La vague de réfugiés soudanais va-t-elle réveiller la «forteresse européenne»?

L'Europe commence à ressentir les répercussions du conflit au Soudan, alors que des dizaines de milliers de personnes sont déplacées (Photo, AFP).
L'Europe commence à ressentir les répercussions du conflit au Soudan, alors que des dizaines de milliers de personnes sont déplacées (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 29 février 2024

La vague de réfugiés soudanais va-t-elle réveiller la «forteresse européenne»?

  • Les décès survenus en Méditerranée montrent que la route migratoire peut facilement se transformer en cimetière pour les personnes à la recherche d'un refuge
  • L'Europe commence à ressentir les répercussions des coups d'État et des conflits qui ont secoué la ceinture sahélienne de l'Afrique l'année dernière

FREETOWN, SIERRA LEONE: Alors que le dernier conflit au Soudan entre dans son douzième mois, la situation humanitaire dans le pays reste désastreuse.

L’association des pénuries de nourriture, d'eau et de carburant, des communications et de l'électricité limitées et des prix élevés des produits de première nécessité a rendu la vie insupportable pour des millions de personnes. Les soins médicaux ont également été gravement affectés par de graves pénuries de médicaments et de fournitures vitales.

Dans ces conditions, ce n'était probablement qu'une question de temps avant que la mer Méditerranée ne se transforme d'une route migratoire en un cimetière pour les Soudanais à la recherche d'un refuge.

La nouvelle de la mort de 13 Soudanais et de la disparition de 27 autres lors du chavirement d'une petite embarcation au large des côtes tunisiennes le 8 février est le dernier chapitre tragique de cette saga en cours.

Alors que les vagues déferlantes de la Méditerranée font de nouvelles victimes, une question pressante se pose: comment l'Europe va-t-elle faire face à une nouvelle vague de demandeurs d'asile et de réfugiés?

Près de 6 000 Soudanais sont arrivés en Italie l'année dernière, la plupart d'entre eux ayant été déplacés par le conflit entre les forces armées soudanaises et les forces paramilitaires de soutien rapide (FSR) qui a éclaté en avril. Cette année, ce nombre sera probablement beaucoup plus élevé.

Des jeunes filles soudanaises ayant fui la guerre au Soudan se rassemblent à l'ombre dans un centre de transit pour réfugiés à Renk (Photo, AFP).

L'Europe commence également à ressentir les conséquences du coup d'État de l'été dernier au Niger, notamment en raison du rôle historique de ce pays en tant que voie de transit pour les migrants d'Afrique de l'Ouest qui traversent la mer Méditerranée.

Les leaders européens ont déjà exprimé leur inquiétude face à d'éventuelles nouvelles vagues de réfugiés. Au début du mois, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a déclaré à Rome que «les réfugiés soudanais ne s'arrêtent plus en Égypte, mais se dirigent vers la Libye et, de là, viennent chez nous».

Avec près de 6 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays par le conflit actuel au Soudan et 1,5 million d'autres accueillies par les pays voisins, le chef du HCR, Filippo Grandi, prévoit de nouveaux déplacements vers la Libye, la Tunisie et au-delà de la Méditerranée.

«Lorsque les réfugiés sortent et qu'ils ne reçoivent pas suffisamment d'aide, ils vont plus loin», a-t-il déclaré après s'être rendu au Soudan et en Éthiopie au début du mois.

Grandi a évoqué les conséquences potentielles de l'absence de signature rapide d'un accord de cessez-le-feu, expliquant que la guerre au Soudan est de plus en plus fragmentée, différentes factions contrôlant différentes parties du pays.

«Les milices hésitent encore moins à commettre des abus sur les civils», a-t-il signalé, indiquant que la poursuite des crimes de guerre et des violations des droits de l'homme pourrait entraîner de nouveaux déplacements de population.

Aussi sombre et inquiétant que puisse être l'avenir immédiat du Soudan, les deux factions en conflit «semblent privilégier un scénario de lutte et de discussion, où le conflit se poursuit à la fois sur le champ de bataille et à la table des négociations», a expliqué Kholood Khair, une analyste politique soudanaise, à Arab News.

Des civils soudanais armés brandissent des armes et scandent des slogans alors qu'ils circulent dans les rues de la ville de Gedaref, dans l'est du Soudan (Photo, AFP).

Selon elle, l'optimisme suscité par les récents pourparlers de Manama, à Bahreïn, a été tempéré par la prise de conscience que la réunion ne constituait qu'une première étape, qui nécessitait une plus grande persuasion de la part des médiateurs internationaux par le biais d'efforts coordonnés – et non le statu quo actuel de la concurrence sur les lieux et les stratégies de médiation.

«L'Europe a commencé à prendre conscience de la réalité», a révélé Khair. «La nomination d'un nouvel envoyé spécial au Soudan par les États-Unis, dont l'approche pourrait être différente, est également prometteuse.»

Au cours de la dernière décennie, l'UE a cherché à transférer la responsabilité de la prévention de l'immigration irrégulière à des pays comme le Soudan, en utilisant une politique qui, en apparence, vise à lutter contre les passeurs et les trafiquants.

La politique dite d'externalisation des frontières de l'Europe, qui consiste à ériger des murs juridiques, procéduraux et souvent coercitifs dans les États voisins pour empêcher les migrants de quitter l'Europe pour y entrer, est controversée depuis sa création.

Les critiques reprochent à cette politique de s'appuyer sur des approches centrées sur l'État, estimant que cet aspect ignore souvent les conflits violents, voire y contribue.

Le Soudan, avec ses frontières poreuses et sa position stratégique à proximité de la Libye et de l'Égypte, était dans le collimateur des autorités de l'UE chargées des migrations avant l'éclatement du dernier conflit.

Près de 6 000 Soudanais sont arrivés en Italie l'année dernière (Photo, AFP).

Selon les analystes, les exigences de l'UE en matière de contrôle des migrations au Soudan ont été déléguées à des milices mandataires qui ont l'habitude de provoquer elles-mêmes des déplacements massifs de population.

Quels que soient les avantages et les inconvénients des politiques d'externalisation de l'Europe, le Soudan, qui accueille déjà l'un des plus grands nombres de personnes déplacées à l'intérieur du pays, est confronté à une dangereuse descente dans la guerre.

Les Nations unies estiment qu'au moins 12 000 personnes ont été tuées dans le conflit jusqu'à présent, bien que des groupes de médecins locaux affirment que le bilan réel est bien plus élevé.

Dans ce contexte de violence et de souffrance, les analystes estiment que la politique d'externalisation des frontières de l'UE, loin d'être stratégique, est en fait à courte vue.

Selon Franck Duvall, chercheur principal sur les migrations à l'université allemande d'Osnabrück, sous le vernis de la lutte contre la traite des êtres humains se cache l'objectif de maintenir les migrants le plus loin possible des frontières de l'UE, en contournant les obligations internationales de protection des droits des réfugiés et des migrants.

EN CHIFFRES

- 6 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays par les combats au Soudan depuis avril 2023.

- Plus de 1,4 million de personnes forcées de fuir dans les États voisins au cours de cette période.

- 409 000 réfugiés hébergés au Soudan contraints de retourner dans leur pays d'origine.

Source : HCR

«La principale stratégie de l'UE consiste à contenir les réfugiés dans la région, en allouant des fonds – 160 millions d'euros depuis 2016 – pour soutenir les personnes déplacées à l'intérieur du pays et les communautés d'accueil au Soudan même», a déclaré Duvall à Arab News.

«À cette fin, l'UE a également conclu un accord avec l'Égypte pour empêcher les réfugiés soudanais de se rendre aux frontières de l'UE», a-t-il ajouté.

Duvall a indiqué que «pendant longtemps, l'UE a même collaboré avec les milices en Libye et le régime en Tunisie pour empêcher les Soudanais de chercher protection en Europe».

Anticipant un nombre croissant de réfugiés, les leaders de l'UE ont également conclu rapidement des accords controversés avec des pays européens n'appartenant pas au bloc de l'UE.

Des réfugiés soudanais ayant fui la guerre au Soudan descendent d'un camion à Renk (Photo, AFP).

Le 23 février, le Parlement albanais a approuvé un accord selon lequel des dizaines de milliers de demandeurs d'asile sauvés de la Méditerranée seraient détenus dans des centres de traitement gérés par l'Italie en Albanie.

Selon les critiques, le déplacement géographique, qui se produit au-delà du territoire européen, permet facilement à l'UE de fermer les yeux sur ces violations.

En outre, selon eux, l'accent mis sur l'endiguement non seulement entrave la libre circulation des personnes dans la région, mais détourne également les ressources des priorités de développement, en donnant la priorité à la sécurisation plutôt qu'à de véritables progrès.

Kilian Kleinschmidt, expert en migration basé en Tunisie et ancien responsable du HCR possédant une grande expérience, plaide pour un changement de paradigme. Selon lui, les nouveaux arrivants en Europe devraient être intégrés dans la population active dès le départ, sans passer par des processus bureaucratiques prolongés.

«Nous perdons beaucoup d'énergie, de temps et d'argent dans ce triage, et nous devons être beaucoup plus pragmatiques», a-t-il déclaré à Arab News.

«L'ouverture de l'espace pour la liberté de circulation ne va pas créer une vague massive, contrairement à ce que nous pensons. Elle doit être équilibrée et combinée à des investissements substantiels sur le continent africain», a-t-il précisé.

Kleinschmidt estime que la Méditerranée devrait être un symbole de responsabilité partagée et de solutions proactives plutôt qu'une tombe aquatique pour les personnes cherchant refuge en Europe.

Un rapatrié du Sud-Soudan se tient à côté d'un bateau chargé d'effets personnels de familles ayant fui la guerre au Soudan (Photo, AFP).

Selon lui, la création de zones économiques spéciales en Afrique ne vise pas seulement à résoudre les problèmes de migration, mais aussi à «favoriser la croissance économique, la stabilité et l'amélioration des conditions de vie».

Alors que l'Europe est confrontée à un déclin démographique et à un besoin continu de main-d'œuvre, de nombreux responsables et acteurs humanitaires affirment que l'adoption d'approches pragmatiques, telles que l'intégration des nouveaux arrivants dans la main-d'œuvre dès le départ, ne profitera pas seulement aux migrants, mais contribuera également à la vitalité des économies européennes.

Le conflit au Soudan souligne en quelque sorte l'urgence d'une approche globale, humaine et tournée vers l'avenir, qui dépasse les frontières et donne la priorité au bien-être et aux aspirations des personnes en quête d'une vie meilleure.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.