Malak Mattar vise à sensibiliser Gaza avec l’exposition de Venise

Malak Mattar espère faire la lumière sur les atrocités qui se déroulent dans sa ville natale de Gaza sur la scène internationale. (Fournie)
Malak Mattar espère faire la lumière sur les atrocités qui se déroulent dans sa ville natale de Gaza sur la scène internationale. (Fournie)
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Publié le Mercredi 17 avril 2024

Malak Mattar vise à sensibiliser Gaza avec l’exposition de Venise

  • L’artiste palestinienne espère que son exposition à Venise, coïncidant avec la biennale, sensibilisera davantage aux horreurs perpétrées à Gaza
  • Elle est consciente que ses œuvres pourraient susciter la controverse. C’est généralement le cas à la Biennale, qui est réputée pour aborder les questions sociopolitiques et dont le thème cette année est « Les étrangers partout ». 

DUBAÏ : Dans le monde de l’art cette semaine, tous les regards seront tournés vers Venise. La ville italienne inaugurera la 60e édition de sa biennale éponyme, sans doute l’événement artistique le plus prestigieux au monde, le 20 avril. Parallèlement à la biennale, une exposition intime du peintre palestinien Malak Mattar sera inaugurée, qui espère faire la lumière sur les atrocités qui se déroulent dans sa ville natale de Gaza sur la scène internationale. 

Les parents de Mattar et deux frères et sœurs plus jeunes ont récemment été évacués en toute sécurité de Gaza vers l’Égypte. « Un fardeau a été levé, mais j’y ai encore des membres de ma famille », explique-t-elle à Arab News depuis Alexandrie, où elle a été réunie avec sa famille. « Les six derniers mois ont été un cauchemar, pour être honnête. La situation dure depuis si longtemps parce que les gens sont devenus engourdis et désensibilisés. » 

Ce ne sera pas la première fois que Mattar, 24 ans, expose son travail en Italie, mais son exposition à la galerie Ferruzzi de Venise lors de l’ouverture de la biennale est une étape importante de sa carrière, qui va de force en force.  
 

"Prématurément volé",  “Prematurely Stolen,” 2023. (Anthony Dawton)
“Prematurely Stolen,” 2023. (Anthony Dawton)

« C’est peut-être l’exposition la plus importante que j’aie jamais faite de ma vie », dit-elle. Tout a commencé par une rencontre fortuite lors de sa précédente exposition à Londres. 

Dyala Nusseibeh, directrice d’Abu Dhabi Art et figure éminente de la scène artistique régionale, était présente et a ensuite proposé au jeune artiste de monter une exposition à Venise. « Je lui ai dit : « Bien sûr, faisons-le. » J’étais si heureuse », se souvient-elle. « Je suis reconnaissante à Dyala d’avoir rendu cela possible en peu de temps. » 

Son exposition, qui se déroule jusqu’au 14 juin, s’intitule « The Horse Fell off the Poem ». Il présente une peinture à grande échelle et sept dessins au fusain plus petits, montrant des images poignantes de victimes. Le titre de l’émission est basé sur l’une des œuvres du poète et écrivain de résistance palestinien Mahmoud Darwish.

"Route de la mort", "Death Road"
  "Route de la mort " "Death Road"2023. (Anthony Dawton)

« (Darwish) fait partie de notre identité individuelle et collective, dit Mattar. Nous avons grandi avec ses poèmes, sa voix et son histoire. Il était si proche de nous, comme un membre de la famille. Je me souviens encore de son décès (en 2008) et c’était vraiment difficile. Ses poèmes sont intemporels et vous pouvez toujours vous y identifier, surtout maintenant. » 

Auparavant appelée « Last Breath », la peinture à grande échelle a été rebaptisée « No Words ». L’image en noir et blanc représente des scènes infernales et troublantes de perte, de chaos, de détérioration et de mort. Mattar ne se retient pas.  

« Le cheval a un symbolisme et une place dans l’époque actuelle de la guerre », a déclaré Mattar à Arab News. « Son rôle n’est plus de transporter des fruits et des légumes, mais d’être une ambulance. Il y a une force et une dureté pour un cheval, et c’est ainsi que je vois Gaza; je ne vois pas cela comme un point faible. Dans ma mémoire, je pense que c’est un endroit qui aime la vie. Il se remet toujours sur pied après chaque guerre. » 

« Je vois des oiseaux » ,"I see birds" 2024  (Anthony Dawton)
 « Je vois des oiseaux », " I see birds" 2024  (Anthony Dawton)

Elle est consciente que ses œuvres pourraient susciter la controverse. C’est généralement le cas à la Biennale, qui est réputée pour aborder les questions sociopolitiques et dont le thème cette année est « Les étrangers partout ». 

« Toute réaction est bonne, qu’elle soit négative ou positive, dit M. Mattar. Si le travail ne suscite aucune réaction, alors le travail n’est pas efficace. » 

Mattar pense que ses œuvres sont exposées à un moment où la liberté d’expression sur la Palestine est limitée, ce qui a également affecté le monde de l’art. Au cours des derniers mois, une exposition universitaire américaine d’œuvres de l’artiste palestinienne vétéran Samia Halaby a été annulée, la maison de vente aux enchères Christie’s a retiré quelques peintures du peintre libanais Ayman Baalbaki d’une vente (l’une d’elles représentait un homme dans un keffiyeh rouge et blanc), et il y a eu des appels du grand public pour annuler le pavillon national israélien à la Biennale de Venise. 

« Le monde de l’art est si noir et blanc, dit Mattar. Il n’y a pas de liberté d’expression. Il y a toujours des contraintes. Il est donc important que « No Words » soit présenté (au même endroit et en même temps) à la Biennale. Le génocide se poursuit. Ce n’est pas fini. (Ces œuvres) ne sont pas le reflet d’une époque qui s’est déjà produite - cela se passe en ce moment. Le meilleur moment pour le leur montrer est maintenant. » 

 

 

 

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".