L’artiste saoudien embrasse le non conventionnel avec des œuvres anti-aesthétiques

Le travail d’Asrar Al-Qarni présenté à la galerie d’art Zawaya à Djeddah. (Instagram/ies0)
Le travail d’Asrar Al-Qarni présenté à la galerie d’art Zawaya à Djeddah. (Instagram/ies0)
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Publié le Jeudi 18 avril 2024

L’artiste saoudien embrasse le non conventionnel avec des œuvres anti-aesthétiques

  • Cette approche non conventionnelle de l’art peut être considérée comme une rébellion romantique contre les contraintes de la société, ainsi que comme une célébration de l’individualité et de la liberté d’expression.
  • En mettant en évidence la discorde et la dissonance dans ses peintures, Al-Qarni, artiste autodidacte, crée une expérience unique et stimulante pour ceux qui rencontrent son travail.

RIYADH : Dans un monde obsédé par la beauté et la perfection esthétique, l’artiste saoudien Asrar Al-Qarni produit avec audace un art anti-aesthétique et troublant.

À travers son travail, la jeune femme de 33 ans défie les notions traditionnelles de beauté et conteste la conformité. Elle oblige les spectateurs à confronter des vérités inconfortables et à explorer des aspects plus sombres de la société.

Cette approche non conventionnelle de l’art peut être considérée comme une rébellion romantique contre les contraintes de la société, ainsi que comme une célébration de l’individualité et de la liberté d’expression.

Al-Qarni a déclaré à Arab News que l’art anti-aesthétique encourage les gens à regarder au-delà de la surface et à trouver la beauté dans l’inattendu et le non conventionnel. Il cherche à perturber le statu quo et à provoquer une réflexion et une discussion sur la nature même de l’art : « Au lieu d’être visuellement attrayant et réconfortant, l’anti-aesthétisme privilégie l’évocation d’émotions et d’expressions dérangeantes au sein de l’œuvre », a déclaré l’artiste.

Cela peut conduire à ce que les œuvres anti-aesthétiques soient étiquetées laides, choquantes ou anti-art par ceux qui préfèrent les œuvres plus esthétiques.

En mettant en évidence la discorde et la dissonance dans ses peintures, Al-Qarni, artiste autodidacte, crée une expérience unique et stimulante pour ceux qui rencontrent son travail. « L’intégration d’éléments de chaos, de laideur et d’inconfort oblige les spectateurs à confronter leurs idées préconçues sur ce que l’art devrait être », a-t-elle ajouté.

Al-Qarni s’est intéressé à l’art anti-aesthétique en raison de son expression humaine brute et de sa beauté cachée par des imperfections.

Elle utilise des couleurs audacieuses et des formes abstraites pour créer des pièces qui défient les idées préconçues des spectateurs et provoquent une forte réaction émotionnelle.

« J’utilise divers matériaux pour mon art, notamment des techniques mixtes, de la peinture à l’huile, de la peinture acrylique et de l’aquarelle. Mon choix de matériaux dépend de la technique ou de l’effet spécifique que je veux obtenir dans mon œuvre », a déclaré Al-Qarni.

En se libérant des contraintes de la beauté conventionnelle, l’artiste repousse les limites et inspire les autres à sortir des sentiers battus.

Al-Qarni a déclaré qu’elle cultivait son style grâce à une pratique dévouée. Enfant, elle a commencé à copier et à dessiner des dessins animés de ses émissions de télévision préférées. « En vieillissant, j’ai commencé à peindre des portraits réalistes, en essayant de capturer le monde qui m’entoure, mais j’ai vite réalisé que le réalisme ne me permettait pas d’exprimer mes émotions assez profondément », a-t-elle ajouté.

L’artiste saoudienne a finalement eu recours à une méthode plus libre, lui permettant de suivre son instinct et de laisser ses coups de pinceau la guider : « Lorsque je tiens le pinceau contre la toile, cela devient un moyen de calmer le bruit de la vie et de me connecter à mon moi intérieur, offrant une source de détente et de tranquillité. »

L’artiste entretient un espace polyvalent où elle peint, servant à la fois d’atelier et d’espace personnel confortable.

« C’est là que je dors, que je lis et que je passe le plus clair de mon temps. Me réveiller entouré du désordre créatif de mon art me procure un sentiment de passion et d’inspiration pour continuer mon parcours artistique chaque jour. »

Il y a dix ans, Al-Qarni a décidé de poursuivre l’art professionnellement, et elle n’a pas regardé en arrière depuis. Son travail a été présenté dans des galeries et des expositions à travers l’Arabie saoudite, ce qui lui a valu la reconnaissance et la reconnaissance de la critique et du public.

La première exposition d’Al-Qarni a eu lieu en 2016 à Djeddah avec Behance, le plus grand réseau mondial de présentation et de découverte du travail créatif.

« Face à l’auditoire, j’ai reçu à la fois des compliments et des critiques. « L’expérience a été utile et encourageante, m’inspirant à créer davantage et à améliorer mon art », a-t-elle déclaré.

Elle a participé à plusieurs expositions d’art, telles que le Misk Art Institute en 2019, qui offre une plate-forme aux créatifs pour influencer les discussions actuelles.

Al-Qarni a également présenté son travail à la Grey Art Gallery à Alkhobar, et à la Zawaya Art Gallery et à la Sensation Art Gallery à Djeddah.

L’artiste donne à chaque peinture un titre qui reflète l’émotion globale ou l’histoire derrière l’œuvre. Le titre peut être inspiré d’un roman, d’une chanson ou d’une expérience personnelle liée à la peinture.

« La façon dont quelqu’un perçoit et ressent une peinture peut varier selon la personne qui la regarde », a-t-elle ajouté. « Nous apportons tous nos propres pensées et expériences, ce qui ajoute à la richesse et au sens de toute œuvre d’artiste. »

Pour les artistes en herbe qui pourraient être intimidés de partager leurs œuvres et leurs émotions les plus intimes avec un public, Al-Qarni prêche que le monde a besoin d’art.

« Saisissez la possibilité de vous épanouir et de tisser des liens avec d’autres artistes grâce à vos commentaires et à vos expériences, et rappelez-vous que chaque artiste commence quelque part, et partager votre travail est une étape vers l’atteinte de vos objectifs. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".