qui ont pris de la profondeur et leur ont permis d'explorer des styles variés, quand les femmes ont souvent été catégorisées dans la musique pop.

"Une femme qui vend bien est destinée à perdre son genre musical d'origine et elle sera considérée comme une pop star", a déclaré Kristin Lieb.

"Et d'une manière générale, la musique pop est considérée comme quelque chose d'artificiel ou éphémère", ajoute l'universitaire, qui reste prudente sur l'évolution des mentalités, tant dans l'industrie que pour la critique.

Une autre experte, Christine Wisch, qui donne un cours à l'université de l'Indiana sur l'histoire des femmes dans la musique depuis l'ère médiévale, espère qu'à terme, "on pourra observer l'art pour ce qu'il est", sans tenir compte de "certaines identités".

Elle explique que ces étudiants ont une admiration particulière pour boygenius, trio nommé dans six catégories, dont les membres raillent volontiers le label de "femmes dans le rock".

"En tant que musicienne et enseignante, je suis impatiente à l'idée qu'un jour le genre ne soit plus un sujet et que nous ne soyons plus surpris que les femmes soient majoritaires."


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".