Frankly Speaking: La situation sanitaire à Gaza est-elle insoutenable ?

Lors de son passage à l'émission d'actualité d'Arab News "Frankly Speaking", le responsable saoudien de l'OMS a décrit la réalité à laquelle sont confrontés les Palestiniens et les travailleurs humanitaires. (Photo AN)
Lors de son passage à l'émission d'actualité d'Arab News "Frankly Speaking", le responsable saoudien de l'OMS a décrit la réalité à laquelle sont confrontés les Palestiniens et les travailleurs humanitaires. (Photo AN)
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Publié le Lundi 08 juillet 2024

Frankly Speaking: La situation sanitaire à Gaza est-elle insoutenable ?

  • Le Dr Hanan Bakhy, directeur régional de l'OMS pour la Méditerranée orientale, a décrit la réalité à laquelle sont confrontés les professionnels de la santé.
  • Un médecin saoudien évoque la situation désastreuse en Syrie et au Liban, le manque de financement et la fuite des spécialistes médicaux Nouvelles arabes

DUBAI : La dévastation du système de santé de Gaza ainsi que l'ampleur et la complexité du traumatisme subi par le peuple palestinien sont difficiles à appréhender pour les travailleurs humanitaires, a déclaré le Dr Hanan Balkhy, directeur régional de l'Organisation mondiale de la santé pour la Méditerranée orientale.

Lors de son passage à l'émission d'actualité Arab News "Frankly Speaking", la responsable saoudienne de l'OMS a décrit la réalité à laquelle sont confrontés les Palestiniens et les travailleurs humanitaires qui opèrent sous les bombardements israéliens dans l'enclave assiégée.

"Il m'est difficile d'interagir avec ces histoires dévastatrices et de les écouter, sans parler des photos et des vidéos que nous voyons tous les jours à la télévision", a déclaré M. Balkhy.

"J'étais au poste frontière de Rafah, du côté égyptien. J'ai pu rendre visite aux patients accueillis dans les hôpitaux d'Al-Arish... Les histoires que j'ai entendues et les types de traumatismes que j'ai vus sont très significatifs".

Mme Balkhy, qui a pris ses fonctions de directrice régionale en février dernier et qui est la première femme à occuper ce poste, a déclaré avoir vu "des enfants et des femmes mutilés" et "de jeunes adultes ayant perdu leurs membres".

Elle a déclaré : "La dévastation que nous subissons est telle que nous ne pouvons plus nous en passer : "La dévastation à laquelle nous assistons, l'ampleur et la complexité des traumatismes sont autant d'éléments qu'il nous faudra appréhender et trouver des moyens très créatifs de travailler avec nos partenaires, les États membres qui nous soutiennent avec beaucoup de gratitude. Mais rien de tout cela n'est suffisant.

Depuis le début de la guerre à Gaza, le 7 octobre dernier, à la suite de l'attaque menée par le Hamas contre le sud d'Israël, l'enclave palestinienne située sur la côte méditerranéenne a subi d'intenses bombardements israéliens et une féroce offensive terrestre, qui a entraîné le déplacement d'une grande partie de la population.

Les bombardements, l'effondrement des infrastructures civiles, notamment des services d'assainissement, et les pénuries chroniques de nourriture, d'eau potable et de médicaments ont mis le système de santé de Gaza à genoux.

Seuls 33 % des 36 hôpitaux de Gaza et 30 % des centres de soins de santé primaires fonctionnent d'une manière ou d'une autre. Interrogé sur la question de savoir si la situation sanitaire à Gaza est irrémédiable, M. Balkhy a déclaré que l'OMS continuerait à faire de son mieux pour aider les patients et les blessés.

"La situation à Gaza a été assez dévastatrice pour nous tous, en particulier pour les partenaires qui travaillent sur le terrain", a-t-elle déclaré à Katie Jensen, animatrice de l'émission "Frankly Speaking". "Mais l'OMS continue de travailler avec ses partenaires et avec tous ceux qui sont sur le terrain en ce moment pour fournir du carburant, des fournitures médicales et d'autres formes d'aide.

Mme Balkhy a notamment souligné le rôle important joué par l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient.

Un Palestinien marche le long d'une route devant des bâtiments endommagés lors du bombardement militaire israélien de la ville de Gaza, le 7 juillet, dans le cadre du conflit qui oppose Israël et le Hamas dans le territoire palestinien. (AFP)

L'agence a été soumise à une forte pression financière au début de l'année après que les principaux donateurs occidentaux ont suspendu leur financement en réponse aux allégations israéliennes selon lesquelles 12 membres du personnel de l'UNRWA avaient participé à l'attaque du 7 octobre.

Balkhy a déclaré que l'UNRWA "est très important car nous travaillons avec eux pour essayer de maintenir ce qui reste du système de soins de santé primaires et de restaurer ce qui a été considérablement endommagé, mais aussi pour travailler ensemble avec les partenaires afin d'évacuer les patients nécessaires".

Malgré les difficultés rencontrées par la communauté humanitaire, M. Balkhy a déclaré : "Nous restons, nous servons, et nous sommes là pour vous aider : "Nous restons, nous servons et nous continuons à faire de notre mieux pour servir les patients et les blessés à Gaza".

La crise sanitaire à Gaza est aggravée par les pénuries chroniques de nourriture qui parviennent aux civils par le nombre limité de points de passage frontaliers en provenance d'Israël et d'Égypte par le point de passage de Rafah.

Depuis le début du conflit, Israël a limité le flux d'aide autorisé à entrer dans le territoire, affirmant qu'il était réquisitionné par le Hamas. En raison de ces retards à la frontière, une grande partie de la population est confrontée à une faim catastrophique et à des conditions proches de la famine.

Pour ne rien arranger, M. Balkhy a déclaré que des camions remplis de denrées alimentaires fournies par des agences d'aide et des pays donateurs et dont on avait besoin de toute urgence pourrissaient en attendant l'autorisation d'entrer dans la bande de Gaza.

"La situation est catastrophique si l'on regarde les chiffres", a déclaré M. Balkhy. "Ainsi, 96 % de la population de Gaza est régulièrement confrontée à une insécurité alimentaire aiguë, et plus de la moitié de cette population n'a rien à manger chez elle, tandis que 20 % restent des jours et des nuits entiers sans manger.

"J'ai visité le point de passage de Rafah et les hôpitaux d'Al-Arish, sur le sol égyptien, et j'ai vu des dizaines ou des centaines de camions faire la queue pour tenter de traverser et d'apporter l'aide nécessaire, y compris de la nourriture.

"Aujourd'hui, face aux mois d'été, cela va être encore plus difficile. Nous disposons déjà d'informations selon lesquelles l'attente extrême à la frontière et les retards (permettent) à la nourriture et à une partie de l'aide sensible de pourrir ou de se détériorer, ce qui est vraiment très difficile à gérer pour nous.

"La situation est donc désastreuse, la catastrophe alimentaire est importante. À cela s'ajoute, bien sûr, le fait que nous ne sommes pas en mesure de fournir autant d'aide sanitaire que nous le souhaiterions".

Les efforts visant à obtenir un cessez-le-feu ont été contrariés à plusieurs reprises au cours des derniers mois, d'abord par le veto des États-Unis au Conseil de sécurité des Nations unies, puis par la réticence des parties belligérantes à parvenir à un compromis.

Bien que le Conseil de sécurité des Nations unies ait depuis adopté une résolution appelant Israël et le Hamas à accepter un cessez-le-feu, associée au plan de paix de l'administration Biden, une pause dans les combats permettant un échange de prisonniers et l'acheminement d'une aide plus importante s'est avérée difficile à obtenir.

Interrogé sur l'impact d'un cessez-le-feu sur la crise sanitaire à Gaza, M. Balkhy a déclaré qu'il permettrait à l'OMS et à d'autres organismes d'aide de se déplacer librement dans l'enclave afin d'atteindre les personnes les plus démunies et de remettre en état les infrastructures détruites.

"Nous nous félicitons de la résolution du Conseil de sécurité. La paix est le seul moyen pour nous d'aller de l'avant et d'aider la population de Gaza", a-t-elle déclaré.

L'impact significatif qui a eu lieu sur les structures de santé, sur le personnel de santé, la complexité des traumatismes qui ont lieu, exige que nous soyons capables de nous déplacer librement dans Gaza, d'accéder aux zones très difficiles, même dans le nord, le centre et le sud, pour que les gens puissent rentrer chez eux, pour qu'ils puissent avoir accès aux soins de santé, et pas seulement pour les traumatismes".

"N'oubliez pas qu'il y a des gens qui souffrent de maladies chroniques. Les gens n'ont pas accès à leurs médicaments contre l'hypertension, par exemple, ni à leur traitement par dialyse, ni à leur traitement contre le cancer. Toutes ces choses ... ont été compromises dans une très large mesure.

"L'avantage d'un cessez-le-feu aujourd'hui et d'un accord de paix permanent nous permettra de retourner construire avec tous les partenaires sur le terrain et avec le personnel de Gaza lui-même.

Le droit international humanitaire interdit les attaques contre le personnel et les infrastructures médicales. Pourtant, de l'Ukraine à la Syrie et plus récemment au Soudan, ces infrastructures ont été endommagées et détruites par les parties belligérantes, ce qui a donné lieu à des accusations de crimes de guerre.

Interrogé sur le fait de savoir si la destruction des infrastructures médicales à Gaza constituait un crime de guerre, M. Balkhy a déclaré que le niveau de protection requis par le droit international ne semblait pas avoir été atteint.

"Les établissements et le personnel de santé sont protégés par le droit international humanitaire. Malheureusement, cela n'a pas été le cas jusqu'à présent", a-t-elle déclaré.

"Lorsque nous parlons du nombre de personnes qui ont été blessées et tuées au cours des derniers mois, et qu'un grand nombre d'entre elles sont des femmes et des enfants, cette question se pose avec acuité.

Depuis le début de la guerre à Gaza, les autorités israéliennes affirment régulièrement que le Hamas utilise un réseau de tunnels, de centres de commandement et de caches d'armes dissimulés sous les hôpitaux, utilisant ainsi les patients et le personnel médical comme boucliers humains.

À la question de savoir si le personnel de l'OMS avait vu des preuves permettant d'étayer ou d'infirmer les affirmations israéliennes, M. Balkhy a répondu : "Je n'ai eu connaissance d'aucun élément prouvant que les hôpitaux ont été utilisés pour de telles raisons.

"Bien entendu, nous ne sommes pas l'entité qui a le rôle ou le mandat d'enquêter sur ce point. Par conséquent, les preuves, même si elles existaient, ne nous parviennent pas et nous n'avons rien vu qui corrobore ces affirmations".

L'une des principales préoccupations des gouvernements de la région et de la communauté internationale dans son ensemble est le risque que la guerre à Gaza ne dégénère en un conflit plus large, entraînant les voisins vulnérables, l'Iran et ses mandataires régionaux, et même les États-Unis.

Le Liban est particulièrement vulnérable, avec des mois de tirs transfrontaliers entre Israël et la milice du Hezbollah, soutenue par l'Iran, qui menacent de dégénérer en une véritable guerre. M. Balkhy a déclaré qu'une escalade serait "catastrophique" pour le Liban.

"Nous espérons et prions pour que cette escalade n'ait pas lieu, car les systèmes de santé au Liban et dans de nombreux pays limitrophes des territoires palestiniens occupés sont déjà débordés par ce qui se passe", a-t-elle déclaré.

"Quoi qu'il en soit, aucun d'entre nous ne souhaite une nouvelle guerre, une nouvelle destruction. Ce n'est vraiment pas ce qu'un être humain voudrait voir. Nous espérons donc que la diplomatie jouera son rôle, que la région se calmera et que cette escalade n'aura pas lieu.

"Si c'est le cas, je peux vous dire que ce sera extrêmement catastrophique pour les systèmes de santé fragiles.

En effet, depuis que le Liban a plongé dans une grave crise économique fin 2019, les travailleurs médicaux ont quitté le pays en masse à la recherche de meilleures opportunités.

De même, en Syrie, après plus d'une décennie de guerre civile, de sanctions et d'isolement, aggravés par les deux tremblements de terre catastrophiques de février 2023, le personnel médical a abandonné le pays.

Interrogé sur ce qui pourrait être fait pour convaincre les travailleurs médicaux de rester et de servir leurs compatriotes, M. Balkhy a déclaré qu'il s'agissait d'une question d'économie, de sécurité et de dignité.

"Il est très important de comprendre que chaque individu, et cela vient de mon point de vue personnel, cherche à vivre une vie digne et saine", a-t-elle déclaré.

"Par conséquent, si vous avez été formé en tant que prestataire de soins de santé et que vous n'êtes pas en mesure d'exercer la médecine que vous avez apprise, c'est très difficile.

"Il ne s'agit pas de convaincre. C'est une question d'économie. Il s'agit du mode de vie. Il s'agit de la sécurité et de la sûreté pour qu'ils puissent sentir qu'ils peuvent pratiquer et faire ce qu'ils veulent en matière de soins de santé.

"Et cela n'est pas garanti pour le moment en raison du manque d'équipement, du manque de médicaments et du manque d'opportunités de progresser dans leur carrière de prestataires de soins de santé.

Elle a ajouté : "Je suis originaire de la région et je sais donc très bien qu'ils n'aimeraient rien de plus que de rester dans leur pays. Ils n'aimeraient rien de plus que de servir leur propre peuple.

"Et cela s'applique d'ailleurs à plusieurs autres pays de la région. Au Liban, c'est la même chose. Et en Palestine, c'est la même chose. Les gens ne veulent pas quitter leur pays et leurs terres, mais la situation dans laquelle ils se trouvent les pousse à chercher une vie meilleure ailleurs."


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.