A Hong Kong, des adieux émus à une librairie forcée de fermer

Des gens prennent un selfie devant la librairie indépendante « Mount Zero », lors de son dernier jour d'ouverture à Hong Kong, le 31 mars 2024 (Photo, AFP).
Des gens prennent un selfie devant la librairie indépendante « Mount Zero », lors de son dernier jour d'ouverture à Hong Kong, le 31 mars 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 01 avril 2024

A Hong Kong, des adieux émus à une librairie forcée de fermer

  • Accusée d'infractions mineures, notamment d'occupation illégale d'un terrain gouvernemental pour avoir carrelé le trottoir devant sa boutique, elle était sous la menace de lourdes amendes et de peines de prison
  • La librairie Mount Zero avait annoncé qu'elle fermerait en avril

HONG-KONG: Dans un cul-de-sac ordinairement calme de Hong Kong, des centaines de personnes se sont rassemblées ce week-end pour dire adieu à une librairie indépendante, forcée à fermer après de multiples plaintes anonymes et inspections.

La librairie Mount Zero avait annoncé qu'elle fermerait en avril.

Accusée d'infractions mineures, notamment d'occupation illégale d'un terrain gouvernemental pour avoir carrelé le trottoir devant sa boutique, elle était sous la menace de lourdes amendes et de peines de prison.

Depuis une loi sur la sécurité nationale en 2020 à Hong Kong, le secteur de la culture a été confronté à la peur de la censure, et les quelques librairies qui subsistent disent être sous une pression croissante de la part des autorités.

Dimanche soir, sous l'inscription "les idées sont à l'épreuve des balles", la librairie a offert de la soupe de pois verts, des biscuits et du porc grillé à ses clients fidèles pour ses dernières heures d'existence.

"Les autorités disent souvent que Hong Kong va revenir à la normale". Mais "ces choses vont hanter nos vies", indique à l'AFP Ivan Choy, expert en sciences politiques, un participant.

Une deuxième loi sur la sécurité nationale est entrée en vigueur fin mars dans le territoire chinois semi-autonome qui pourrait, craignent les défenseurs des droits, reléguer dans la clandestinité toute expression de sentiments pro-démocratiques et étouffer les libertés culturelles et artistiques.

Le gouvernement de Hong Kong affirme que la nouvelle loi sur la sécurité nationale ne restreindra pas la liberté d'expression.

Fondée il y a près de six ans, la librairie Mount Zero a été témoin d'évènements historiques à Hong Kong : des grandes manifestations en faveur de la démocratie en 2019 et 2020 à la répression politique qui s'en est suivie de la part de Pékin.

Les clients de cette librairie progressiste déplorent qu'elle semble avoir été victime de vents politiques contraires.

"Ces librairies sont des lieux de rencontre pour les amoureux des livres, il est dommage de les perdre", remarque Leo, un étudiant en informatique ne souhaitant pas donner son nom de famille, avec à la main un livre de poésie qu'il vient d'acheter.

«Esprit inébranlable»

La boutique sur deux étages accueillait souvent des événements culturels, comme des discussions sur des livres et des concerts à l'extérieur, ce qui lui a permis de former une communauté dévouée.

Pour Margaret Ng, avocate et précédemment engagée en politique, cette boutique était un point de rendez-vous pour des lecteurs qui partageaient les mêmes centres d'intérêt.

"On pouvait voir à Mount Zero les aspirations des jeunes à s'exprimer en littérature et à créer leur propre communauté".

Mais en décembre, plusieurs librairies indépendantes de Hong Kong ont rapporté une recrudescence des inspections des autorités, parfois à la suite de plaintes anonymes, sur la sécurité incendie et le code du travail notamment.

En annonçant sa fermeture l'année dernière, Mount Zero a indiqué espérer que la personne anonyme à l'origine de nombreuses plaintes contre elle, "puisse faire une pause" pour lui épargner les visites de contrôle incessantes des différents départements de la ville.

"Le temps ainsi gagné pourrait être utilisé pour s'asseoir et lire un livre correctement", suggérait la librairie.

L'AFP n'est pas en mesure de vérifier de manière indépendante la nature des plaintes.

"Si le gouvernement veut que plus de gens restent à Hong Kong, il doit se demander s'il y a encore des endroits dans cette ville où nous pouvons rester", relève Ivan Choy.

A la tombée de la nuit, les lumières de Mount Zero se sont éteintes mais les amoureux des livres affirment que l'impact de la librairie sur leur petite communauté ne sera pas oublié.

"Ce qui compte vraiment dans le cas de Mount Zero, ce n'est pas une librairie en particulier", relève Margaret Ng. "C'est l'esprit, et cet esprit est inébranlable".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".