14 juillet: la France réaffirme son attachement au partenariat stratégique avec l'Arabie Saoudite

Patrick Maisonnave, ambassadeur de France en Arabie saoudite (Photo Fournie)
Patrick Maisonnave, ambassadeur de France en Arabie saoudite (Photo Fournie)
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Publié le Mercredi 16 juillet 2025

14 juillet: la France réaffirme son attachement au partenariat stratégique avec l'Arabie Saoudite

  • En poste à Riyad depuis un an, l'ambassadeur décrit la relation entre la France et l'Arabie saoudite comme particulièrement dynamique.
  • "La dynamique est très positive. Cette première année nous a permis de formaliser notre partenariat stratégique, comme en témoigne la visite d'État historique du président français en décembre dernier"

RIYAD: Chaque 14 juillet, jour de la Bastille, la France commémore les valeurs fondatrices de sa République : la liberté, l'égalité et la fraternité. Elle célèbre aussi les liens durables qui l’unissent à ses partenaires mondiaux.
Cette fête nationale, qui trouve son origine dans la prise de la Bastille en 1789 — tournant de la Révolution française et de la fin de la monarchie absolue — a été célébrée pour la première fois en 1790, lors de la Fête de la Fédération, et officiellement déclarée fête nationale en 1880. Elle reste un symbole d’unité, de démocratie et d’ouverture.

C’est dans cet esprit que nous avons rencontré Patrick Maisonnave, ambassadeur de France en Arabie saoudite, pour réfléchir à l’état des relations bilatérales entre Paris et Riyad.
Au cœur de la discussion : le partenariat stratégique croissant entre les deux pays, le développement de la coopération économique, la présence accrue des entreprises françaises dans le Royaume, les échanges culturels et touristiques, ainsi que le rôle que joue la France dans la promotion de la stabilité régionale.

Une relation bilatérale stratégique et dynamique

En poste à Riyad depuis un an, l’ambassadeur décrit la relation entre la France et l’Arabie saoudite comme particulièrement dynamique.
« La dynamique est très positive. Cette première année nous a permis de formaliser notre partenariat stratégique, comme en témoigne la visite d'État historique du président français en décembre dernier », a-t-il souligné.

« Sous l’impulsion de nos deux dirigeants, nous avons œuvré à l’approfondissement de notre coopération dans tous les domaines couverts par le partenariat : la coopération politique, comme en témoigne notre coordination sur les questions régionales, ainsi que dans les domaines de l’économie, de la culture et de la défense », a-t-il ajouté.

Il a insisté sur le haut niveau de confiance mutuelle :
« Je suis heureux que la France soit reconnue comme un partenaire stratégique de confiance du Royaume, et réciproquement. La fréquence des rencontres entre le prince héritier et le président français témoigne de la solidité de notre relation bilatérale », a-t-il déclaré.

Coopération économique : un partenariat en pleine expansion

La France est aujourd’hui le deuxième investisseur étranger en Arabie saoudite, avec des projets majeurs dans les domaines de l’énergie, des infrastructures, des transports et de la santé. L’ambassadeur a souligné l’importance de la récente visite d’État présidentielle :
« Cette visite reflète la maturité de notre relation bilatérale, mais surtout notre ambition commune d’aller plus loin dans des domaines clés tels que l’économie, la défense, l’innovation, la transition énergétique, la culture et les échanges entre les peuples », a-t-il déclaré.

Dans le secteur de l’énergie, de grandes entreprises françaises sont impliquées.
« On ne le dit pas assez : la France est le deuxième investisseur étranger en Arabie saoudite, notamment dans des secteurs stratégiques comme les énergies renouvelables, les transports et la santé », a-t-il souligné.

« Les projets incluent le partenariat de TotalEnergies avec Saudi Aramco pour l’exploitation de la raffinerie SATORP et le développement du complexe pétrochimique Amiral. Engie détient près de 9 milliards de dollars d’actifs dans les secteurs de l’énergie et de l’eau, tandis qu’EDF gère un portefeuille de projets d’une valeur de plus de 8 milliards de dollars, comprenant notamment le développement d’une infrastructure multi-services pour AMAALA, ainsi que les centrales à cycle combiné Taiba-2 et Qassim-2, qui fourniront ensemble une capacité de plus de 4 gigawatts. »

Dans le secteur des transports, les entreprises françaises contribuent au métro de Riyad et au tramway expérimental d’AlUla. Airbus a reçu plus de 300 commandes d’avions de la part de Saudia, Flynas, Riyadh Air et AviLease.

Parmi les autres acteurs majeurs figurent Veolia, Accor, Bouygues, Alstom, Thales et JCDecaux, tous impliqués dans le développement urbain et les infrastructures.
« Je me réjouis des technologies que nous apportons à l’appui de la Vision 2030 », a déclaré l’ambassadeur.

Aujourd’hui, plus de 200 entreprises françaises sont présentes dans le Royaume et emploient environ 13 000 personnes. Le Conseil d’affaires franco-saoudien, qui compte plus de 300 membres, reflète cette dynamique :
« Il compte désormais 75 % d’entreprises saoudiennes francophiles et 25 % d’entreprises françaises opérant en Arabie saoudite, soit un quasi-quadruplement du nombre de ses membres », a-t-il expliqué.

Par ailleurs, 34 entreprises françaises ont établi leur siège régional en Arabie saoudite en juin 2025. L’ambassadeur a également salué l’ouverture du bureau du Fonds d’investissement public (FIP) à Paris :
« C’est un signal fort de l’intention du Royaume d’approfondir ses investissements en France et en Europe, en particulier dans les secteurs d’avenir », a-t-il souligné.

Discours de l'ambassadeur de France en Arabie saoudite à l'occasion du 14 juillet

Chers amis de la France,

Ce jour de fête nationale pour les Français, est aussi, en Arabie saoudite, un moment tout particulier : un moment pour célébrer l’amitié sincère, profonde, singulière, entre nos deux nations.

En cette occasion solennelle, je prie votre Altesse royale de transmettre, au nom du Président de la République, un salut respectueux à Sa Majesté le Roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, Gardien des deux Saintes Mosquées, et à Son Altesse Royale le Prince héritier, Mohammed ben Salmane, dont la vision et l’engagement façonnent l’avenir de ce grand Royaume. J’adresse également le salut fraternel de la France à toutes les autorités et à la nation saoudiennes.

Cette amitié, je la ressens à chaque instant de ma mission ici. Elle s’exprime dans les gestes simples, la chaleur de l’accueil, la générosité des échanges et la qualité des conversations. Elle dit la confiance, la bienveillance et le respect profond qui unissent nos deux peuples.

L’année passée a été marquée par un moment fort : la visite d’État du Président Emmanuel Macron, en décembre. Une visite qui a encore renforcé nos liens. Une visite qui a rappelé combien la relation entre la France et l’Arabie Saoudite est confiante, exigeante et tournée vers l’avenir.

Car, si nos coopérations économiques sont multiples et fructueuses, pour la France, l’Arabie n’est pas seulement une terre d’opportunités. Elle est un partenaire de pensée, de vision, de transformation. Elle est un acteur majeur dans un monde en mutation dont nous partageons la responsabilité.

Mais il y a aussi quelque chose de plus intime, de plus précieux encore. À chaque rencontre, je suis touchée par l’amour que vous témoignez à mon pays. Cet attachement dépasse les mots. Il est fait de souvenirs, de sensations, d’émotions.

Vous êtes nombreux à avoir des souvenirs d’enfance en France, des vacances dans nos montagnes ou dans nos campagnes, des moments heureux dans les rues de Paris, à la terrasse d’un café ou sur les routes lumineuses du Sud. Vous connaissez nos artisans, notre gastronomie, nos créateurs, notre patrimoine. Vous parlez de nos paysages avec tendresse.

Chaque Saoudien que je rencontre porte en lui un morceau de France. Une maison à Paris, un été à Cannes, une étincelle d’enfance à Disneyland ou dans un village de Provence, et toujours le souvenir simple de moments heureux. Et cela, je dois le dire, nous touche profondément. Car cela signifie que notre relation est humaine, vivante, habitée. Elle n’est pas une abstraction diplomatique, encore moins un contrat commercial. Elle est une histoire partagée.

Ce lien-là, si unique, si ancré, nous engage. Il nous oblige à être à la hauteur de ce que nous représentons l’un pour l’autre. Il nous rappelle que la France et l’Arabie Saoudite ne se regardent pas à distance. Elles dialoguent, elles avancent, elles construisent. Ensemble.

Face aux défis et aux fracas du monde, face aux incessantes tragédies du Moyen Orient, qui nous révoltent et nous bouleversent, nous portons une voix commune. Celle de la paix, de la stabilité, de la dignité. Car nous croyons ensemble qu’il n’y a pas de fatalité. Que la paix est un devoir. Que l’avenir se construit par le dialogue, la compréhension mutuelle et la volonté partagée d’un monde plus juste.

C’est dans cet esprit que la France et l’Arabie Saoudite se sont engagées pour faire sortir le Liban de l’impasse, pour éviter que la Syrie ne sombre, pour œuvrer à la reconnaissance d’un État palestinien. Car il ne saurait y avoir de paix durable sans justice, ni de stabilité dans la région sans un espoir concret pour le peuple palestinien. Nous assumons ainsi notre responsabilité pour porter une voix forte en faveur d’une solution politique, respectueuse du droit international, qui redonne sa place au dialogue et à la dignité humaine.

Je veux aussi m’adresser à la jeunesse saoudienne, à cette génération pleine de vitalité, de créativité et d’audace. Elle incarne l’avenir de ce Royaume qui avance, transforme, innove. Je la rencontre souvent, et je suis toujours frappée par son intelligence, sa curiosité, son envie d’échanger, de bâtir, de rêver grand sans jamais perdre le lien avec ses racines. C’est avec cette jeunesse que nous voulons construire les ponts de demain. Des ponts d’idées, de projets, de passions partagées.

 

Cette expertise est notamment mise à profit pour le développement d’AlUla, avec le soutien d’AFALULA en matière d’archéologie, de durabilité, d’hospitalité et de formation au tourisme.
« Nous sommes également engagés dans d’autres régions du Royaume, dans la construction de musées, les infrastructures sportives, la gestion d’hôtels et d’événements, ainsi que dans la formation », a-t-il noté.

L’ambassadeur a visité plusieurs projets majeurs, notamment Diriyah, Qiddiya, King Salman Park, le futur aéroport international de Riyad et l’Expo 2030.
« Ces projets passionnants vont transformer l’image du Royaume. Je suis fier chaque fois que l’expertise française est sollicitée », a-t-il déclaré.

La reprise de la ligne directe Paris–Riyad par Air France renforce encore les liens bilatéraux.
« Les Saoudiens aiment la France, et de plus en plus de Français découvrent l’Arabie saoudite et repartent émerveillés par tout ce qu’elle offre : lieux saints, merveilles archéologiques, plages, divertissements, et bien sûr une ligue de football de classe mondiale ! »

Coopération culturelle : patrimoine et créativité en dialogue

« Plus d’une quinzaine de missions archéologiques françaises sont actuellement actives en Arabie saoudite », précise l’ambassadeur.
Depuis 2018, la France soutient le développement d’AlUla, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, à travers AFALULA.
Cette coopération implique également des institutions prestigieuses: « Le Centre Pompidou, le Grand Palais, l’Institut national du patrimoine, la Bibliothèque nationale de France... », a-t-il énuméré.

« Nous soutenons également de belles initiatives comme la création du premier ballet national saoudien et la formation d’étudiants saoudiens dans les domaines de la mode et de la gastronomie. »

Deux projets importants sont à venir :
« Le 2 octobre, nous inaugurerons la Villa Hegra à AlUla, une résidence qui accueillera des artistes saoudiens et français. Et en janvier, dans le cadre de la Biennale d’art contemporain de Diriyah, nous ouvrirons une "Factory" franco-saoudienne dédiée à la danse et aux arts immersifs », annonce-t-il.

Un outil essentiel a également été mis en place : « Suite à la visite du Président, nous avons ouvert un Institut français en Arabie saoudite pour structurer et intensifier tous ces domaines de coopération », a-t-il conclu.

Stabilité régionale : une vision diplomatique engagée

« La France reste fidèle à ses convictions : seules des solutions politiques durables peuvent apporter la stabilité dont cette région a besoin », a affirmé l’ambassadeur.

Et d’ajouter :
« L’histoire du Proche-Orient montre que les armes n’ont jamais conduit à des solutions politiques durables. Les victoires militaires et une paix durable sont deux objectifs très différents. »

Concernant le conflit israélo-palestinien, il est sans équivoque :
« Il n’y aura pas de véritable stabilité sans la mise en œuvre d’une solution à deux États qui réponde aux aspirations légitimes des Palestiniens et aux besoins d’Israël en matière de sécurité. »

Il a fermement condamné les violences récentes :
« Les horreurs du 7 octobre, les massacres à Gaza et les actes criminels des colons extrémistes dans les territoires occupés sont autant d’insultes au droit international, à la conscience des nations et à notre humanisme commun. »

Et d’avertir : « Je suis profondément préoccupé par des politiques à court terme qui ne conduiront qu’à davantage de souffrances atroces, à des effusions de sang qui appellent malheureusement davantage de sang. »

La France agit :« La France et l’Arabie saoudite coprésideront bientôt une conférence à l’Assemblée générale des Nations unies pour faire avancer la solution des deux États, avec tous les pays invités. Cette conférence comprendra des mesures à la fois ambitieuses et concrètes », a-t-il annoncé.

Au-delà de la Palestine, l’ambassadeur a constaté une coordination croissante entre Paris et Riyad sur d’autres crises régionales :
« Notre coopération se traduit également dans les dossiers du Liban, du nucléaire iranien et de la Syrie », a-t-il ajouté.

Il a conclu avec conviction :
« Le renforcement de notre relation politique est notre atout le plus précieux. Je suis convaincu que le Royaume et a France peuvent jouer ensemble un rôle constructif unique pour l’ensemble de la région. »


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.