«Face à la mer», une errance urbaine libanaise débarque à Cannes

Six ans après sa palme d’or pour son court-métrage, Ely Dagher revient sur la Croisette avec dans ses bagages, son premier long-métrage, Face à la mer (The Sea Ahead, en anglais), sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes. Photo instagram
Six ans après sa palme d’or pour son court-métrage, Ely Dagher revient sur la Croisette avec dans ses bagages, son premier long-métrage, Face à la mer (The Sea Ahead, en anglais), sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes. Photo instagram
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Publié le Mercredi 09 juin 2021

«Face à la mer», une errance urbaine libanaise débarque à Cannes

  • «Je suis très content de cette sélection d’autant plus que la compétition a été féroce, le festival ayant été annulé l’année dernière»
  • The Sea Ahead est le premier long-métrage du jeune réalisateur libanais Ely Dagher, qui avait impressionné le 68e festival de Cannes en 2015 avec Waves’98

PARIS: Six ans après sa palme d’or pour son court-métrage, Ely Dagher revient sur la Croisette avec dans ses bagages, son premier long-métrage, Face à la mer (The Sea Ahead, en anglais), sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes.

«Je suis très content de cette sélection d’autant plus que la compétition a été féroce, le festival ayant été annulé l’année dernière. Je suis satisfait que le film bénéficie de cette sélection pour sa promotion, faire son avant-première et éventuellement sa sortie», explique-t-il à Arab News en français.

Vingt-quatre films, dont huit sont des premiers films, sont en lice dans la Quinzaine des réalisateurs, section parallèle cannoise, une sélection de «découverte», «sans fil conducteur», qui met en avant la «modernité de l’écriture» selon les termes de l'Italien Paolo Moretti. Le délégué général de la Quinzaine a dévoilé la sélection hier, en livrant sa description de Face à la mer : «Récit d’une errance urbaine entre conte métaphysique et critique onirique, puissamment incarnée par Manal Issa dans un Beyrouth transfiguré par une atmosphère teintée de futurisme.»

Face à la mer est le premier long-métrage du jeune réalisateur libanais, qui avait impressionné le 68e festival de Cannes en 2015 avec Waves’98 pour lequel il avait remporté la Palme d’or du premier court-métrage.

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Six ans après sa palme d’or pour son court-métrage, Ely Dagher revient sur la Croisette avec dans ses bagages, son premier long-métrage, Face à la mer (The Sea Ahead, en anglais), sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes. Photo instagram

Face à la mer raconte l’histoire d’une jeune femme, Jana, qui, après quelques années d’études à Paris, retourne au Liban, mystérieusement. «C’est le portrait d’un pays, d’un peuple, qu’elle découvre: le Liban contemporain d’aujourd’hui dans les limbes», dévoile Ely Dagher. «Il y a un état de stagnation et d’angoisse vis-à-vis du futur qui est représenté par le personnage de Jana mais aussi par les gens autour d’elle.»

Ely Dagher a commencé à écrire Face à la mer en 2015 après les manifestations qui secouaient le pays lors de la crise des déchets. «C’était très difficile de lever les fonds pour le produire», se rappelle le réalisateur, «mais on le savait déjà car dans le cinéma libanais, c’est toujours très compliqué.» Le tournage a eu lieu fin 2019-début 2020, avec Manal Issa, Yara Abou Haïdar, Rabih el-Zaher et Roger Azar. «Une période compliquée au Liban», le début de la crise économique et financière qui ravage le pays. «On a tourné avec un très petit budget», explique Ely Dagher. «Mais on s’en est très bien sortis car on avait une super équipe qui a donné tout son cœur pour le film.»

La pandémie de Covid-19 a ensuite perturbé la postproduction, l’arrêtant et la reportant plusieurs fois. Ely Dagher a également participé au montage du film. C’est durant ce travail sur le film, à Beyrouth, l’été, qu’eut lieu l’explosion. Au final, le réalisateur est «très fier» du film.

Aucune date de sortie en France ou au Liban n’est encore programmée, les cinémas ayant rouvert depuis peu leurs portes un peu partout dans le monde, à la suite de leur fermeture dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19.

La 53e édition de la Quinzaine des réalisateurs, l'une des principales sections parallèles de Cannes, se tiendra du 7 au 15 juillet.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".