Le sommet mondial des gouvernements offre une « occasion exceptionnelle » de relever les défis d'aujourd'hui

Le président turc Recep Tayyip Erdogan fait partie des trois dirigeants annoncés comme invités d'honneur au Sommet mondial des gouvernements de cette année (Photo, Fournie).
Le président turc Recep Tayyip Erdogan fait partie des trois dirigeants annoncés comme invités d'honneur au Sommet mondial des gouvernements de cette année (Photo, Fournie).
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Publié le Jeudi 13 février 2025

Le sommet mondial des gouvernements offre une « occasion exceptionnelle » de relever les défis d'aujourd'hui

  • Le sommet de trois jours, dont le coup d'envoi sera donné lundi à Dubaï, réunira 25 dirigeants et chefs d'État du monde entier
  • Les participants aborderont des questions mondiales urgentes dans différents domaines, notamment l'économie, la technologie et l'intelligence artificielle

DUBAΪ : Le Sommet mondial des gouvernements de cette année offrira aux dirigeants et aux délégués du monde entier une occasion unique d'unir leurs efforts et de relever les défis actuels dans un contexte de tensions régionales croissantes, ont déclaré les organisateurs avant la tenue de ce méga-événement.

Ce sommet de trois jours, qui débutera lundi à Dubaï, réunira 25 dirigeants mondiaux et chefs d'État, 120 délégations gouvernementales, plus de 85 organisations et institutions internationales et régionales, ainsi que d'éminents leaders d'opinion et experts.

Les participants aborderont les questions urgentes auxquelles l'humanité est confrontée dans différents domaines, notamment l'économie, la technologie, l'intelligence artificielle, la durabilité, la finance et l'éducation.

Mohamed Yousef Al-Sharhan, directeur général adjoint de l'Organisation WGS, a déclaré à Arab News que le sommet de 2024 offrait une « opportunité mondiale exceptionnelle » de développer des solutions inventives pour « les défis et les changements auxquels le monde est confronté, y compris les récents conflits qui ont éclaté dans les arènes régionales et mondiales ».

Il a précisé que depuis sa création, le Sommet mondial sur la société de l'information a servi de plateforme mondiale la plus importante pour les dirigeants mondiaux, les décideurs politiques, les experts et les fonctionnaires des secteurs public et privé pour échanger leur savoir-faire et leurs connaissances, ainsi que pour discuter des défis mondiaux les plus urgents.

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Mohamed Al-Sharhan, directeur général adjoint de l'Organisation WGS, a déclaré que le sommet visait à rassembler les dirigeants pour relever les défis (Photo, Fournie).

L'événement de cette année intervient dans un contexte d'escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient depuis que la guerre d'Israël contre Gaza a éclaté, faisant plus de 27 000 victimes palestiniennes - principalement des femmes et des enfants - et entraînant un nouvel éventail de défis en matière de santé, d'éducation et de développement.

Dans une déclaration à Arab News, Nasser Saidi, ancien économiste en chef et stratège au Centre financier international de Dubaï, et ancien ministre et premier vice-gouverneur de la Banque centrale du Liban, a cité trois défis majeurs auxquels les gouvernements sont confrontés alors qu'ils se réunissent au SMM : les conséquences et les risques de plus en plus visibles du changement climatique, la croissance accélérée de l'économie numérique en raison des implications de l'utilisation de l'IA et des technologies connexes, et la « nouvelle guerre froide » résultant d'une fragmentation et d'une démondialisation croissantes, les États-Unis, l'UE et leurs alliés se désolidarisant de la Chine dans un contexte de conflits et de troubles géopolitiques.

« Chacun de ces défis est plus important pour les pays en développement et les pays pauvres », a expliqué Saidi.

La multipolarité croissante du monde est évidente dans les politiques des gouvernements qui conduisent à une fragmentation économique et financière accrue.

Le nombre de restrictions commerciales mondiales introduites chaque année a presque triplé depuis la période pré pandémique, atteignant près de 3 000 l'année dernière, selon le Fonds monétaire international.

Cette « nouvelle guerre froide », selon Saidi, pourrait entraîner une perte de 7 % du produit intérieur brut mondial, d'après le FMI, en raison de la perte d'efficacité des chaînes d'approvisionnement mondiales et des politiques de repli sur soi et d'autosuffisance déguisées en restrictions d'accès à la technologie et aux ressources essentielles. « Il sera stratégiquement important pour les gouvernements réunis au Sommet mondial de l'environnement d'atténuer rapidement les risques d'une nouvelle guerre froide et ses conséquences potentielles, notamment des confrontations stratégiques et militaires de plus en plus nombreuses », a-t-il ajouté.

La fracture climatique croissante et le développement rapide de l'IA affecteront également les économies, les sociétés, les politiques et les armées, et conduiront à des degrés d'inégalité plus importants au sein des pays.

« L'IA amplifie les risques de sous-investissement dans l'économie numérique et la fracture numérique croissante entre les économies avancées et les pays en développement incapables d'investir dans les technologies numériques et d'éduquer leurs populations à l'économie numérique » a affirmé Saidi.

Les investissements nécessaires à l'adaptation au climat pour rendre les services d'infrastructure résilients seront également coûteux pour les pays en développement, ce qui obligera les gouvernements à s'associer au secteur privé, qui devra fournir 80 % ou plus du financement.

« Parallèlement à l'utilisation croissante de la robotique, l'IA aura de profondes répercussions sur l'organisation des gouvernements et sur la manière dont ils fourniront des biens et des services en général, sans parler de la rééducation et de la reconversion de leur main-d'œuvre », a poursuivi Saidi.

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Le sommet mondial des gouvernements devrait accueillir plus de 4 000 participants cette année (Photo, Fournie).

Placé sous le thème « Façonner les gouvernements de demain », le sommet accueillera plus de 200 orateurs de renom, dont des présidents, des Premiers ministres et des experts, qui partageront leurs points de vue dans le cadre de discours et de tables rondes, ainsi que 23 réunions ministérielles et sessions exécutives accueillant plus de 300 ministres.

Ce méga-événement couvre six thèmes principaux à travers 15 forums mondiaux et plus de 110 dialogues et sessions interactives. Il devrait accueillir plus de 4 000 participants.

Invités d'honneur

Les invités d'honneur de l'événement de cette année, qui se tiendra jusqu'au 14 février, sont les dirigeants du Qatar, de la Turquie et de l'Inde.

Le Premier ministre indien Narendra Modi, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre du Qatar Sheikh Mohammed ben Abdalrahman Al-Thani seront parmi les 25 dirigeants mondiaux et chefs d'État qui participeront au sommet.

Al-Shahran a déclaré que le choix de la Turquie, de l'Inde et du Qatar comme invités d'honneur de cette année vise à mettre en lumière des exemples exceptionnels d'avancées et de progrès dans divers domaines, notamment l'économie, la technologie et l'éducation.

Le sommet, a-t-il ajouté, offrira à ces nations une plateforme pour partager leurs idées et leurs meilleures pratiques avec la communauté mondiale.

« Le WGS cherche à mettre en lumière des réussites exemplaires qui servent de référence au niveau mondial. Le Qatar, la Turquie et l'Inde sont des exemples remarquables de la transformation économique qui s'est opérée récemment », a-t-il ajouté.

« Leurs progrès exceptionnels soulignent non seulement leurs réalisations individuelles, mais aussi le potentiel plus large de croissance et de développement dans diverses régions ».

La participation des trois nations, a affirmé Al-Shahran, renforce le statut du sommet en tant que principale initiative mondiale consacrée à l'examen des pratiques exemplaires et à la facilitation de l'échange de connaissances.

« Notre but est d'atteindre les principaux objectifs du sommet mondial des gouvernements, dont le plus important est de promouvoir la collaboration et l'apprentissage à l'échelle mondiale, ainsi que de favoriser un avenir plus interconnecté et plus prospère pour tous », a-t-il ajouté.

Ministres arabes

Le Sommet mondial des gouvernements 2024 accueillera plus de 100 ministres de pays arabes, dont les Premiers ministres de l'Égypte, de la Libye, de l'Irak et du Kurdistan irakien.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, et le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, Jasem Mohamed Albudaiwi, seront également présents.

Des représentants d'organisations internationales telles que l'ONU, la Banque mondiale, le FMI et l'Organisation mondiale de la santé, ainsi que des leaders technologiques du secteur privé, se pencheront sur les défis mondiaux actuels et futurs et élaboreront des solutions pour un avenir plus développé, plus prospère et plus sûr dans divers secteurs.

Ajay Banga, président du groupe de la Banque mondiale, Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, et Rafael Mariano Grossi, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, figurent parmi les principaux participants.

Les réunions ministérielles qui se tiendront en marge du sommet comprendront celles des ministres arabes des Finances, des ministres de l'Énergie, des ministres de la Justice, des ministres du Développement gouvernemental lors du Forum de l'administration gouvernementale arabe, et des ministres arabes de la Jeunesse et des Sports.

Le sommet accueillera également des dirigeants du secteur privé, notamment Sam Altman, PDG d'OpenAI, Guillaume Faury, PDG d'Airbus, Eric Schmidt, cofondateur de Schmidt Futures et ancien PDG de Google, et Yann LeCun, vice-président et responsable scientifique de l'IA chez Meta.

Les dirigeants africains bénéficieront également d'une plateforme au WGS, notamment avec une séance principale dédiée au président du Rwanda et une discussion plénière réunissant les présidents de Madagascar, des Maldives, de l'île Maurice et des Seychelles.

Un dialogue aura lieu entre les lauréats du prix Nobel Michael Levitt et Sir Richard J. Robert, qui font partie des huit lauréats du prix Nobel qui participeront au sommet.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.