Besancenot : l’incertitude mondiale renforce le partenariat stratégique entre Paris et Riyad

L’Autorité générale saoudienne des industries militaires (GAMI) a participé à Eurosatory 2026, le rendez-vous mondial de la défense et de la sécurité qui s’est tenu à Paris en juin dernier, afin de présenter les principales capacités industrielles et de services militaires du Royaume, illustrant les efforts déployés par celui-ci pour développer et soutenir le secteur. (Photo SPA)
L’Autorité générale saoudienne des industries militaires (GAMI) a participé à Eurosatory 2026, le rendez-vous mondial de la défense et de la sécurité qui s’est tenu à Paris en juin dernier, afin de présenter les principales capacités industrielles et de services militaires du Royaume, illustrant les efforts déployés par celui-ci pour développer et soutenir le secteur. (Photo SPA)
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Publié le Lundi 24 août 2026

Besancenot : l’incertitude mondiale renforce le partenariat stratégique entre Paris et Riyad

  • Paris et Riyad renforcent leur partenariat stratégique face à un monde plus incertain et multipolaire
  • Le rapprochement s’étend à l’économie, à la culture et à la Vision 2030, au-delà des seuls enjeux diplomatiques

​​​​​PARIS : Il y a encore quelques années, la relation franco-saoudienne semblait avancer par à-coups, derrière les liens privilégiés que Paris entretenait avec d’autres capitales du Golfe. Aujourd’hui, le paysage est radicalement différent.

La visite d’État du président Emmanuel Macron en Arabie saoudite, en décembre 2024, a consacré cette évolution en donnant une dimension stratégique à une relation qui ne cesse depuis de s’élargir.

Mais pour comprendre ce rapprochement, il faut aussi regarder du côté de Washington, estime Bertrand Besancenot, ambassadeur de France au Qatar, puis en Arabie saoudite de 2007 à 2016. « C’est parce que Riyad s’interroge désormais sur la solidité de son partenariat américain que l’espace s’est ouvert pour de nouveaux partenaires, au premier rang desquels la France. »

« Il y a eu une période où les Saoudiens s’inquiétaient de la politique d’Obama vis-à-vis de l’Iran », rappelle Besancenot en réponse à Arab News en français, en référence à l’ancien président américain Barack Obama.

Le rapprochement entre Washington et Téhéran, qui avait culminé avec l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, avait alors nourri de profondes inquiétudes à Riyad. La situation s’était ensuite inversée lors du premier mandat de Donald Trump.

« Le prince héritier approuvait totalement à l’époque la politique de Trump de pression maximale sur l’Iran », souligne-t-il.

Mais cette proximité avec Washington n’a pas empêché une évolution de fond de la diplomatie saoudienne. Le royaume, souligne l’ancien diplomate, reste lié aux États-Unis par un partenariat stratégique qu’il n’est évidemment pas question d’abandonner, mais il ne veut plus en faire un partenariat exclusif.

Les interrogations sur la fiabilité des engagements américains, renforcées par les changements de politique d’une administration à l’autre, ont poussé Riyad à multiplier les alternatives.

« L’Arabie, comme les autres pays du Golfe, tout en voulant préserver son partenariat stratégique avec les États-Unis, se pose en même temps quelques questions sur la fiabilité des engagements du président Trump », analyse Besancenot. Cette incertitude constitue, selon lui, « une véritable opportunité pour tous ceux qui ont envie de travailler avec l’Arabie et les pays du Golfe ».

La réponse saoudienne est désormais parfaitement lisible et consiste à diversifier les relations sur le plan international.

La Chine a considérablement renforcé sa présence, la coopération avec la Russie s’est développée dans le domaine pétrolier, tandis que Riyad approfondit ses relations avec la Turquie, le Pakistan, l’Afrique du Sud et les pays européens. « Ils ne sont plus un pays sous tutelle américaine », résume Besancenot.

Cette nouvelle diplomatie donne à la France une carte particulière à jouer. « La France est considérée comme le pays européen le plus actif sur le plan politique au Moyen-Orient », observe-t-il. Paris dispose notamment d’une tradition diplomatique qui lui permet de parler à des interlocuteurs multiples et de défendre une certaine autonomie stratégique.

C’est précisément ce qui explique la convergence actuelle. Les deux pays se retrouvent sur plusieurs dossiers majeurs, indique Besancenot, tels que la sécurité du Golfe, l’Iran, le Liban, mais aussi la question palestinienne.

« Il y a toute une série de dossiers politiques qui sont coordonnés par les deux pays », explique-t-il, en rappelant que la France et l’Arabie saoudite sont aujourd’hui particulièrement engagées en faveur de la solution à deux États.

Cette convergence politique s’est accompagnée d’un rapprochement bilatéral qui n’est plus seulement diplomatique. La visite d’État de Macron à Riyad et AlUla, en décembre 2024, a constitué à cet égard un moment charnière.

Actuellement, les opportunités économiques sont considérables, à commencer par les infrastructures. « Nous avons des tas de choses à proposer », estime Besancenot, qui cite notamment les projets de transport reliant l’aéroport à Qiddiya, une future grande destination de loisirs, ainsi que les immenses besoins liés à l’Exposition universelle de Riyad en 2030.

Mais derrière les grands chantiers se trouve une transformation beaucoup plus profonde : celle de la société saoudienne elle-même. C’est sans doute ici que le rapprochement franco-saoudien prend une dimension particulièrement intéressante.

Car la Vision 2030 n’est pas uniquement un programme économique. « Tout ce qui est soft power est absolument au cœur du dispositif », explique-t-il. Tourisme, culture et sport sont autant de secteurs appelés à contribuer à la création d’emplois pour une population jeune, tout en participant à la diversification de l’économie.

Si AlUla en est l’un des exemples les plus visibles, le mouvement s’étend désormais aux festivals, aux jeux vidéo, au cinéma et aux échanges artistiques.

Peut-on pour autant parler d’une véritable révolution culturelle ? « La révolution est en cours », répond notre interlocuteur. Et les changements sont, de fait, spectaculaires, avec le recul de la ségrégation entre les sexes, le droit pour les femmes de conduire, la progression de leur présence dans le monde professionnel, la multiplication des festivals et l’ouverture des cinémas.

Cette transformation a également changé l’image de l’Arabie saoudite. « Il y a quelques années, on ne parlait que du Yémen », rappelle-t-il. « Aujourd’hui, quand on parle de l’Arabie, on parle des grands projets », de ses ambitions économiques, de ses initiatives politiques et de sa capacité à peser sur les affaires régionales.

Le changement d’image est donc indissociable du changement de stratégie. Riyad ne cherche plus seulement à être reconnu comme une puissance énergétique, mais veut devenir une puissance économique, politique, culturelle et touristique, capable de dialoguer simultanément avec Washington, Pékin, Moscou, Ankara, Islamabad et les capitales européennes.

C’est dans ce nouvel équilibre, souligne Besancenot, que la relation franco-saoudienne trouve aujourd’hui sa véritable raison d’être, d’autant que les deux pays ont compris qu’ils avaient intérêt à renforcer leur propre partenariat dans un monde devenu plus incertain et plus multipolaire.


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.