«La sécurité commune du Golfe est menacée», avertit le prince Turki Al-Faisal

Le prince Turki Al-Faisal s'exprime lors du gala d'Arab News. (Photo AN)
Le prince Turki Al-Faisal s'exprime lors du gala d'Arab News. (Photo AN)
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Publié le Lundi 29 septembre 2025

«La sécurité commune du Golfe est menacée», avertit le prince Turki Al-Faisal

  • L'ancien chef des services de renseignement estime qu'il ne faut pas laisser le champ libre à l'État paria qu'est Israël
  • Le prince Turki a qualifié de "perfide" l'agression israélienne du 9 septembre, qui a visé des dirigeants du Hamas au Qatar alors qu'ils discutaient d'un accord de cessez-le-feu qui mettrait fin à la guerre israélienne contre Gaza

RIYAD: Le prince Turki Al-Faisal, ancien ambassadeur saoudien aux États-Unis et au Royaume-Uni, a averti dimanche que la sécurité des États du Golfe était menacée par un "État paria" à la suite de la récente attaque israélienne contre le Qatar.

Le prince Turki a qualifié de "perfide" l'agression israélienne du 9 septembre, qui a visé des dirigeants du Hamas au Qatar alors qu'ils discutaient d'un accord de cessez-le-feu qui mettrait fin à la guerre israélienne contre Gaza, et a appelé les États du Golfe à repenser leur approche de la sécurité en conséquence.

S'exprimant lors du dîner de gala organisé par le doyen des ambassadeurs à l'occasion du jubilé d'or d'Arab News au Palais de la culture, dans le quartier diplomatique de Riyad, le prince Turki a déclaré : "La région du Golfe est aujourd'hui le témoin d'un conflit entre le Qatar et l'Arab News : "La région du Golfe est aujourd'hui témoin d'une attaque agressive et perfide d'Israël contre la souveraineté du Qatar. Cette attaque rappelle à tous les pays du Golfe que leur sécurité commune est menacée par un État paria qui ne tient compte d'aucune loi ou règle régissant les relations internationales".

Il a ajouté : "Cette attaque nous ouvre les yeux et nous amène à nous interroger sur la crédibilité et la fiabilité des alliances lorsque les menaces proviennent d'Israël. Cela impose à nos États de repenser la nature des menaces et de reconstruire leurs politiques stratégiques afin de préserver leur sécurité par tous les moyens pour faire face à de telles menaces. Israël ne doit pas avoir les coudées franches".

Lors de son allocution, le prince Turki a évoqué la création d'Arab News, qu'il a contribué à fonder en 1975, et a félicité le personnel du journal à l'occasion de son 50e anniversaire.

Dans son discours, il a également abordé le processus de paix israélo-palestinien et le rôle de la communauté internationale, en particulier des États-Unis.

"Je crois qu'aucune région du monde n'a ressenti l'impact de l'incertitude internationale autant que la région du Moyen-Orient", a-t-il déclaré. "La question de savoir qui est à blâmer pour cette situation persistante reste ouverte. Toutefois, si les pays et les dirigeants de la région ont une part de responsabilité, c'est aux États-Unis qu'elle incombe le plus.

"Nous voyons les États-Unis passer du rôle d'intermédiaire honnête à celui d'allié fidèle d'Israël. Le double standard flagrant pratiqué par les États-Unis face à l'occupation israélienne de la Palestine et à sa récente guerre génocidaire contre Gaza et la Cisjordanie est clairement attesté non seulement par les Arabes, mais aussi par tous les peuples du monde.

"Pour que le président (Donald) Trump soit l'artisan de la paix qu'il souhaite être, il doit corriger les erreurs commises dans le passé par les États-Unis à l'égard de la paix et de la sécurité de ses amis et alliés."

Le prince Turki s'est félicité des récents progrès accomplis vers la réalisation d'une solution à deux États, la pression diplomatique exercée par l'Arabie saoudite et la France ayant abouti à une série de reconnaissances de l'État palestinien par les puissances occidentales lors de l'Assemblée générale de l'ONU de la semaine dernière. Il a également réagi aux accusations du gouvernement israélien et de ses partisans, qui considèrent cette reconnaissance comme une récompense pour le Hamas et ses attaques du 7 octobre.

"Parmi les nombreux arguments avancés par le Royaume, la France et tous les pays qui ont reconnu la Palestine en tant qu'État, il y a celui selon lequel il s'agit d'une récompense pour le Hamas. Il s'agit d'une affirmation trompeuse et malveillante visant à priver le peuple palestinien de son droit inaliénable à disposer de son propre État", a-t-il déclaré.

"C'est l'occupation coloniale israélienne de la Palestine, vieille de 80 ans, et le déni du droit à l'autodétermination du peuple palestinien qui récompensent le Hamas et d'autres groupes similaires. Sans l'occupation, il n'y aura pas de résistance".


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.