A Versailles, une fête du théâtre comme un avant-goût d'Avignon

Vue des jardins du Château de Versailles. (AFP)
Vue des jardins du Château de Versailles. (AFP)
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Publié le Dimanche 06 juin 2021

A Versailles, une fête du théâtre comme un avant-goût d'Avignon

  • Organisé chaque mois de juin depuis 25 ans, annulé en 2020, le "Mois Molière" a vu le nombre de lieux de spectacle réduit de 70 à une dizaine
  • Dans la cour de la Grande Ecurie, le maire de Versailles François de Mazières, un passionné de théâtre qui a créé le festival en 1996, regarde avec émotion les gradins se remplir

VERSAILLES : Des comédiens en costume d'époque déambulant au Potager du Roi, "L'Ecole des femmes" en plein air: tel un mini-festival d'Avignon, le "Mois Molière" transforme Versailles en une scène à ciel ouvert, malgré un format réduit cette année en raison du Covid.

A la Grande Ecurie qui fait face au château, se maquillant et s'habillant dans des salles aménagées en loges, trois comédiens de la compagnie Viva ne cachent pas leur excitation, ni leur trac, avant la première d'une nouvelle production de "l'Ecole des femmes" de Molière.

"C'est notre première de ce spectacle devant un public, et ça fait plusieurs mois qu'on n'a pas joué (...) donc c'est super excitant et en même temps assez stressant", affirme à l'AFP Eva Dumont, qui campe le rôle d'Agnès, pupille du tyrannique Arnolphe qui cherche à l'épouser. 

"Ca file un peu la pétoche car ça fait un an... mais c'est magique, c'est très émouvant", renchérit Mikael Fasulo, qui joue Arnolphe.

Echauffement 

Organisé chaque mois de juin depuis 25 ans, annulé en 2020, le "Mois Molière" a vu le nombre de lieux de spectacle réduit de 70 à une dizaine.

Dans la cour de la Grande Ecurie, le maire de Versailles François de Mazières, un passionné de théâtre qui a créé le festival en 1996, regarde avec émotion les gradins se remplir.

"Il fallait maintenir la tradition", malgré une jauge de 35% jusqu'au 9 juin (puis de 65% jusqu'au 30 juin), souligne-t-il à l'AFP.

A la fin de la pièce mardi soir, le public réserve une standing ovation aux trois comédiens et au metteur en scène Anthony Magnier.

"On a une soif de se retrouver... même si tout le monde aujourd'hui a Netflix et Amazon Prime, rien ne remplace le fait de vivre ensemble une histoire", commente le fondateur de la compagnie Viva.

En plus d'une fête de théâtre populaire et gratuite, l'enjeu du festival a toujours été d'être un tremplin pour les compagnies émergentes avant leur participation au Off d'Avignon, le plus grand marché de spectacle vivant en France. 

"Ce sont plutôt des troupes assez jeunes que l'on invite ici, qui font leurs créations, ça permet de roder les spectacles" avant d'aller les présenter dans la cité des Papes, explique le maire.

En temps normal, les premiers spectateurs arrivés étaient les premiers à s'installer. "Les gens venaient à l'avance, jouaient aux cartes, c'était très sympa. Cette année, on réserve sur une plateforme sur internet et on paie un euro la place. Mais si quelqu'un ne vient pas, il est taxé de dix euros", précise le maire en souriant. 

Le festival, qui en dépit de son nom ne présente pas exclusivement des pièces de Molière, est devenu si important pour les petites troupes que certaines sont devenues résidentes, comme Viva, ou encore Phénomène et Cie, association fondée par Stéphanie Tesson.

Si le festival allie le nom du plus célèbre dramaturge français à la ville du Roi-Soleil --où Molière a fait jouer plusieurs de ses pièces devant Louis XIV--, il convoque un autre grand nom.

Au Potager du Roi, Stéphanie Tesson met en scène depuis 18 ans des spectacles-promenades autour des fables de La Fontaine. Ses comédiens et comédiennes mènent, à travers les vergers et en costume et perruque, le public dans des déambulations en leur récitant "Le Loup et l'Agneau", "La Tortue et les deux Canards" et d'autres.

Cette année, qui marque le 400e anniversaire de la naissance du fabuliste, "c'était l'année où jamais de reparler de ce grand poète immortel", indique Mme Tesson. "Et peut-être que ce que nous venons de traverser nous rend plus sensible à sa peinture d'une société où tous les travers, tous les secrets de l'âme humaine sont explorés."


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".