A Monaco, luxe et verdure émergent de l'immense chantier Mareterra

Des mesures strictes ont été prises pour limiter l'impact sur l'environnement, avec par exemple le déplacement de 500 m2 d'herbiers de posidonie, cette plante qui sert de nurserie aux poissons, le traitement au fur et à mesure des sédiments pollués ou les aménagements des caissons pour que la vie marine puisse se les approprier. (AFP).
Des mesures strictes ont été prises pour limiter l'impact sur l'environnement, avec par exemple le déplacement de 500 m2 d'herbiers de posidonie, cette plante qui sert de nurserie aux poissons, le traitement au fur et à mesure des sédiments pollués ou les aménagements des caissons pour que la vie marine puisse se les approprier. (AFP).
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Publié le Vendredi 24 mai 2024

A Monaco, luxe et verdure émergent de l'immense chantier Mareterra

  • L'inauguration de ce projet de plus de deux milliards d'euros est prévue en fin d'année, avec plusieurs mois d'avance sur le programme, et si quelque 2.800 personnes s'activent encore chaque jour sur le chantier
  • Monaco, richissime principauté sur la Côte d'Azur, avait déjà gagné 40 hectares sur la mer depuis les années 1950 mais ce projet lancé en 2015 n'a pas d'équivalent, même au Moyen-Orient

MONACO: C'est d'abord une énorme opération immobilière à destination d'une poignée d'ultra-riches, doublée d'une prouesse technique considérable, mais le chantier Mareterra, qui a permis à Monaco de grignoter six hectares sur la mer Méditerranée, va aussi faire émerger un quartier singulièrement vert et élégant.

L'inauguration de ce projet de plus de deux milliards d'euros est prévue en fin d'année, avec plusieurs mois d'avance sur le programme, et si quelque 2.800 personnes s'activent encore chaque jour sur le chantier, l'heure est désormais aux finitions.

Monaco, richissime principauté sur la Côte d'Azur, avait déjà gagné 40 hectares sur la mer depuis les années 1950 mais ce projet lancé en 2015 n'a pas d'équivalent, même au Moyen-Orient, compte tenu de la profondeur de la structure, qui descend jusqu'à 50 mètres et des contraintes sismiques ou environnementales.

L'ouvrage s'appuie sur 18 énormes caissons de béton délimitant une nouvelle ligne de côte. L'espace mis au sec à l'intérieur a été comblé avec du sable et consolidé par plus d'un millier de larges pieux de 45 mètres de haut, décrit la société Anse du Portier, promotrice du projet.

Des mesures strictes ont été prises pour limiter l'impact sur l'environnement, avec par exemple le déplacement de 500 m2 d'herbiers de posidonie, cette plante qui sert de nurserie aux poissons, le traitement au fur et à mesure des sédiments pollués ou les aménagements des caissons pour que la vie marine puisse se les approprier.

Le gouvernement monégasque assure avoir mené "un suivi particulièrement exigent", avec des plongeurs et des analyses régulières, pendant le chantier. L'Aspona, une association écologiste française voisine qui s'était inquiétée au début des travaux, dit aujourd'hui n'avoir constaté "aucune dégradation majeure" mais regrette "manquer d'informations fiables".

"Alors que la montée du niveau des mers va soulever la question ailleurs, on a été un vrai laboratoire", se réjouit Guy-Thomas Levy-Soussan, administrateur délégué de l'Anse du Portier. "On a montré que c'était possible de bien faire. Oui ça coûte, oui on a pris le temps, mais on a fait des efforts".

La société, qui réunit essentiellement une dizaine de familles avec des noms puissants à Monaco comme Pastor, Brianti ou Casiraghi, a pu mettre les moyens en misant sur le luxe et l'espace alors que les 39.000 habitants de la principauté sont à l'étroit sur 2 km2 escarpés entre mer et montagne.

« Gros succès commercial »

Dans un ensemble confié au cabinet Valode et Pistre Architectes, en partenariat avec, entre autres, l'architecte italien Renzo Piano, le nouveau quartier comprend cinq immeubles - pour un total de 120 appartements spacieux voire immenses - et dix villas d'exception.

Tout a été vendu: une source gouvernementale évoquait l'an dernier des prix allant jusqu'à 120.000 euros le m2, un montant que M. Levy-Soussan qualifie d'"optimiste" tout en reconnaissant "un gros succès commercial".

Au passage, le gouvernement monégasque a récupéré 576 millions d'euros de TVA entre 2020 et 2023, ainsi que des ouvrages publics fournis par les promoteurs comme une extension de 6.000 m2 de surface d'exposition pour le Grimaldi Forum, le palais des congrès voisin, ou un nouveau parking sous-terrain.

Et le nouveau quartier essentiellement piéton pourrait devenir une vraie attraction pour le public alors que la pression immobilière avait poussé ces dernières décennies à l'érection désordonnée de hautes tours pas toujours gracieuses.

Riverains et touristes pourront déambuler entre une petite colline arborée -- un millier d'arbres issus d'une pépinière toscane sont en cours de transplantation -- aux murs de pierre sèche et une large promenade en bord de mer, sur la crête des caissons de béton.

L'intérieur de l'un d'eux reste accessible: passée l'impression d'entrer dans un sarcophage, le visiteur pourra profiter d'une vue plongeante sur l'eau, où le soleil propose des jeux de lumière saisissants et où la vie marine commence à s'installer.

En guise de touches finales, les promoteurs ont ajouté une salle de méditation décorée par des artisans vietnamiens et exposeront à l'entrée du quartier un mobile d'Alexandre Calder, acheté par la Princesse Grace et récemment restauré.

"Elle illustre la recherche d'équilibre entre l'homme, l'urbanisme et la mer", explique M. Levy-Soussan.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".