Nigeria: à Lagos, une 2e vague de coronavirus plus "contagieuse" et "plus mortelle"

Une femme en prière lors d'un service religieux nocturne à l'Église anglicane de la Rédemption, au sud-ouest du Nigéria, le 1er janvier 2021. Le gouvernement nigérian avait déconseillé les services religieux dans le cadre du protocole contre les rassemblements pour contrôler la propagation du coronavirus. (Pius Utomi Ekpei / AFP)
Une femme en prière lors d'un service religieux nocturne à l'Église anglicane de la Rédemption, au sud-ouest du Nigéria, le 1er janvier 2021. Le gouvernement nigérian avait déconseillé les services religieux dans le cadre du protocole contre les rassemblements pour contrôler la propagation du coronavirus. (Pius Utomi Ekpei / AFP)
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Publié le Vendredi 08 janvier 2021

Nigeria: à Lagos, une 2e vague de coronavirus plus "contagieuse" et "plus mortelle"

  • Lagos, la capitale économique du Nigeria, fait face à une deuxième vague "plus contagieuse" et "plus mortelle" que la précédente
  • Avec la meilleure des volontés, il serait impossible de respecter les mesures de distanciation sociale dans les transports et les quartiers surpeuplés de cette ville

LAGOS : Le coronavirus progresse rapidement à Lagos, capitale économique du Nigeria, qui fait face à une deuxième vague "plus contagieuse" et "plus mortelle" que la précédente, alors que les structures hospitalières commencent à être débordées et qu'une large partie de ses habitants ignore les recommandations sanitaires.

La journée, sur les plages bondées de la ville la plus peuplée d'Afrique, des milliers de fêtards et familles se retrouvent à l'occasion des fêtes de fin d'année, sans masque ou respect des mesures barrières.

Le soir, dans les discothèques, qui n'ont pas le droit d'ouvrir, les tubes d'Afrobeat continuent de faire danser la jeunesse, peu soucieuse d'un couvre-feu imposé, et qu'un simple billet glissé aux barrages de police permet aisément de contourner.

Le week-end, des mariages rassemblant des centaines d'invités, limités à cinquante par les autorités, se déroulent à la vue de tous, parfois sous la protection des forces de l'ordre payées pour l'occasion...

Et quand bien même, avec la meilleure des volontés, il serait impossible de respecter les mesures de distanciation sociale dans les transports et les quartiers surpeuplés de cette ville tentaculaire de 20 millions d'habitants, où l'immense majorité vit au jour le jour pour assurer sa survie.

A Lagos, après des mois de restrictions et un confinement extrêmement strict mis en place aux premiers mois de l'épidémie, et qui a fait plonger le pays dans la récession, beaucoup vivent désormais comme si le coronavirus n'existait pas.

Certains, parce qu'ils n'y croient pas. D'autres, parce que le virus les effraie peu au regard de l'extrême pauvreté à laquelle ils font déjà face.

"Symtômes plus sévères"

"Si je me sens mal, j'irai juste faire un test pour le paludisme, pas pour le Covid-19, ça ne nous tue pas", affirme Ali, un chauffeur de taxi de 27 ans.

Et pourtant, les contaminations progressent, et vite.

"Nous sommes bien entrés dans la deuxième vague de la pandémie. Hier, Lagos a enregistré de manière effrayante son plus grand nombre d'infections en une journée", a affirmé mardi le gouverneur de Lagos, Babajide Sanwo-Olu.

"Cette deuxième vague s'accompagne de symptômes plus sévères, et d'un nombre plus important de cas positifs détectés", selon lui.

Depuis le début de la pandémie, la ville a enregistré 33.329 cas (dont 250 morts) de coronavirus sur les 94.369 cas (dont 1.324 morts) comptabilisés au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique.

Si le nombre d'infections rapportées reste bas, ces données sont sous-évaluées: le nombre de tests est largement inférieur à ceux en Europe, ou même en Afrique du Sud, qui comptabilise plus d'un million de cas positifs. En outre, au Nigeria, moins de 10% des décès sont en temps normal rapportés aux autorités.

"Tsunami"

Or, les personnels de santé tirent la sonnette d'alarme.

A l'hôpital Paelon Memorial, dans le quartier d'affaires de Victoria Island, "ce n'est plus une deuxième vague, mais un tsunami", affirme sa directrice Ngozi Onyia.

"Mes téléphones ne cessent de sonner, une foule de patients positifs se pressent chez nous, je dois prendre des décisions difficiles", dit elle. "Qui accepter dans notre centre, qui mettre sous l'un de nos quatre ventilateurs, ce sont des décisions éthiques que je n'avais jamais prises en 38 ans", poursuit la docteure.

Même son de cloche du côté de l'hôpital public. "La résurgence du Covid-19 ravage notre terre et fait de nombreuses victimes", avertit le directeur de l'hôpital universitaire de Lagos (Luth), le professeur Chris Bode.

"Contrairement à la première vague, celle-ci est bien plus contagieuse et meurtrière", ajoute le directeur, qui appelle au respect des mesures prises par les autorités.

Il impute aussi l’accélération des contaminations à un nouveau variant présumé du coronavirus découvert mi-décembre.

Le professeur Christian Happi, à l'origine du séquençage de ce variant, appelle toutefois à la prudence. Les résultats de son étude seront connus à la fin du mois, et il est impossible pour l'heure de dire si ce variant est plus transmissible et dangereux.

Au même moment, les autorités haussent le ton, agitant le chiffon rouge d'un nouveau confinement.

"Nous ne voulons pas décréter un nouveau confinement. Vous devez porter vos masques et éviter les endroits bondés", enjoint le gouverneur de Lagos.

Pour l'heure, "le meilleur remède reste les messages de prévention", selon Yap Boum, le représentant pour l'Afrique d'Epicentre, la branche recherche de Médecins sans frontières.

Car les hôpitaux restent sous équipés, notamment en oxygène. Quant aux vaccins, le gouvernement a annoncé espérer recevoir 100.000 doses d'ici la fin du mois, et pouvoir vacciner en 2021 40% de la population.

Mais les défis pour acheminer, stocker et vacciner une population de 200 millions d'habitants sont immenses.

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.