Les parties yéménites reprennent les discussions sur l'échange de prisonniers à Mascate

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Publié le Lundi 01 juillet 2024

Les parties yéménites reprennent les discussions sur l'échange de prisonniers à Mascate

  • Plus de 800 détenus ont été libérés en avril 2023 à l'issue de négociations entre le gouvernement yéménite et les Houthis.

AL-MUKALLA : Le gouvernement internationalement reconnu du Yémen et la milice Houthi ont repris les négociations sur l'échange de prisonniers dans la capitale omanaise dimanche, suscitant l'espoir d'un nouvel accord qui pourrait libérer des centaines de prisonniers de guerre.

Sous l'égide de l'envoyé de l'ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, et du Comité international de la Croix-Rouge, cinq délégués du gouvernement yéménite et le même nombre de délégués houthis se sont réunis dimanche à Mascate pour la première session de négociations en vue de parvenir à un nouvel accord d'échange de prisonniers, tandis que les organisations de défense des droits de l'homme demandaient instamment qu'il soit mis fin aux souffrances des prisonniers de guerre.

Majed Fadhail, porte-parole de la délégation gouvernementale, a déclaré à Arab News que le gouvernement yéménite cherchait à parvenir à un accord qui conduirait à la libération de toutes les personnes enlevées et détenues par les Houthis, y compris l'éminent homme politique Mohammed Qahtan.

"Notre principale exigence est la libération inconditionnelle de tous les prisonniers et de toutes les personnes enlevées", a déclaré M. Fadhail.

Abdulkader Al-Murtada, chef du comité national des Houthis pour les affaires des prisonniers, a déclaré à son arrivée à Mascate samedi qu'il espérait que ce cycle de négociations serait fructueux et conduirait à un nouvel accord.

"Que Dieu nous aide à résoudre cette question humanitaire", a-t-il déclaré dans un message publié sur X.

Plus de 800 détenus ont été libérés en avril 2023 à l'issue de négociations entre le gouvernement yéménite et les Houthis. Une autre série de discussions fructueuses entre les deux parties a abouti à la libération de 1 000 détenus en octobre 2020.

Le gouvernement yéménite a précédemment déclaré qu'il boycotterait les discussions avec les Houthis s'ils ne libéraient pas Mohammed Qahtan ou n'autorisaient pas sa famille à le contacter ou à lui rendre visite.

De leur côté, les Houthis ont accusé le gouvernement yéménite d'empêcher la réalisation des conditions convenues lors d'un précédent cycle de discussions sur l'échange de prisonniers, qui prévoyait des visites dans les prisons de l'autre partie.

Parallèlement, l'organisation de défense des droits de l'homme SAM, basée à Genève, et l'association Mothers of Abductees, qui représente des milliers de femmes proches de prisonniers de guerre, ont lancé un appel commun au gouvernement yéménite et aux Houthis à Mascate pour qu'ils parviennent à un accord afin de libérer tous les prisonniers et de les réunir avec leurs familles. Ils ont également appelé les médiateurs internationaux à faire pression sur les deux parties pour qu'elles libèrent les prisonniers.

"La souffrance des captifs, des personnes enlevées et de leurs familles doit être une priorité. C'est plus qu'un problème politique, c'est un problème humanitaire qui affecte la vie et la dignité des gens", ont déclaré les deux groupes de défense des droits de l'homme.

La guerre au Yémen a commencé il y a une dizaine d'années lorsque les Houthis se sont emparés de la capitale du Yémen, Sanaa, et ont fini par assigner à résidence l'ancien président du Yémen, Abed Rabbo Mansour Hadi.

La Coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen est intervenue militairement au Yémen en mars 2015, faisant pencher la balance du pouvoir en faveur du gouvernement yéménite et permettant à ses troupes de stopper les avancées des Houthis tout en prenant le contrôle de plus de 70 % du territoire yéménite.

Les Houthis dominent toujours les zones très peuplées du Yémen, notamment Sanaa et Ibb.

La reprise des pourparlers sur l'échange de prisonniers dimanche est intervenue alors que deux membres des forces gouvernementales yéménites ont été tués et sept autres blessés lors d'une attaque des Houthis dans la province de Hodeidah, à l'ouest du pays.

Un officier militaire local a déclaré à Arab News que les Houthis avaient attaqué les troupes des Brigades des Géants du gouvernement dans le district de Hodeidah dimanche matin, tuant deux soldats et en blessant sept, dans la dernière série d'escalade militaire des Houthis à travers le pays.

L'officier a parlé sous couvert d'anonymat car il n'était pas autorisé à parler aux médias.

L'attaque des Houthis à Hodeidah s'est produite moins d'une journée après que l'armée yéménite a déclaré avoir tué quatre Houthis, dont un commandant de campagne, en repoussant une attaque des Houthis dans la province méridionale de Taiz.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.