Le visa de résidence premium de l'Arabie saoudite ouvre le marché aux expatriés et aux investisseurs

L'option du visa de résidence premium en Arabie saoudite obligera également les promoteurs à élargir leurs portefeuilles en y incluant davantage de projets résidentiels haut de gamme, et transformera ainsi le paysage urbain des principales villes du Royaume, notamment Riyad, Djeddah et Dammam (Shutterstock).
L'option du visa de résidence premium en Arabie saoudite obligera également les promoteurs à élargir leurs portefeuilles en y incluant davantage de projets résidentiels haut de gamme, et transformera ainsi le paysage urbain des principales villes du Royaume, notamment Riyad, Djeddah et Dammam (Shutterstock).
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Publié le Dimanche 07 avril 2024

Le visa de résidence premium de l'Arabie saoudite ouvre le marché aux expatriés et aux investisseurs

  • L'initiative constitue un changement décisif dans la stratégie du Royaume en matière de propriété immobilière pour les non-Saoudiens selon Knight Frank
  • Selon le cabinet de conseil basé au Royaume-Uni, l'option de visa de résidence premium de l'Arabie saoudite obligera également les promoteurs à élargir leurs portefeuilles en incluant davantage de projets résidentiels haut de gamme

RIYAD : Les nouveaux ajouts aux options de visa de résidence premium par le gouvernement saoudien cette année pourraient ouvrir le marché du Royaume aux expatriés et investisseurs fortunés, selon une étude.

Selon le rapport publié par le cabinet de conseil immobilier Knight Frank, cette initiative constitue un changement radical dans la politique du Royaume en matière de résidence et d'accès à la propriété pour les non Saoudiens et devrait avoir des implications substantielles sur la dynamique de la demande de propriétés résidentielles.

L'option de résidence avec visa premium, lancée en 2019, vise à permettre aux étrangers éligibles, de vivre dans le Royaume et de bénéficier d'avantages tels que l'exemption du paiement des frais d'expatriation et de dépendance, des voyages internationaux sans visa, et le droit de posséder des biens immobiliers et de gérer une entreprise sans avoir besoin d'un sponsor.

Afin d'attirer davantage de talents étrangers et de diversifier son économie, le Royaume a ajouté cinq nouveaux produits à son programme de résidence premium en janvier 2024.

L'ajout le plus notable est le privilège de posséder des biens immobiliers résidentiels d'une valeur minimale de 4 millions de riyals saoudiens (1,07 million de dollars) dans le Royaume.

« Le seuil de 4 millions de riyals saoudiens est fixé pour garantir que les investissements soient significatifs, ce qui conduira probablement à un afflux de transactions de grande valeur sur le marché de l'immobilier. Cela pourrait potentiellement augmenter la demande de propriétés résidentielles haut de gamme, et en ferait grimper la valeur », a déclaré Knight Frank dans le rapport.

Selon le cabinet de conseil basé au Royaume-Uni, l'option de visa de résidence premium de l'Arabie saoudite obligera également les promoteurs à élargir leurs portefeuilles en incluant davantage de projets résidentiels haut de gamme, transformant ainsi le paysage urbain des principales villes du Royaume, notamment Riyad, Djeddah et Dammam.

« L'introduction de ce nouveau régime de visa implique toutefois une ouverture stratégique du marché aux investisseurs internationaux et aux expatriés fortunés à la recherche d'options de résidence à long terme », a déclaré Talal Raqqaban, associé, évaluation, PPP et conseil en transactions chez Knight Frank.

- La demande de résidences de luxe stimule la croissance-

Selon le cabinet de conseil, la demande de résidences haut de gamme en Arabie saoudite stimule la croissance du secteur immobilier dans le Royaume.

Le rapport révèle que l'Arabie saoudite est le théâtre d'investissements importants dans ces offres résidentielles, et ajoute qu’elle est l'un des nouveaux marchés les plus intéressants au monde.

«L'introduction de ce nouveau régime de visa implique une ouverture stratégique du marché aux investisseurs internationaux et aux expatriés fortunés à la recherche d'options de résidence à long terme.»  Talal Raqqaban associé, évaluation, PPP et conseil en transactions chez Knight Frank
«L'introduction de ce nouveau régime de visa implique une ouverture stratégique du marché aux investisseurs internationaux et aux expatriés fortunés à la recherche d'options de résidence à long terme.»
Talal Raqqaban associé, évaluation, PPP et conseil en transactions chez Knight Frank

Knight Frank a déclaré que le nombre croissant de personnes fortunées en Arabie saoudite devrait contribuer à stimuler la demande de résidences de luxe.

Le nombre de HNWI dans le Royaume est passé de 122 784 à 134 539 entre 2022 et 2023, ajoute le rapport.

« La nature unique et exclusive des résidences de marque ne fait qu'ajouter à leur attrait. De plus, l'assurance d'un service et d'un entretien de qualité par les marques associées rend ces investissements particulièrement attrayants et garantit pratiquement l'appréciation de la valeur de l'actif », a indiqué Mohamad Itani, associé, ventes résidentielles et projets de marketing chez Knight Frank.

Le rapport ajoute que la demande internationale pour les résidences de luxe dans le Royaume s’est récemment envolée avec l'introduction des nouveaux visas de résidence premium liés à la propriété.

« Avec un seuil minimum de 4 millions de riyals saoudiens pour être éligible, la demande de résidences dans le Royaume devrait augmenter en conséquence, tout en sachant que la propriété doit être détenue en pleine propriété, sans aucune dette, pour recevoir la résidence premium », a déclaré Knight Frank.

NEOM est le projet d'envergure préféré des expatriés saoudiens

Le cabinet de conseil en immobilier a révélé que le mégaprojet saoudien NEOM, d'une valeur de 500 milliards de dollars, est la destination résidentielle préférée des expatriés, 29 % des participants à l'enquête souhaitant acquérir une maison dans cette ville durable.

Ce projet est suivi de près par Jeddah Central (15 %) et King Salman Park (8 %), ajoute le rapport.

Parmi les personnes intéressées par NEOM, 42 % le sont par The Line, tandis que 19 % des participants souhaitent avoir une maison sur l'île de Sindalah.

« Les giga-projets saoudiens représentent certaines des constructions les plus ambitieuses jamais entreprises et il est logique que ces nouveaux développements de la taille d'une ville continuent d’attirer les acheteurs potentiels », a déclaré Faisal Durrani, partenaire, responsable de la recherche pour Knight Frank dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.

Il a ajouté : « NEOM a toujours été le lieu de prédilection des Saoudiens qui envisagent d'acheter une maison dans le cadre des projets Giga du Royaume et il semble que les expatriés aient également été séduits par les offres ultra-futuristes prévues dans cette super-ville de la taille de la Belgique et de 500 milliards de dollars ».

Quelque 82 % des 241 expatriés qui ont participé à l'enquête se sont dits prêts à dépenser moins de 3,75 millions de riyals saoudiens pour devenir propriétaires d'une maison à NEOM.

« Quelque 32 % déclarent qu'ils chercheront à dépenser moins de 750 000 riyals saoudiens, ce qui pourrait poser des problèmes aux promoteurs, Knight Frank s'attendant à ce que la majeure partie du stock dans les giga-projets soit vendue à un prix supérieur à 1 million de dollars », a ajouté le rapport.

L'assurance d'un service et d'un entretien de qualité par les marques associées rend les investissements particulièrement attrayants et garantit l'appréciation de la valeur des actifs. Mohamad Itani partenaire, ventes résidentielles et projets de marketing chez Knight Frank
L'assurance d'un service et d'un entretien de qualité par les marques associées rend les investissements particulièrement attrayants et garantit l'appréciation de la valeur des actifs.
Mohamad Itani partenaire, ventes résidentielles et projets de marketing chez Knight Frank
 

Parmi les personnes intéressées par NEOM, 42 % le sont par The Line, tandis que 19 % des participants souhaitent avoir une maison sur l'île de Sindalah.

« Les giga-projets saoudiens représentent certaines des constructions les plus ambitieuses jamais entreprises et il est logique que ces nouveaux développements de la taille d'une ville continuent d’attirer les acheteurs potentiels », a déclaré Faisal Durrani, partenaire, responsable de la recherche pour Knight Frank dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.

Il a ajouté : « NEOM a toujours été le lieu de prédilection des Saoudiens qui envisagent d'acheter une maison dans le cadre des projets Giga du Royaume et il semble que les expatriés aient également été séduits par les offres ultra-futuristes prévues dans cette super-ville de la taille de la Belgique et de 500 milliards de dollars ».

Quelque 82 % des 241 expatriés qui ont participé à l'enquête se sont dits prêts à dépenser moins de 3,75 millions de riyals saoudiens pour devenir propriétaires d'une maison à NEOM.

« Quelque 32 % déclarent qu'ils chercheront à dépenser moins de 750 000 riyals saoudiens, ce qui pourrait poser des problèmes aux promoteurs, Knight Frank s'attendant à ce que la majeure partie du stock dans les giga-projets soit vendue à un prix supérieur à 1 million de dollars », a ajouté le rapport.

EN BREF

- L'option de résidence du visa premium, lancée en 2019, vise à permettre aux étrangers éligibles de vivre dans le Royaume et de bénéficier d'avantages tels que l'exonération du paiement des frais d'expatriation et de dépendance.

- Selon le cabinet de conseil, la demande de résidences de luxe en Arabie saoudite stimule la croissance du secteur de l'immobilier dans le Royaume.

Sur une note positive, 41 % des participants ont révélé qu'ils étaient toujours intéressés par une acquisition dans le giga-projet et qu'ils étaient également prêts à reconsidérer leur budget.

Dans l'ensemble, le budget moyen d'un expatrié pour une maison dans un giga-projet s'élève à 2,7 millions de riyals saoudiens, soit près de 58,8 % de plus qu'ailleurs dans le Royaume.

Selon le rapport, les expatriés âgés de moins de 35 ans sont ceux qui ont le plus de revenus, avec des budgets moyens de 4,3 millions de riyals saoudiens, soit près de deux fois plus que les personnes âgées de 45 à 55 ans, dont les budgets s'élèvent à 1,5 million de riyals saoudiens.

« Les expatriés à hauts revenus sont désireux d'accéder à la propriété dans les giga-projets du Royaume et le fait qu’ils soient prêts à dépenser plus pour les maisons des giga-projets est une bonne nouvelle pour les promoteurs, mais la clé sera d'offrir des caractéristiques et des services communautaires spécifiques qui vont au-delà. Les espaces ouverts et la vue sur un parc, par exemple, figurent en tête de liste des souhaits des expatriés », a précisé Itani.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.