Les vidéo-révélations du chef mafieux Sedat Peker déclenchent une crise politique en Turquie

Une photo d’un téléphone portable prise le 26 mai 2021 à Istanbul montre Sedat Peker qui parle sur sa chaîne YouTube (Photo, AFP)
Une photo d’un téléphone portable prise le 26 mai 2021 à Istanbul montre Sedat Peker qui parle sur sa chaîne YouTube (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 02 juin 2021

Les vidéo-révélations du chef mafieux Sedat Peker déclenchent une crise politique en Turquie

  • Des figures éminentes du gouvernement rejettent les accusations de corruption, de trafic d’armes et de drogue, ainsi que d’avoir apporté une aide aux djihadistes en Syrie
  • Avec ces allégations, il est évident que l’AKP et son allié d’extrême droite, le Parti du mouvement nationaliste, continuent de perdre du soutien parmi la population

DUBAÏ: Des millions de Turcs guettent la prochaine vidéo explosive du fugitif Sedat Peker, ponte du crime organisé. Ils s’attendent à ce qu’il y dévoile les liens qui le rattachent au président Recep Tayyip Erdogan. 

Âgé de 49 ans, Sedat Peker est une figure importante de la mafia depuis les années 1990. Il se déplace régulièrement pour échapper aux autorités turques. L’année dernière, il a fui la Turquie pour échapper à une enquête criminelle qui le visait. 

C’est le 26 mai que le parquet d’Ankara a émis un nouveau mandat d’arrêt à son encontre, le soupçonnant de complicité avec Fethullah Gulen, le prédicateur basé aux États-Unis et accusé par la Turquie d’être responsable du coup d’État manqué contre Erdogan en 2016. 

Une série de vidéos consultées par des millions de personnes sur YouTube montre Peker déverser un déluge d’accusations de corruption, de gestion improbe et de relations coupables avec le crime organisé au sein du Parti de la justice et du développement (AKP) d’Erdogan. 

Ses allégations, qui ont secoué l’establishment politique turc, portent notamment sur le trafic de drogue et d’armes, ainsi que sur une coopération de longue date entre de hauts responsables turcs et les militants d’Al-Nosra en Syrie. 

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Des véhicules militaires turcs traversent en convoi la ville syrienne d’Ariha, dans le nord-ouest de la province d’Idlib, contrôlée par les milices, le 20 octobre 2020, après avoir évacué le poste de Morek, dans la campagne de Hama (AFP/Fichier Photo) 

Le journaliste d’investigation turc Gokcer Tahincioglu a déclaré à Reuters que les vidéos de Peker semblaient être émises directement à partir du siège de la bande» et qu’elles devaient être prises au sérieux. 

«Il s’agit d’une personne non anonyme qui fait des aveux de plein gré et de sa propre initiative. Pourquoi ne l’entendrait-on pas? Il faut absolument écouter ce qu’il a à dire». 

Dans ce qui semble être une campagne organisée pour salir les noms de ses prétendus anciens complices, Peker fait état, dans ses allégations, de pratiques de corruption, de l’absence d’État de droit, mais aussi de rivalités entre les services de sécurité et le pouvoir judiciaire. 

Par ses déclarations, Peker dit chercher à «se venger» du gouvernement turc, notamment du ministre de l’Intérieur Suleyman Soylu, qui a autorisé la police à perquisitionner son domicile en avril en raison de sa dissidence avec le régime. 

Soylu a rejeté les accusations portées contre lui, notamment celles d’avoir prolongé la période de protection de Peker par la police après que celui-ci a quitté la prison et de l’avoir menacé de réprimer son organisation. 

Il a qualifié ces accusations de «mensonges répugnants» liés à un complot dirigé contre le pays. 

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Par ses déclarations, Peker dit vouloir «se venger» du gouvernement turc, notamment du ministre de l’Intérieur Suleyman Soylu; cette photo est prise lors d’une conférence de presse à Ankara (AFP/Fichier Photo)     

Tandis que Recep Tayyip Erdogan défend avec force la performance de son gouvernement en matière de lutte contre le crime organisé. «Pendant dix-neuf ans, nous avons écrasé les organisations criminelles l’une après l’autre», a-t-il déclaré aux députés le 26 mai, affirmant se tenir «côte à côte» avec Soylu. 

Le 30 mai, Sedat Peker a refait son apparition à l’occasion d’une huitième vidéo. Cette fois-ci, il a accusé les dirigeants du pays de conspirer avec une force paramilitaire en vue de fournir des armes aux groupes terroristes affiliés à Al-Qaïda en Syrie. 

Peker soutient que la Turquie a livré des armes aux militants du Front Al-Nosra par l’intermédiaire d’un groupe paramilitaire du nom de Sadat, qui a été créé en 2012 par un général retraité et 23 officiers expulsés de l’armée en raison de leurs appartenances islamistes. 

Le Front Al-Nosra, désormais appelé Hayat Tahrir al-Sham (HTS), maintient son contrôle sur la partie de la province d’Idlib proche de la frontière sud de la Turquie et tenue par les miliciens syriens. 

Dans sa vidéo, Peker avance que les «grosses affaires» en Syrie ne peuvent être réalisées qu’avec l’autorisation du chef des affaires administratives de la présidence, Metin Kiratli, mais aussi d’hommes d’affaires favorables au gouvernement et d’un haut dirigeant d’Al-Nosra, Abou Abderrahmane. 

Par ailleurs, Peker laisse entendre qu’il est impossible d’établir un lien entre l’argent et l’État turc, dans la mesure où cet argent a été camouflé par un «réseau corrompu» avec le concours du ministre de de l’Intérieur. 

La figure turque qui fait fureur sur YouTube

  • Sedat Peker, chef mafieux en cavale, fait la une des journaux avec ses accusations pointant des personnalités éminentes de la politique turque. 
  • Par ses révélations en vidéo, il cherche à se venger de ceux qui l’ont écarté au profit de son rival, le mafieux Alaattin Cakici. 
  • Les vidéos de Peker sont classées sur IMDb dans la catégorie des mini-séries télévisées, sous les rubriques «biographie», «crime» et «télé-réalité». 

Dans sa vidéo, Peker affirme avoir envisagé d’envoyer des équipements militaires aux Turkmènes syriens en 2015, et en avoir informé  un député AKP afin d’obtenir l’autorisation d’envoyer les camions. 

Par ailleurs, il prétend s’être opposé à l’aide au Front Al-Nosra parce que ce dernier combattait les minorités turkmènes en Syrie. Selon lui, les camions ont été détournés et expédiés aux combattants d’Al-Nosra par un groupe affilié à Sadat. 

«Ils ont détourné des camions d’aide destinés aux Turkmènes et les ont livrés au groupe Al-Nosra. Ils l’ont fait en mon nom, alors que ce n’est pas moi qui les ai envoyés, mais plutôt Sadat. Je l’ai appris par l’un de nos amis turkmènes», affirme Peker dans la vidéo. 

Le groupe paramilitaire entretient des liens étroits avec le gouvernement turc et a prétendument joué un rôle dans le recrutement et la formation de combattants pendant les guerres civiles en Syrie et en Libye. 

Depuis 1998, Peker fait des allers-retours en prison pour différents crimes, allant du racket à la falsification, en passant par le vol, la détention arbitraire, l’incitation au meurtre et la mise sur pied d’une organisation criminelle. 

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Des miliciens syriens soutenus par la Turquie portent des masques dans un contexte de pandémie de coronavirus (Covid-19), lors d’une parade militaire à l’occasion de la formation d’une nouvelle promotion de cadets (AFP/Fichier Photo) 

Parmi les politiciens mis en cause dans les vidéos de Peker figure Binali Yildirim, un autre ancien Premier ministre et actuellement chef adjoint de l’AKP. Selon Peker, le fils de Yildirim, Erkam, aurait voyagé à plusieurs reprises au Venezuela afin d’ouvrir une nouvelle route internationale pour le trafic de drogue vers la Turquie. 

Si Yildirim a affirmé que les voyages de son fils Erkam avaient pour seul objectif de livrer de l’aide pour lutter contre la Covid-19, ses arguments se sont retournés contre lui après que les données des douanes turques ont révélé qu’aucun équipement médical de ce type n’avait été expédié depuis la Turquie aux dates indiquées. 

Les affirmations de Peker ont suscité la colère du gouvernement d’Erdogan. 

«Par ses énoncés dérisoires, Peker prouve qu’il agit sous la coupe des ennemis de la Turquie et des alliances nationales malveillantes», indique Oktay Saral, principal conseiller de la présidence. «L’État va faire le nécessaire et toutes les puissances comprendront que notre pays saura résister à ces attaques ridicules.» 

Cependant, une nouvelle enquête menée par l’institut de sondage Avrasya révèle que 75 % des Turcs estiment que les affirmations de Peker sont fondées. 

«À la création de l’AKP au milieu de l’année 2001, la corruption faisait partie des vices que ce parti promettait d’éradiquer, mais voilà qu’elle a pris encore plus d’ampleur de nos jours.» Un constat établi par Yasar Yakis, ancien ministre turc des Affaires étrangères et membre fondateur de l’AKP, dans une tribune publiée récemment sur Arab News.  

 «Aujourd’hui, un débat prend forme en Turquie autour de l’opportunité que représentent les aveux de Peker de mettre fin à la corruption dévastatrice qui ruine toutes les structures de l’État.» 

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Peker accuse le fils de l’ancien Premier ministre Binali Yildirim d’avoir voyagé à plusieurs reprises au Venezuela afin d’ouvrir une nouvelle route internationale pour le trafic de cocaïne vers la Turquie (AP/Fichier Photo) 

En outre, les accusations de Peker ont suscité un examen approfondi des rouages du système de l’État profond en Turquie. Au cœur de cet examen, on trouve les procès de Mehmet Agar, ancien ministre de l’Intérieur et chef de la police, et de Korkut Eken, ancien responsable auprès des services de renseignement. 

Agar et Eken sont à nouveau traduits en justice pour dix-huit assassinats extrajudiciaires commis dans les années 1990, après que leur acquittement a été annulé par une cour d’appel dans un arrêt rendu le 5 avril. La cour a soutenu que les preuves n’avaient pas été examinées de manière appropriée. 

Agar et Eken ont fait la une des journaux en raison des allégations de Peker. En effet, ce dernier les a accusés de plusieurs actes illégaux relevant de l’appareil d’État, dont leur implication dans un réseau international de trafic de drogue et l’assassinat des journalistes d’investigation Ugur Mumcu et Kutlu Adali. 

Le journaliste et défenseur de la paix Kutlu Adali a été abattu devant son domicile en juillet 1996 dans la république turque de Chypre du Nord. Les circonstances de ce meurtre n’ont toujours pas été élucidées. 

L’épouse d’Adali a porté plainte contre la Turquie devant la Cour européenne des droits de l’homme. En mars 2005, la Cour a statué qu’Ankara n’avait pas mené une enquête sérieuse sur le meurtre du journaliste chypriote turc. 

Par ailleurs, la police turque a arrêté la semaine dernière Atilla Peker, frère de Sedat, qui a déclaré avoir confié à son frère la mission d’assassiner Adali; une tentative ratée effectuée (« qui aurait été effectuée », si on veut rester prudent) il y a vingt-cinq ans sur ordre de l’État. 

Quant à Ugur Mumcu, tué en janvier 1993 par une voiture piégée devant son appartement à Ankara, Peker prétend qu’Agar était impliqué dans ce meurtre. 

Il reste à voir comment le gouvernement turc va gérer les suites de ces allégations, et si Soylu va démissionner, étant donné qu’il se trouve au cœur des accusations concernant les liens entre l’État et la mafia. 

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Des combattants syriens appuyés par la Turquie chargent leurs armes aux abords des villages d’Afis et de Salihiyah, à proximité de la ville de Saraqib, contrôlée par le régime (AFP/Fichier Photo) 

C’est Cemil Cicek, ancien ministre de la Justice et ancien président du Parlement, qui a été le premier à réagir aux révélations de Peker. 

Sur fond de discours contre la corruption, prononcé par quelques membres éminents de l’AKP, Cicek a lancé: «Si le millième de ce que dit Peker est vrai, c’est déjà catastrophique pour le pays ?» 

«Les magistrats du parquet qui entendent ou lisent des nouvelles aussi scandaleuses ne doivent pas attendre qu’on les incite à agir. Ils sont tenus d’enquêter sur ces allégations de leur propre chef, sans nécessité qu’on leur demande ou qu’on leur ordonne de le faire. 

Le fait que Peker continue de dénoncer les liens qu’il a entretenus dans le passé avec les plus hautes sphères de l’État pourrait représenter une épreuve décisive pour l’exécutif turc quant à sa capacité à agir contre le monde du crime, en prévision des élections prévues en 2023. 

Car ces accusations risquent de miner la cote de popularité de ce gouvernement qui a déjà perdu une part considérable du soutien de l’opinion publique. 

L’influence de cette affaire sur l’humeur des électeurs est indéniable, et il est évident que l’AKP et son allié d’extrême droite, le Parti du mouvement nationaliste, continuent de perdre du soutien parmi la population. 

«Ce déclin est irréversible, cela ne fait aucun doute», explique à Arab News Sinem Adar, associée au Centre d’études appliquées sur la Turquie au sein de l’Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité. «Dans ce contexte, les allégations de Peker portent un coup de plus à une alliance déjà défaillante.» 

«L’incidence de ces propos se traduira, au-delà du soutien électoral, en une aggravation et une intensification du conflit et de la rivalité qui prévalent déjà entre les différents clans de l’alliance gouvernementale.» 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.  


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.