Biennale européenne itinérante, Manifesta pose ses valises à Marseille

Le tableau "Tempête de glace" de Wolfgang Tillmans lors de la journée d'aperçu de la presse à la Biennale européenne d'art contemporain Manifesta 10 au Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, le 26 juin 2014.  (Olga MALTSEVA / AFP)
Le tableau "Tempête de glace" de Wolfgang Tillmans lors de la journée d'aperçu de la presse à la Biennale européenne d'art contemporain Manifesta 10 au Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, le 26 juin 2014. (Olga MALTSEVA / AFP)
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Publié le Samedi 29 août 2020

Biennale européenne itinérante, Manifesta pose ses valises à Marseille

  • « Le trait d'union, c'est cet espace qui relie deux univers sans les fusionner, en respectant les différences de chacun », souligne Alya Sebti, directrice de l'ifa Gallery à Berlin et membre de l'équipe artistique de Manifesta13
  • Le thème est d'autant plus symbolique à Marseille, une ville endeuillée par l'effondrement de deux immeubles en novembre 2018 qui avait fait cinq mort et révélé l'ampleur du logement insalubre dans la cité

MARSEILLE : Unique biennale itinérante de création contemporaine en Europe, Manifesta pose ses valises pour la première fois en France, à Marseille, ville portuaire d'accueil et de départs, où s'est ouverte vendredi une édition sous le signe des "Traits d'union.s".

"Le trait d'union, c'est cet espace qui relie deux univers sans les fusionner, en respectant les différences de chacun", souligne Alya Sebti, directrice de l'ifa Gallery à Berlin et membre de l'équipe artistique de Manifesta13.

Fondée au début des années 1990 par l'historienne de l'art néerlandaise Edwig Fijen, Manifesta tient une édition tous les deux ans dans une ville européenne où son équipe s'installe et tisse une coopération étroite avec les acteurs locaux pour faire dialoguer l'art et la société.

Après Saint-Petersbourg en 2014, Zurich en 2016 et Palerme en 2018, Manifesta a investi Marseille, deuxième ville de France, une ville "archipel", marquée par des influences culturelles mélangées, des quartiers disparates allant de l'extrême pauvreté à l'opulence, une ouverture sur le monde méditerranéen.

L'exposition centrale "Traits d'union.s" qui se déclinera en six chapitres successifs dans différents musées jusqu'au 29 novembre 2020 abordera les thèmes de la migration et de l'art, les langues et dialectes qui façonnent l'identité marseillaise, le rapport avec la nature etc. avec des artistes de plusieurs continents.

Le premier chapitre, au musée Grobet-Labadié, situé dans un hôtel particulier ayant appartenu à une riche famille de la bourgeoisie marseillaise, aborde la question du logement à travers les oeuvres d'artistes comme l'Américain Cameron Rowland ou du peintre allemand Lukas Düwenhogger.

Entre la hausse des prix dans certaines villes, les conflits et les migrations, "le logement est un défi mondial majeur", rappellent les organisateurs.

Le thème est d'autant plus symbolique à Marseille, une ville endeuillée par l'effondrement de deux immeubles en novembre 2018 qui avait fait cinq mort et révélé l'ampleur du logement insalubre dans la cité.

"Cet effondrement n'est pas uniquement celui de deux immeubles à Marseille, mais aussi une métaphore de l'effondrement de notre condition sociale", a souligné Stefan Kalmar, directeur de l'Institut d'art contemporain (ICA) de Londres et membre de l'organisation de Manifesta.

En amont des expositions, des Marseillais de toutes conditions et de tous horizons --détenus, étudiants en école de commerce, chefs d'entreprises, migrants etc...-- ont dialogué pour réfléchir au futur de la ville, dans le cadre du projet "Le Grand puzzle".

"C'est un appel à l'action et nous rêvons d'une assemblée de citoyens, qui pourrait siéger en plus du conseil municipal" pour donner des idées sur le futur, a souligné Joke Quintens, un des moteurs de ce projet de "démocratie participative".

Outre "Traits d'Union.s", Manifesta propose "Les parallèles du Sud", un programme d'expositions et d'événements par des artistes régionaux, ainsi que le "Tiers Programme" fruit d'un travail de médiation culturelle.

(Manifesta, manifesta.org, du 28 août au 29 novembre)


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".