Allemagne: large victoire des conservateurs de Merkel dans un scrutin test

Un électeur vote dans un bureau de vote du musée d'histoire de l'art de Magdebourg le 6 juin 2021 (Photo, AFP)
Un électeur vote dans un bureau de vote du musée d'histoire de l'art de Magdebourg le 6 juin 2021 (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 06 juin 2021

Allemagne: large victoire des conservateurs de Merkel dans un scrutin test

Un électeur vote dans un bureau de vote du musée d'histoire de l'art de Magdebourg le 6 juin 2021 (Photo, AFP)
  • Selon les résultats provisoires, l'Union chrétienne-démocrate (CDU) obtient environ 36% des voix, contre 22,5% pour l'extrême droite de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD)
  • Le plus grand parti allemand traverse depuis plusieurs mois une crise de confiance, liée aux ratés dans la gestion gouvernementale lors de la troisième vague de l'épidémie de coronavirus et des scandales de corruption de ses députés lors de contrats d'ach

MAGDEBOURG: Les conservateurs allemands ont remporté haut la main un scrutin régional crucial dans l'ex-RDA et engrangé un succès rassurant pour le chef du parti et prétendant à la succession d'Angela Merkel après les législatives de septembre. 

Selon les résultats provisoires, l'Union chrétienne-démocrate (CDU) obtient environ 36% des voix, contre 22,5% pour l'extrême droite de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) dans ce scrutin de Saxe-Anhalt, à l'ouest de Berlin, le dernier avant les élections nationales du 26 septembre qui marqueront la fin des 16 ans d'Angela Merkel à la chancellerie. 

La droite, portée par le populaire chef du gouvernement régional Reiner Haseloff, améliore son score de près de 6 points, tandis que l'extrême droite recule légèrement avec 22,5% des suffrages. 

« Il s'agit d'un résultat sensationnel. C'est un bon jour pour la CDU », s'est réjoui le secrétaire général de la CDU Paul Ziemiak. 

« Les gens ont voté contre l'AfD (...) nous avons combattu de façon unie, c'est aussi un message en direction de Berlin », a estimé M. Haseloff. 

Soulagement 

Le plus grand parti d'Allemagne a tremblé en Saxe-Anhalt: si la plupart des enquêtes d'opinion lui donnaient l'avantage, il était talonné par l'AfD. Une victoire de l'extrême droite, inédite dans un scrutin régional, avait même été pronostiquée dans un sondage. 

Le résultat « nous apporte bien sûr une impulsion » pour l'élection nationale et « c'est aussi un succès d'Armin Laschet », le chef de la CDU depuis janvier, a estimé le chef du groupe parlementaire de la droite Ralf Brinkhaus. 

Impopulaire, contesté jusque dans ses propres rangs, l'aspirant à la succession d'Angela Merkel avait cruellement besoin d'un succès pour rassembler ses troupes et consolider la position des conservateurs qui, après avoir chuté derrière les Verts dans les intentions de vote au niveau national, ont repris la tête dans les sondages. 

Même si les critiques à son endroit « ne vont complètement pas disparaître, elle vont se faire moins bruyantes », estime le quotidien Süddeutsche Zeitung.  

Le plus grand parti allemand a traversé une crise de confiance, liée à la gestion gouvernementale de la troisième vague de l'épidémie de coronavirus, ratée selon certains, et aux scandales de corruption de ses députés lors de contrats d'achats de masques de protection. 

La formation, qui avait subi deux cuisants revers en mars lors d'élections régionales, a aussi souffert d'une lutte interne acharnée: la candidature de M. Laschet était contestée par le chef du parti bavarois CSU Markus Söder, jugé par beaucoup plus apte à mener la campagne nationale. 

M. Laschet s'est imposé mais reste mal aimé dans le pays.  

« Il serait prématuré de dire que le candidat Armin Laschet peut désormais souffler », a estimé Der Spiegel. « (...) Le principal adversaire au niveau national ne sera l'extrême droite, mais les Verts », prévient l'hebdomadaire sur son édition en ligne. 

« Polarisation » 

Si l'AfD a un peu reculé lors de ce vote régional, elle reste et de loin la deuxième force politique de la région, position qu'elle occupe depuis 2016. 

Reiner Haseloff a clairement exclu toute alliance avec l'extrême droite, même si certains membres de son parti ont flirté avec cette idée ces dernières années. 

Il a dirigé le land depuis 5 ans aux commandes d'une coalition inédite dans le pays, avec les Verts et les sociaux-démocrates du SPD.  

Selon les résultats provisoires, il pourrait la reconduire, même si le SPD a de nouveau perdu des voix.  

Les écologistes, traditionnellement faibles en ex-RDA, ont eux légèrement progressé avec quelque 6,2%, mais n'ont toutefois pas caché leur déception: « nous avions espéré plus de ces élections régionales », a reconnu leur candidate à la chancellerie Annalena Baerbock, jugeant, comme le SPD, avoir fait les frais de la polarisation du vote entre conservateurs et extrême droite. 

M. Haseloff pourrait aussi envisager une autre configuration avec les libéraux du FDP, qui vont revenir dans le parlement régional. 

Très marqué par l'industrie charbonnière, le Land de Saxe-Anhalt est l'un des Etats de l'Est les plus affectés par l'exode de ses habitants depuis la réunification allemande en 1990. 

Un terrain fertile pour l'AfD, qui a bâti son succès en alimentant les craintes face à l'afflux de migrants dans le pays en 2015 et accuse régulièrement Berlin d'avoir délaissé les régions de l'ex-RDA.  

Depuis le début de la pandémie, le parti a enfourché les thèses complotistes, courtisant les opposants aux restrictions sanitaires. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.