La France reconnaît «l'Etat de Palestine», «pour la paix» avec Israël, dit Macron à l'ONU

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Publié le Lundi 22 septembre 2025

La France reconnaît «l'Etat de Palestine», «pour la paix» avec Israël, dit Macron à l'ONU

  • "Le temps est venu de libérer les (...) otages détenus par le Hamas. Le temps est venu d'arrêter la guerre, les bombardements à Gaza, les massacres et les populations en fuite"
  • Il a demandé "à Israël de ne plus rien faire qui entrave" l'"aboutissement" des négociations en ce sens

NATIONS-UNIES: "La France reconnaît aujourd'hui l'Etat de Palestine", "pour la paix entre le peuple israélien et le peuple palestinien", a déclaré lundi solennellement Emmanuel Macron à la tribune des Nations unies.

"Le temps est venu", a estimé le président français dans un discours très attendu à New York lors d'une conférence sur la "solution à deux Etats", affirmant être ainsi "fidèle à l'engagement historique" de la France "au Proche-Orient".

 

Le discours d'Emmanuel Macron

 

Nous sommes là car le temps est venu. Le temps est venu de libérer les 48 otages détenus par  le Hamas. Le temps est venu d’arrêter la guerre, les bombardements à Gaza, les massacres et  les populations en fuite. Le temps est venu car l’urgence est partout. Le temps de la paix est  venu, car nous sommes à quelques instants de ne plus pouvoir la saisir. C’est pour cela que nous  nous retrouvons aujourd’hui ici. Certains diront trop tard, d’autres diront trop tôt. Une chose  est sûre nous ne pouvons plus attendre.  

En 1947, cette Assemblée décidait du partage de la Palestine mandataire entre deux Etats, l’un  juif et l’autre arabe, et reconnaissait ainsi le droit de chacun à l’autodétermination. La  communauté internationale consacrait là l’Etat d’Israël, accomplissant le destin de ce peuple,  enfin, après des millénaires d’errance et de persécution, et qui put fonder là une si belle  démocratie. La promesse d’un Etat arabe, elle, reste, jusqu’à ce jour, inachevée. 

Depuis lors, c’est un long chemin d’espérance et de désespoir mêlés qu’Israéliens et  Palestiniens ont parcouru chacun à leur manière. Et nous, nous avons cheminé avec eux, chacun  d’entre nous selon son histoire et sa sensibilité. Mais la vérité est que nous portons la  responsabilité collective d’avoir failli jusqu’ici à bâtir une paix juste et durable au Proche 

Orient.  

C’est l’évidence même qui s’est imposée à nous le 7 octobre 2023, lorsque le peuple israélien  a subi la pire attaque terroriste de son histoire. 1224 hommes, femmes et enfants tués. 4834  hommes, femmes et enfants blessés. 251 hommes, femmes et enfants enlevés. 

La barbarie du Hamas et de ceux qui ont collaboré à ce massacre a stupéfait Israël et le monde.  Le 7 octobre est une blessure encore vive pour l’âme israélienne comme pour la conscience  universelle. Nous la condamnons sans aucune nuance car rien, jamais, nulle part, ne peut  justifier de recourir au terrorisme. Nous pensons en ce jour, aux victimes et à leurs familles.  Nous disons notre compassion aux Israéliens et exigeons avant toute autre chose que tous les  otages encore détenus à Gaza soient libérés sans aucune condition. Nous Français avons rendu  un hommage national à nos 51 compatriotes assassinés ce jour-là, et à toutes les victimes du 7  octobre 2023. Nous ne les oublierons pas. Jamais. Comme jamais nous ne cesserons le combat  existentiel contre l’antisémitisme.  

Français, nous savons la morsure du terrorisme. Nous portons au cœur le souvenir du  témoignage de fraternité offert après les attentats commis à Paris le 7 janvier 2015, par des  dizaines de dirigeants étrangers manifestant avec eux, au premier rang desquels le premier  ministre israélien et le président de l’Autorité palestinienne.  

Nous savons qu’aucune faiblesse n’est possible face aux terroristes.  

Nous savons aussi le danger des guerres sans fin. Nous savons que le droit toujours doit l’emporter sur la force. Nous savons enfin de notre Histoire que l’attachement à l’universel et  à la paix est l’héritage des siècles passés comme la condition du salut. J’affirme cela au nom de  notre amitié avec Israël, à qui notre engagement n’a jamais fait défaut. Au nom de notre amitié aussi avec le peuple palestinien pour qui nous voulons que la promesse initiale des Nations  unies, celle de deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité devienne réalité.  

Or à cette heure, Israël étend encore ses opérations militaires à Gaza dans l’objectif déclaré de  détruire le Hamas. Mais ce sont les vies de centaines de milliers de personnes déplacées,  blessées, affamées, traumatisées qui continuent d’être détruites. Alors même que le Hamas a  été considérablement affaibli et que la négociation d’un cessez-le-feu durable reste le moyen le  plus sûr d’obtenir la libération des otages.  

Rien, rien ne justifie plus la poursuite de la guerre à Gaza. Rien. Tout commande au contraire  d’y mettre un terme définitif maintenant, à défaut de l’avoir fait plus tôt. Pour sauver des vies.  Les vies des otages israéliens encore détenus dans des conditions atroces. Les vies des centaines  de milliers de civils palestiniens accablés par la faim, la souffrance, la peur de mourir, le deuil  de leurs proches. Sauver toutes les vies. Car depuis désormais près de deux ans, c’est bien la  négation de l’humanité de l’autre et le sacrifice de la vie humaine qui prévalent. Oui, depuis le  7 octobre, c’est bien la vie de l’autre qui est niée.  

Nous le disons depuis le premier jour de la guerre à Gaza : une vie vaut une vie. Je le sais pour  avoir pris dans mes bras les familles des otages rencontrées à Tel Aviv puis à Paris. Je pense à  cet instant à la mère d’Eyatar David, otage affamé et montré à la foule par ses bourreaux. Je  pense à Nimrod Cohen, otage de dix-neuf ans, dont je viens de saluer le père. Je le sais pour  être aussi allé au chevet des victimes palestiniennes des opérations militaires israéliennes, 

réfugiées à Al-Arish, des femmes, des enfants, dont je n’oublierai pas le regard. Je le sais, pour  avoir rencontré des jeunes de Gaza accueillis en France et je pense à Rita Baroud qui aurait dû  être avec nous aujourd’hui et qui continue de témoigner de la détresse de ses proches à Gaza. 

Une vie vaut une vie. Et notre devoir à tous est de protéger les uns et les autres, devoir indivisible, comme l’est notre humanité commune.  

Une solution existe pour briser le cycle de la guerre et de la destruction. C’est la reconnaissance  de l’autre, de sa légitimité, de son humanité et de sa dignité. Que les uns et les autres rouvrent  les yeux et voient des visages humains là où la guerre a placé le masque de l’ennemi ou les  traits d’une cible. C’est la reconnaissance qu’Israéliens et Palestiniens vivent dans une solitude  jumelle, solitude des Israéliens après le cauchemar historique du 7 octobre 2023, solitude des  Palestiniens à bout de force dans cette guerre sans fin.  

Le temps est venu. Car le pire peut advenir, qu’il s’agisse du sacrifice de tant d’autres civils, de  l’expulsion de la population de Gaza vers l’Egypte, de l’annexion de la Cisjordanie, de la mort des otages détenus par le Hamas, ou des faits accomplis qui changent de manière irréversible  la situation sur le terrain. C’est pour cela, c’est pour cela que nous devons aujourd’hui, ici même  ouvrir ce chemin de paix, car depuis juillet dernier, l’accélération des évènements est terrible.  Au point où nous en sommes, il est à craindre que les accords d’Abraham ou de Camp David  soient remis en cause par l’action d’Israël et que la paix devienne impossible pour longtemps  au Moyen-Orient. Il pèse donc sur nous une responsabilité historique. Nous devons tout faire  pour préserver la possibilité même d’une solution à deux Etats, Israël et la Palestine, vivant  côte-à-côte en paix et en sécurité.  

Le temps est venu. C’est pourquoi, fidèle à l’engagement historique de mon pays au Proche Orient, pour la paix entre le peuple israélien et le peuple palestinien, je déclare que la France  reconnaît aujourd’hui l’Etat de Palestine. 

Cette reconnaissance est une manière d’affirmer que le peuple palestinien n’est pas un peuple  en trop. Qu’il est au contraire ce peuple qui ne dit jamais adieu à rien, pour parler avec  Mahmoud Darwich. Un peuple fort de son Histoire, de son enracinement, de sa dignité.  

La reconnaissance des droits légitimes du peuple palestinien n’enlève rien aux droits du peuple  israélien, que la France a soutenus dès le premier jour et au respect desquels elle n’est pas moins  attachée. Précisément car nous sommes convaincus que cette reconnaissance est la solution qui  seule permettra la paix pour Israël. Jamais la France n’a manqué à Israël quand sa sécurité était  en jeu, y compris face aux frappes iraniennes. 

Cette reconnaissance de l’Etat de Palestine est une défaite pour le Hamas comme pour tous  ceux qui attisent la haine antisémite, nourrissent des obsessions antisionistes et veulent la  destruction de l’Etat d’Israël.  

Cette reconnaissance de la France est accompagnée par celles qui seront annoncées aujourd’hui  entre autres et je les en remercie, celles d’Andorre, de l’Australie, de la Belgique, du Canada,  du Luxembourg, de Malte, de Monaco, du Portugal, du Royaume-Uni, de Saint-Marin qui ont  attendu avec nous ce moment et saisissant l’appel de juillet dernier, ont fait le choix de la  responsabilité, de l’exigence et de la paix. Cela, après le choix fait par l’Espagne, l’Irlande, la  Norvège et la Slovénie en 2024, et tant d’autres auparavant. 

Cette reconnaissance ouvre le chemin d’une négociation utile aux Israéliens comme aux  Palestiniens. 

Ce chemin est celui du plan de paix et de sécurité pour tous que l’Arabie Saoudite et la France ont soumis au vote de cette assemblée, qui l’a adopté à une très large majorité. Il porte notre  ambition commune de briser l’engrenage de la violence et de changer la donne sur le terrain.  Nous avons su faire un pas les uns vers les autres, sortir de nos postures habituelles et nous  donner des objectifs concrets. Il nous appartient maintenant, ensemble, de déclencher une  mécanique de paix répondant aux besoins de chacun.  

Le premier temps ce plan de paix et de sécurité pour tous, est celui de l’urgence absolue, celle  de coupler la libération des 48 otages et la fin des opérations militaires sur tout le territoire de  Gaza. Je salue les efforts du Qatar, de l’Egypte et des Etats-Unis pour y parvenir et demande à  Israël de ne plus rien faire qui entrave leur aboutissement. Le Hamas a été vaincu sur le plan  militaire par la neutralisation de ses chefs et de ses décideurs. Il doit l’être sur le plan politique pour être véritablement démantelé. Dès lors que le cessez-le-feu aura été agréé, c’est un effort  massif que nous devrons produire collectivement pour porter secours à la population de Gaza.  Je remercie l’Egypte et la Jordanie de leur engagement ici et rappelle à Israël l’obligation  absolue qui est la sienne de faciliter l’accès humanitaire à Gaza pour aider une population  aujourd’hui démunie de tout.  

Le deuxième temps est celui de la stabilisation et de la reconstruction à Gaza. Une  administration de transition intégrant l’Autorité palestinienne, la jeunesse palestinienne accompagnée de forces de sécurité dont nous accélérerons la formation, aura le monopole de la  sécurité à Gaza. Elle mettra en œuvre le démantèlement et le désarmement du Hamas, avec le  soutien des partenaires internationaux et les moyens qui seront nécessaires à cette mission  difficile. La France est prête à contribuer à une mission internationale de stabilisation et à  soutenir, avec ses partenaires européens, la formation et l’équipement des forces de sécurité  palestiniennes. Dès lors que la négociation le permettra, le Conseil de sécurité pourra décider  le déploiement d’une mission de soutien civil et sécuritaire, en liaison avec les autorités  palestiniennes, avec le consentement des autorités israéliennes.  

Il reviendra aussi à l’Etat de Palestine de rendre espoir à sa population éprouvée par des années  de violence, d’occupation mais aussi de division et d’incurie. Il lui reviendra donc d’offrir à son  peuple un cadre d’expression démocratique, renouvelé et sécurisé. Le président Mahmoud  Abbas en a pris l’engagement auprès du prince Mohamed bin Salman et de moi-même. Il a  condamné avec force les attaques terroristes du 7 octobre 2023. Il a affirmé son soutien au  désarmement du Hamas et s’est engagé à l’exclure de la gouvernance à venir de Gaza comme  de l’ensemble du territoire palestinien. Il a affirmé son engagement à lutter contre les discours  de haine et a promis une rénovation en profondeur de la gouvernance palestinienne.  

La France sera attentive à la pleine mise en œuvre de chacun des engagements pris auprès d’elle.  Cette Autorité palestinienne renouvelée est une condition nécessaire à la réussite de  l’indispensable négociation qu’il faudra reprendre pour parvenir à un accord sur chacune des  questions relatives au statut final. C’est dans ce cadre, aussi, que je pourrai décider d’établir  une ambassade auprès de l’Etat de Palestine, dès lors que tous les otages détenus à Gaza auront  été libérés et qu’un cessez-le-feu aura été établi.

L’exigence de la France à l’égard d’Israël ne sera pas moins grande. Avec ses partenaires  européens, elle indexera le niveau de sa coopération avec lui sur les dispositions qu’il prendra  pour mettre fin à la guerre et négocier la paix.  

C’est bien grâce à ce chemin que nous obtiendrons un Etat de Palestine souverain, indépendant  et démilitarisé regroupant l’ensemble de ses territoires, reconnaissant Israël, et étant reconnu  par Israël, dans une région qui connaîtra enfin la paix.  

J’attends aussi de nos partenaires arabes et musulmans qui ne l’ont pas encore fait, qu’ils  tiennent leur engagement de reconnaître l’Etat d’Israël et d’avoir avec lui des relations normales  dès lors que l’Etat de Palestine aura été établi. Ainsi ferons-nous la démonstration d’une double  reconnaissance au bénéfice de la paix et de la sécurité de tous au Proche-Orient.  

Voici, Mesdames et Messieurs, quel est notre plan de paix. Il établit un engrenage exigeant pour  sortir de la guerre et entrer dans une phase décisive de négociation. Il permet que la paix israélo palestinienne soit le premier pilier d’une nouvelle architecture de paix et de sécurité au Proche  et Moyen-Orient. Il crédibilise aussi la possibilité d’une plus grande intégration économique. 

Rien ne sera possible sans que les autorités israéliennes s’approprient pleinement notre ambition  renouvelée de parvenir enfin à la solution des deux Etats. Je sais leurs réticences et leurs  craintes. J’entends avec beaucoup de respect le peuple israélien, sa tristesse et sa fatigue, et je veux croire que les autorités israéliennes l’entendront également et sauront s’engager à leur  tour. Je sais que le peuple israélien et ses dirigeants peuvent en avoir la force.  

Je me souviens du jeune homme que j’étais, apprenant l’assassinat terrible d’Yitzhak Rabin, il  y a près de 30 ans, tué pour avoir voulu la paix. Au moment où la mort allait le ravir, le guerrier  héroïque de l’Etat d’Israël venait de prononcer ces mots : « J’ai fait la guerre aussi longtemps  qu’il n’y avait aucune chance de faire la paix ». Cette chance existe là aujourd’hui. 142 Etats  proposent cette paix, main tendue prête à être serrée.  

Alors, oui, le temps est venu d’arrêter la guerre à Gaza, les massacres, la mort, tout de suite.  L’urgence nous le commande. Le temps est venu pour Israël de vivre en paix et en sécurité, de  la Galilée à la Mer Rouge, par la mer Morte, par le lac de Tibériade, et par Jérusalem. Le temps est venu de ne plus discuter nulle part l’existence d’un Etat d’Israël et d’en faire une évidence.  

Le temps est venu de rendre justice au peuple palestinien et ainsi de reconnaître un Etat de  Palestine, frère et voisin, à Gaza et en Cisjordanie et par Jérusalem. Le temps est venu de chasser  de ces terres le visage hideux du terrorisme et de bâtir la paix. Oui, bâtir la paix, c’est ce qui  nous rassemble ici. Et telle est l’espérance qui peut se construire. Alors que pour certains  commence une année nouvelle, c’est un choix à faire et c’est notre devoir. La paix est beaucoup  plus exigeante, beaucoup plus difficile que toutes les guerres. 

Mais le temps est venu.

 

"Le temps est venu de libérer les (...) otages détenus par le Hamas. Le temps est venu d'arrêter la guerre, les bombardements à Gaza, les massacres et les populations en fuite", a-t-il énuméré. La libération de "tous les otages" et le cessez-le-feu sont des préalables à l'établissement d'une "ambassade auprès de l'Etat de Palestine", a confirmé Emmanuel Macron.

Il a demandé "à Israël de ne plus rien faire qui entrave" l'"aboutissement" des négociations en ce sens.

"Le temps est venu car l'urgence est partout. Le temps de la paix est venu, car nous sommes à quelques instants de ne plus pouvoir la saisir", a-t-il martelé.

"Certains diront trop tard, d'autres diront trop tôt", mais "nous ne pouvons plus attendre", a-t-il plaidé.

Le chef de l'Etat français, à l'initiative de ce processus diplomatique qui est accompagné par la reconnaissance d'un Etat palestinien par une dizaine d'autres pays, dont le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie, a assuré vouloir "ouvrir ce chemin de paix".

Selon lui, l'offensive israélienne à Gaza risque de "remettre en cause" les accords de paix déjà conclus par Israël avec des pays arabes.

A Israël et aux Etats-Unis, ainsi qu'à ses détracteurs en France, qui estiment qu'il récompense ainsi le mouvement islamiste palestinien Hamas pour ses attaques sanglantes du 7 octobre 2023 sur le sol israélien, Emmanuel Macron a assuré au contraire que "cette reconnaissance de l'État de Palestine est une défaite pour le Hamas comme pour tous ceux qui attisent la haine antisémite, nourrissent des obsessions antisionistes et veulent la destruction de l'Etat d'Israël".

Car ce futur Etat exclura le Hamas de sa gouvernance, a-t-il insisté, réaffirmant que, selon ce plan, une "mission internationale de stabilisation" serait chargée de sécuriser Gaza, avec "une administration de transition intégrant l'Autorité palestinienne". Objectif: "le démantèlement et le désarmement du Hamas".

"La France est prête à contribuer" à cette mission, a-t-il dit.

Accusé par le Premier ministre israélien de ne pas en faire assez contre l'antisémitisme en France, Emmanuel Macron a fermement dénoncé "la barbarie du Hamas" lors du 7-Octobre, "une blessure encore vive pour l'âme israélienne comme pour la conscience universelle".

"Jamais nous ne cesserons le combat existentiel contre l'antisémitisme", a-t-il encore déclaré.


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.