«Inside Gaza» : le quotidien des journalistes de l'AFP sous les bombes

Couvrir la guerre à Gaza tout en voyant sa vie partir en fumée devant son objectif : le documentaire "Inside Gaza" raconte l'histoire des journalistes de l'AFP bloqués dans le territoire palestinien pendant les premiers mois de l'offensive israélienne. (AFP)
Couvrir la guerre à Gaza tout en voyant sa vie partir en fumée devant son objectif : le documentaire "Inside Gaza" raconte l'histoire des journalistes de l'AFP bloqués dans le territoire palestinien pendant les premiers mois de l'offensive israélienne. (AFP)
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Publié le Mercredi 08 octobre 2025

«Inside Gaza» : le quotidien des journalistes de l'AFP sous les bombes

  • Il retrace leur quotidien à partir du 7 octobre 2023, jour de l'attaque du Hamas qui a entraîné la mort de plus de 1.200 personnes côté israélien, selon un bilan établi par l'AFP à partir de données officielles, puis de l'offensive israélienne qui a suivi
  • Jour après jour, ils documentent l'horreur vécue par les habitants de ce territoire où plus de 67.000 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées

PARIS: Couvrir la guerre à Gaza tout en voyant sa vie partir en fumée devant son objectif : le documentaire "Inside Gaza" raconte l'histoire des journalistes de l'AFP bloqués dans le territoire palestinien pendant les premiers mois de l'offensive israélienne.

Le film, réalisé par la journaliste indépendante Hélène Lam Trong, doit être projeté jeudi à l'occasion du prix Bayeux des correspondants de guerre, en Normandie (nord de la France), en présence de six des sept journalistes permanents de l'AFP qui ont couvert le début du conflit dans la bande de Gaza, avant une diffusion sur la chaîne de télévision franco-allemande Arte le 2 décembre.

Il retrace leur quotidien à partir du 7 octobre 2023, jour de l'attaque du Hamas qui a entraîné la mort de plus de 1.200 personnes côté israélien, selon un bilan établi par l'AFP à partir de données officielles, puis de l'offensive israélienne qui a suivi.

Jour après jour, ils documentent l'horreur vécue par les habitants de ce territoire où plus de 67.000 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, jugés fiables par l'ONU.

"J'avais envie d'expliquer quel est ce métier qui se fait avant tout sur le terrain", a expliqué à l'AFP Hélène Lam Trong, la réalisatrice de ce film coproduit par Factstory - une filiale de l'AFP dédiée à la production de documentaires -, Arte et la RTBF.

Pour ce film, elle a utilisé quasiment exclusivement des images de l'AFP, prises en grande partie par les journalistes qui y témoignent.

"Défiance" 

Les images d'enfants blessés, sous le choc, de personnes enterrées sous les gravats ou de linceuls deviennent leur quotidien. Sans relève, puisque aucun journaliste étranger n'est autorisé à entrer dans la bande de Gaza pour les relayer.

"Ce sont des journalistes aguerris qui ont une cinquantaine d'années, et ils savent garder leur rigueur dans des conditions d'extrême urgence et d'inconfort", a décrit la réalisatrice, qui a mené de longs entretiens avec eux une fois qu'ils ont réussi à quitter Gaza début 2024.

Pourtant, leur parole est constamment remise en question. Comme lorsque les groupes d'influence pro-israéliens affirment qu'une photo prise par Mohammed Abed montrant un enfant mort dans un linceul enlacé par son père est en réalité celle d'une poupée.

Le journaliste raconte qu'il est alors sommé par plusieurs médias occidentaux d'apporter des preuves de la mort de l'enfant.

"On a rarement vu autant de remise en question d'informations diffusées par des journalistes expérimentés", a souligné Hélène Lam Trong. "Les journalistes palestiniens ont fait face au degré ultime de la défiance à l'égard des médias".

Journalistes visés 

Le choix des images a été minutieux, la réalisatrice précisant avoir opéré un tri pour éliminer les séquences les plus choquantes du film, qui en comporte pourtant un certain nombre. Ce que nous montrons est "très, très, en dessous de la réalité", a-t-elle insisté.

Les sept journalistes de l'AFP et leurs familles ont été évacués entre février et avril 2024. Ils vivent aujourd'hui à Doha, au Caire ou à Londres, et font face à des troubles de stress post-traumatique. L'AFP travaille désormais avec une dizaine de pigistes à Gaza.

"Le propos du film, c'est d'arriver à s'interroger sur le rôle des journalistes", menacés partout dans le monde et particulièrement à Gaza où la presse est constamment prise pour cible, a déclaré de son côté Yann Ollivier, producteur du film et responsable de la cellule documentaire de Factstory, interrogé par l'AFP.

"J'espère que les gens qui se permettent d'affirmer qu'il n'y a pas de journalistes à Gaza seront obligés après avoir vu ce film de reconnaître qu'il y en a et qu'ils ont pour éthique de faire du journalisme factuel", a-t-il ajouté.

Selon le Comité pour la protection des journalistes et Reporters sans frontières, environ 200 journalistes ont été tués à Gaza depuis le début de la guerre.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.