Mozambique: la main tendue d'inconnus aux rescapés des violences djihadistes

Des femmes transportent leurs affaires d'un bateau à leur arrivée sur la plage de Paquitequete à Pemba le 22 mai 2021, après avoir fui Palma en bateau avec 49 autres personnes. JOHN WESSELS / AFP
Des femmes transportent leurs affaires d'un bateau à leur arrivée sur la plage de Paquitequete à Pemba le 22 mai 2021, après avoir fui Palma en bateau avec 49 autres personnes. JOHN WESSELS / AFP
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Publié le Vendredi 04 juin 2021

Mozambique: la main tendue d'inconnus aux rescapés des violences djihadistes

  • Plus de 700.000 personnes ont tout quitté, depuis le début des violences fin 2017
  • Et plus de 80% d'entre eux ont été accueillis par des proches, des amis ou des inconnus, selon les agences humanitaires

PEMBA, MOZAMBIQUE: Dans sa petite maison à Pemba, dans le nord du Mozambique, Atija Camacho vivait à l'étroit avec son mari et leurs dix enfants. Aujourd'hui, ils sont quarante. Il faut bien accueillir les malheureux forcés de fuir les violences jdihadistes.

Les groupes armés qui terrorisent la province du Cabo Delgado ont multiplié les attaques depuis un an. Et Atija, dont le modeste trois-pièces jouxte la plage de Paquitequete où les réfugiés continuent d'affluer, n'a pas hésité longtemps. 

"J'en ai vu qui dormaient là, en plein air, j'ai eu de la peine pour eux", confie d'une voix fluette cette femme de 35 ans à l'AFP. 

Un jour sur deux, ils arrivent par dizaines sur des bateaux de pêche branlants. Ils n'ont rien, ou quelques affaires nouées dans un drap. 

Plus de 700.000 personnes ont tout quitté, depuis le début des violences fin 2017. Et plus de 80% d'entre eux ont été accueillis par des proches, des amis ou des inconnus, selon les agences humanitaires.

A Pemba, beaucoup passent d'abord plusieurs nuits sur la plage, sous des abris de fortune. Le temps de retrouver des proches ou que le gouvernement les déplacent vers de camps de transit. 

A quelques mètres de la maison d'Atija, une de ses "invitées", Awa Njane, 19 ans, sur un tabouret, prépare le repas au-dessus d'un feu. 

Elle a fui en octobre Quissanga, à une centaine de km, quand son père, capturé par les groupes armés, a été décapité. Elle ne sait pas où est son mari, ni sa mère. 

Elle reste infiniment reconnaissante que sa "nouvelle mère" lui ait offert un abri, à elle et son bébé d'un mois à l'époque, après avoir dormi une semaine sur le sable. 

Grillant de petites sardines, certainement pas assez pour nourrir les 43 bouches de la maisonnée, elle reconnaît que c'est "très difficile de trouver à manger".

"Ça craque de partout"

"La faim augmente dans la province", confirme à l'AFP Pierre Lucas du Programme alimentaire mondial (PAM). Les déplacés "ont besoin d'aide urgente, tout de suite et dans les mois à venir". Mais aussi les familles qui les hébergent, "de plus en plus sous pression".

Atija a bricolé trois pièces supplémentaires, mais ce n'est pas suffisant. "Ils dorment partout, même là", dit-elle en montrant une véranda de 40 m2 en tôle et bambou enduit de boue. 

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) reçoit des rescapés traumatisés mais offre aussi un soutien psychologique aux familles d'accueil qui ont du mal à faire face.

"Elles ont des ressources très limitées mais partagent ce qu'elles ont, avec beaucoup d'humanité", note Derya Ferhat de l'OIM.

Manuel Fontaine, chef des opérations d'urgence pour l'Unicef, a noté aussi cette générosité saisissante de "gens qui ont très peu".

"Dans une maison où je suis passé, ils dorment dans le jardin, la cour. Quand il pleut, les pluies ici sont impressionnantes, tout le monde rentre" mais il n'y a pas de place au sol pour s'allonger. "Alors personne ne dort", racontait-il en avril à l'AFP.

La Croix-Rouge, qui œuvre pour agrandir et moderniser les centres de santé, a récemment bâti une nouvelle aile d'un dispensaire sommaire dans un township voisin. 

"Les structures existantes craquent de partout", note Raoul Bittel, chef des opérations du CICR à Pemba. 

"Elles n'étaient déjà pas suffisantes pour la population, donc avec l'afflux des réfugiés, ça devient un vrai défi", dit Emilio Mashant, son responsable santé.

Les autorités de la province pauvre n'ont pas répondu aux sollicitations de l'AFP.

Le chercheur mozambicain Adriano Nuvunga attribue le nombre considérable de personnes vivant dans des familles d'accueil à un "Etat défaillant". 

Cela "alimente le désespoir parmi les déplacés", les rendant ainsi vulnérables au recrutement dans les rangs des extrémistes, redoute-t-il. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.