17 civils tués et des dizaines blessés dans une frappe de missile houthi à Marib

La milice houthie soutenue par l'Iran a lancé une offensive pour capturer Marib au gouvernement internationalement reconnu au Yémen en février. (Photo, Archive/Reuters)
La milice houthie soutenue par l'Iran a lancé une offensive pour capturer Marib au gouvernement internationalement reconnu au Yémen en février. (Photo, Archive/Reuters)
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Publié le Dimanche 06 juin 2021

17 civils tués et des dizaines blessés dans une frappe de missile houthi à Marib

  • Des dizaines de personnes ont été blessées dans l'attaque qui a touché une station-service dans le quartier de Rawdha à Marib
  • Le ministre yéménite de l'Information a appelé à la réinscription de la milice houthie sur les listes terroristes internationales

RIYAD : Un missile balistique tiré samedi par les rebelles houthis du Yémen a tué au moins 17 personnes dans une ville contrôlée par le gouvernement, dont une fillette de 5 ans.

Le missile a touché une station-service dans le quartier de Rawdha dans la ville centrale de Marib, selon Ali Al-Ghulisi, attaché de presse du gouverneur de la province.

Peu de temps après l'attaque, la milice soutenue par l'Iran a également lancé un drone chargé d'explosifs qui a détruit deux ambulances qui s'étaient précipitées dans la région pour transférer les blessés vers les hôpitaux.

Des dizaines de personnes ont été blessées dans l'attaque, a-t-il ajouté. Il n'y a eu aucun commentaire immédiat des Houthis.

"Les milices houthies ont pris pour cible la station-service où des dizaines de voitures attendaient de faire le plein, déclenchant un énorme incendie dans lequel 14 civils ont péri, dont une petite fille", a déclaré l'agence de presse Saba dans une première annonce. D'autres agences ont par la suite porté le nombre de morts à 17.

La milice houthie soutenue par l'Iran a lancé une offensive pour capturer Marib, riche en pétrole et en gaz, contrôlée par le gouvernement internationalement reconnu au Yémen en février.

L'offensive a suscité une condamnation régionale et internationale, d'autant plus que Marib a servi de refuge à des milliers de personnes déplacées à l'intérieur du pays qui ont fui les combats depuis le début du conflit en 2014.

Le ministre yéménite de l'Information, Moammar Al-Eryani, a fermement condamné les deux attaques :  « Le crime terroriste odieux est une extension du ciblage continu et délibéré des quartiers résidentiels et des biens civils de la ville de Marib par la milice houthie, dans le but d'infliger le plus grand nombre de victimes civiles, après l'échec de son escalade militaire, son tentatives de saper la fermeté de la ville, et l'épuisement quotidien de ses éléments et équipements sur les différents fronts de la province », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Il a appelé la communauté internationale et les envoyés de l'ONU et des États-Unis à s'exprimer et à condamner l'attaque, qui, selon lui, "constitue des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité".

Il a appelé à réinscrire la milice houthie sur les listes terroristes internationales et à poursuivre ses dirigeants en tant que criminels de guerre.

L'attaque est survenue juste un jour après que l'envoyé spécial américain pour le Yémen, Tim Lenderking, ait accusé les Houthis de ne pas avoir tenté de parvenir à un cessez-le-feu urgent.

Il a déclaré qu'ils portaient la responsabilité principale du refus de s'engager de manière significative et de prendre des mesures pour "résoudre un conflit de près de sept ans qui a causé des souffrances inimaginables au peuple yéménite".

Les remarques de Lenderking ont suivi son retour d'une mission diplomatique au Yémen qui l'a emmené en Arabie saoudite, à Oman, aux Émirats arabes unis et en Jordanie.

Il a également critiqué l'offensive renouvelée des Houthis sur la province pétrolière de Marib, un bastion anti-Houthis détenu par le gouvernement internationalement reconnu qui est crucial pour l'approvisionnement énergétique du Yémen.

L'attaque de Marib, qui a commencé en février au milieu d'une poussée diplomatique internationale et régionale pour mettre fin au conflit, a laissé les Houthis « de plus en plus isolés », a déclaré Lenderking.

Le département d'État a déclaré que Lenderking coordonnait étroitement ses efforts avec l'envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, Martin Griffiths, qui a eu des entretiens vidéo la semaine dernière avec le chef des Houthis, Abdel-Malek Al-Houthi.

Griffiths a exprimé sa frustration que ses efforts pour parvenir à un cessez-le-feu aient déraillé. Il a exhorté les parties à saisir le « considérable soutien régional et international » pour le plan de paix de l'ONU.

La réprimande de Lenderking aux Houthis est intervenue alors que le Conseil de sécurité de l'ONU a critiqué la milice pour avoir retardé l'évaluation technique d'un navire de stockage de pétrole amarré dans la mer Rouge au large des côtes yéménites chargé de plus d'un million de barils de pétrole brut.

Pendant ce temps, une délégation d'Oman est arrivée à Sanaa pour des entretiens avec des chefs locaux visant à faire avancer le processus de paix.

La délégation est arrivée à bord d'un avion militaire omanais et tenterait de convaincre les dirigeants houthis d'arrêter leur offensive sur Marib et de revenir à la table des négociations à Mascate, a déclaré un responsable omanais.

(Avec Agences)


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.