Elections régionales : Tour d'horizon des candidats en Ile-de-France

Cette combinaison de photos réalisée le 12 mai 2021 montre des candidats aux élections régionales de juin 2021 en Ile-de-France lors de séances photos à Paris. JOEL SAGET / AFP
Cette combinaison de photos réalisée le 12 mai 2021 montre des candidats aux élections régionales de juin 2021 en Ile-de-France lors de séances photos à Paris. JOEL SAGET / AFP
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Publié le Vendredi 18 juin 2021

Elections régionales : Tour d'horizon des candidats en Ile-de-France

  • Comme l'ensemble des Français, les Franciliens sont invités à se rendre aux urnes dimanche pour le premier tour des élections régionales
  • Tour d'horizon des candidats à deux jours du premier tour des élections régionales

PARIS: Comme l'ensemble des Français, les Franciliens sont invités à se rendre aux urnes dimanche pour le premier tour des élections régionales. La présidente sortante de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse (ex-LR, Libres!) caracole en tête des sondages et un succès pourrait renforcer une candidature potentielle à l'Elysée. Elle devance le RN Jordan Bardella qui se hisse au second rang dans une région qui n'était pas favorable au RN jusqu'à présent, devant Laurent Saint-Martin, le candidat de la majorité présidentielle. La gauche part divisée avec trois candidats -Audrey Pulvar (PS), Clémentine Autain (LFI) et Julien Bayou (EELV)- qui, avec autour de 10% chacun, jouent des coudes pour se maintenir au second tour.

Tour d'horizon des candidats à deux jours du premier tour des élections régionales.

 

Valérie Pécresse, une "bosseuse" au quitte ou double des régionales

 

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La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse pose lors d'une séance photo, à Paris, le 8 avril 2021. JOEL SAGET / AFP

Valérie Pécresse, première femme à présider la région Ile-de-France, tenante d'une droite sociale et libérale, est une "bosseuse" qui joue aussi aux régionales ses chances d'éventuellement représenter son camp à la présidentielle de 2022.

Celle qui a succédé à Jean-Paul Huchon (PS) en 2015 le répète: "ma mission et ma passion aujourd'hui, c'est la région Ile-de-France", et vante ses réalisations: 2 milliards d'économies, gel du prix du pass Navigo, un ordinateur portable pour chaque lycéen... au risque, parfois, de se faire recadrer par l'opposition qui dénonce une "esbroufe" lorsqu'elle annonce des dispositifs "qui existent déjà".


"Valérie Pécresse se vit comme la cheffe de la région, alors que c'est la cheffe du conseil régional. Ca la rend dingue de ne pas avoir plus de compétences", assure un député LREM francilien.


Le scrutin des 20 et 27 juin s'annonce crucial pour elle, qui a promis qu'une défaite sonnerait "la fin de (sa) carrière politique". Mais aussi pour le verdict sur sa capacité à convaincre à l'approche de 2022.

Cette ex-bébé Chirac, qui a quitté LR en 2019, avait fait l'objet de spéculations à l'été 2020, certains la voyant déjà à Matignon.
Défendant une droite "ferme sur le régalien, laïque mais aussi écologiste, libérale, pro-entreprise, féministe et sociale", Valérie Pécresse avait pris ses distances avec LR dès 2017 en créant le mouvement Libres! en opposition au président du parti Laurent Wauquiez, jugé trop populiste.


Elle a toutefois durci le ton récemment sur les questions de sécurité, réclamant des polices municipales armées et des peines de prison "exemplaires".


Décrite comme "bosseuse" et "structurée", Valérie Pécresse, née le 14 juillet 1967 à Neuilly-sur-Seine, est une habituée du tableau d'honneur: bac à 16 ans, HEC, Ena... Un parcours d'excellence qui lui a longtemps valu une image sage, à son grand agacement.
"Lors de ma première campagne régionale, le surnom dont mes adversaires de gauche m'avaient affublée, c'était +la blonde+. Ensuite, ça a été +serre-tête et jupe plissée+", racontait en 2019 l'ex-maître des requêtes au Conseil d'Etat.

 

Jordan Bardella, le jeune premier du Rassemblement national

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L'eurodéputé du parti d'extrême droite français Rassemblement National (RN) Jordan Bardella pose lors d'une séance photo à Paris le 5 mai 2021.JOEL SAGET / AFP

Souvent sanglé d'un costume bleu marine, tombant davantage la cravate, Jordan Bardella, tête de liste aux régionales en Ile-de-France, pourrait également devenir, à seulement 25 ans, le président par intérim du Rassemblement national pendant la campagne présidentielle de Marine Le Pen.

D'ascendance italienne, né à Drancy en Seine-Saint-Denis, le jeune homme élancé et à l'allure un peu raide n'a plus sa carte d'étudiant en géographie et se consacre désormais "24h sur 24h" au parti, dont il a gravi rapidement les échelons jusqu'à devenir le premier vice-président, après avoir mené le RN à la victoire aux européennes en 2019.

"Avec la campagne européenne, j'ai le sentiment d'avoir pris 10 ans en 6 mois", admet le candidat, chez qui beaucoup au RN saluent la "maturité", et qui est en outre eurodéputé, conseiller régional sortant, et responsable de la jeunesse et de la communication du parti.

Vieux militant malgré son jeune âge, intéressé tôt par l'histoire et la politique il prend sa carte au FN à 16 ans, au lendemain d'un débat en 2012 entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Outre le fait d'être un pur "produit de la maison", Jordan Bardella a pour avantage de n'avoir pas été éclaboussé par les affaires, contrairement à d'autres responsables mis en examen dans l'affaire des emplois présumés fictifs au Parlement européen.

Pour l'Ile-de-France, il fait le "choix de la sécurité", même si ce n'est pas une compétence de la région, considérant que ce territoire est une "France en miniature". A Mormant (Seine-et-Marne) le 12 juin, il préside un meeting sans Marine Le Pen, qui ressemble à une répétition générale d'un chef de parti, où il appelle à "relocaliser chez eux" les délinquants en situation irrégulière.

Pour la présidentielle, il assure qu'il aura "un rôle de premier plan" sans dire s'il s'agira de la présidence du parti, que convoite également un historique, le maire de Perpignan Louis Aliot.

Si Jordan Bardella accédait à la tête du RN, le parti ne serait plus, pour la première fois, dirigé par un Le Pen. 

Mais il resterait dans la famille puisque Jordan Bardella vit en couple avec Nolwenn Olivier, fille de Marie-Caroline Le Pen, soeur aînée de Marine Le Pen, et de Philippe Olivier, conseiller spécial de la cheffe du RN. Il est de fait le neveu par alliance de Marine Le Pen.

 

Laurent Saint-Martin, soldat de la Macronie en Ile-de-France

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Le candidat aux élections régionales à la présidence de la région Ile-de-France Laurent Saint-Martin (LREM, libéral) pose avant le début d'un débat télévisé à Paris le 14 juin 2021, à quelques jours du premier tour des élections régionales. le 20 juin. Ludovic MARIN / AFP

"Travailleur", "sérieux", "sympathique", "modeste"... mais (presque) inconnu: si la tête de liste de la majorité présidentielle en Île-de-France, Laurent Saint-Martin, fait l'unanimité parmi les siens, ce pur produit de la Macronie doit encore gagner en notoriété pour espérer peser d'ici le premier tour.

Bien mis et urbain, regard bleu ciel, diplômé d'une école de commerce du top 5 passé par un think tank tendance gauche strauss-kahnienne: Laurent Saint-Martin incarne le "nouveau monde" en se défendant de toute arrogance.


"Ca n'est pas désagréable de débattre avec lui. Il est plutôt intelligent et courtois", mais "il reste dans la ligne, c'est un bon soldat du macronisme", tacle Eric Coquerel (LFI) qui le côtoie en commission.


"Laurent Saint-Martin a plutôt des origines de gauche, moi de droite libérale. On se rassemble sur une ligne libéral-sociale", vante Olivia Grégoire, secrétaire d'Etat et amie.


Partisan de la politique de l'offre comme Emmanuel Macron qu'il a côtoyé au think tank "En temps réel", M. Saint-Martin, qui s'est embarqué très tôt dans l'aventure "En Marche !", sourit à l'évocation de son militantisme lycéen chez les "Motivés", un mouvement citoyen rassemblant la gauche alternative toulousaine lors des municipales de 2001.


Dès la sortie du lycée, ce fils d'enseignants commence à évoluer. Il s'intéresse à Gerhard Schröder en Allemagne et aux réformes de l'ex-chancelier social-démocrate (1998-2005), "ce que Jospin n'avait pas réussi à faire".


Aujourd'hui, il se donne trois figures de référence: "Hemingway car il a fait de sa vie un roman, Churchill pour sa capacité à être dans l'action permanente et Guy Novès (ancien sélectionneur du XV de France, dont le fils, Vincent Terrail-Novès, est par ailleurs tête de liste en Occitanie, soutenu par la majorité présidentielle), dans sa capacité à motiver les hommes pour la victoire". 

 

Audrey Pulvar, une journaliste devenue "citoyenne engagée" à gauche

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Candidate aux élections régionales à la présidence de la région Ile-de-France Audrey Pulvar (PS, socialiste), écoute des discours lors d'un meeting de campagne le 16 juin 2021 à Paris, en amont du premier tour des élections régionales qui se tiendra le 20 juin.
Sameer Al-DOUMY / AFP

 

Ancienne journaliste vedette, Audrey Pulvar a franchi le pas vers la politique lors des municipales de 2020: propulsée par le PS pour mener la campagne régionale en Île-de-France, la néophyte met en avant un profil "écologiste-social" pour ramener la région à gauche.
"Aujourd'hui, les gens me considèrent comme une femme politique. Ce n'est pas mon cas: je me considère comme une citoyenne engagée." Sur le fond comme sur la forme, la candidate d'"Ile-de-France en commun", 49 ans, cultive sa différence.
Son look casual chic, avec ses t-shirts féministes "Woman at war"? "Je ne vais pas, si je suis présidente, brusquement, me mettre à porter des demi-talons, à être en tailleur pantalon...", répond-elle à l'AFP.
Sur le fond, l'adjointe à l'alimentation durable et à l'agriculture de la maire PS de Paris Anne Hidalgo se revendique "écologiste sociale", dans cet ordre. 
"Je suis une écologiste qui veut réussir la transition écologique à travers les questions de justice sociale. Je ne suis pas quelqu'un qui fait du social et qui met de l'écologie dedans. C'est très différent", assure-t-elle.
Bien qu'elle n'ait pas sa carte au PS, son profil s'imposait pour le sénateur Rémi Féraud, chef de file des socialistes au Conseil de Paris: "Une femme, de gauche, très écologiste, adhérente d'aucun parti et pouvant du coup rassembler la gauche".

Sa première campagne comme tête de liste lui laisse déjà deux mauvais souvenirs. Mi-février, elle se retrouve en larmes au micro de France Inter, forcée de réagir aux révélations sur son père, figure du syndicalisme martiniquais décédé en 2008, et accusé par ses cousines de pédocriminalité. Elle se présente alors comme la "fille d'un monstre".


Fin mars, ce sont ses propos sur les "réunions non-mixtes" qui lui attirent les foudres à droite, mais aussi à gauche. Elle reconnaît un propos "peut-être maladroit".


Celle qui fut la compagne, au début des années 2010, d'Arnaud Montebourg n'avait pendant longtemps "pas du tout l'intention de faire de la politique". Mais la présidentielle de 2017 a changé la donne, dit-elle.


"La décision que j'ai prise de quitter le métier de journaliste a été motivée par le score du FN et le traitement médiatique de la campagne", dit celle qui revendique un "cheminement" personnel à travers sa présidence de la Fondation Hulot (2017-2019).

 

Clémentine Autain, une pasionaria féministe en politique

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Clémentine Autain, députée du parti de gauche La France Insoumise (LFI), pose lors d'une séance photo le 4 janvier 2021, à Paris. JOEL SAGET / AFP

Clémentine Autain, 48 ans, tête de liste LFI/PCF pour les régionales en Ile-de-France, est une pasionaria de la politique, féministe affirmée et figure de la gauche de la gauche, qui cache derrière un sourire chaleureux une solide détermination.

"Je me suis engagée de façon résolue et enthousiaste dans cette bataille francilienne", écrit Mme Autain dans son dernier livre, Pouvoir vivre en Ile-de-France (Le Seuil). "Ce qui m'a décidé, c'est d'abord le sentiment que mon parcours politique et mes engagements au sein de notre territoire, depuis plus de 20 ans, pouvaient constituer un atout pour ma famille politique et pour diriger la région".

Pas question pour cette "fille d'artistes", qui mena sa première bataille politique contre la guerre du Golfe (1991) et commença la politique en militant à l'Unef et à l'Union des étudiants communistes, de se laisser décourager par des sondages lui accordant 11% des voix, un petit point au-dessus de la barre fatidique des 10%, sous laquelle elle serait éliminée.

Lors de la présidentielle de 2012, elle est porte-parole de Jean-Luc Mélenchon. 

A 22 ans, Clémentine Autain a été victime d'un viol par un homme armé d'un couteau aux abords de l'université de Paris VIII, viol qu'elle dévoile en 2006, pendant la pré-campagne présidentielle, comme "une manière de porter la question des violences dans le débat" et de lutter contre le "tabou sur le viol".

"Ce traumatisme a bousculé ma vie personnelle et militante" et "je suis devenue en deux ans une active militante de l'émancipation des femmes", écrit-elle dans son dernier ouvrage. "Je n'étais plus seule mais inscrite dans une histoire collective, celle de l'oppression des femmes", ajoute cette titulaire d'un DEA d'histoire consacré au Mouvement de libération des femmes (MLF). 

 

Julien Bayou, des causes militantes à l'écologie qui "porte le costume"

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Le secrétaire national d'EELV (Europe Ecologie - Les Verts), Julien Bayou, s'exprime lors d'une conférence de presse de voeux de nouvel an à Paris le 19 janvier 2021. GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Dans un rôle d'équilibriste à la tête d'écologistes en dynamique électorale, Julien Bayou vise en juin la présidence de la région Île-de-France, une campagne qui l'oblige à sortir de sa zone de confort de militant.

Affronter Valérie Pécresse, présidente de droite sortante à l'ambition nationale, lui donne la possibilité de se faire un nom auprès du grand public, au côté de l'eurodéputé Yannick Jadot qui l'éclipsait jusque-là.

Julien Bayou a créé, dans les années 2000 alors qu'il est salarié d'une fédération d'ONG, plusieurs collectifs dédiés à des causes sociales: "Jeudi noir" contre le mal logement, "Génération précaire", "Sauvons les riches"...

Cette fibre contestataire trouve un écho singulier dans son histoire familiale. En novembre 2019, Julien Bayou, invité pour un meeting parisien de soutien au "hirak" algérien, apprend d'un ami de sa mère que celle-ci, décédée prématurément, avait été à 17 ans porteuse de valises pour le FLN à Nice. Une information que le pudique Julien Bayou partage avec émotion lors du discours qu'il prononce immédiatement après, raconte à l'AFP cet ami, Tewfiq Allal.

En 2009, avec "Sauvons les riches", créé en collaboration avec les Verts, il est repéré par la patronne du parti Cécile Duflot qui le place sur sa liste pour les régionales de 2010 en Île-de-France. Devenu conseiller régional, Julien Bayou se place ainsi dans la lignée des personnalités "mouvementistes" qui ont irrigué le parti écologiste sans forcément commencer par la défense de l'environnement.

Le point dans les 12 autres régions à deux jours des élections

Des présidents sortants qui caracolent en tête des sondages et qui devraient s'imposer sans problème, d'autres dont la réélection s'annonce plus compliquée face au RN: le point sur les 13 régions métropolitaines à une semaine des élections régionales. 

Auvergne-Rhône-Alpes

Le sortant (LR) Laurent Wauquiez est donné largement vainqueur par les enquêtes d'opinion, un succès pouvant renforcer ses ambitions présidentielles. Dans les sondages, il devance largement la liste RN d'Andréa Kotarac et celle de la majorité présidentielle de Bruno Bonnell, qui pourraient tous deux se maintenir au second tour. La gauche part divisée avec les listes portées par l'écologiste Fabienne Grebert et l'ancienne ministre socialiste Najat Vallaud-Belkacem, qui sont au coude à coude juste au dessus de la barre des 10%.

Bourgogne-Franche-Comté

Selon les sondages, le RN Julien Odoul, dont des propos rapportés sur le suicide paysan ont suscité la polémique, devance au premier tour la sortante PS Marie-Guite Dufay, qui pâtit d'une gauche divisée, et le candidat LR Gilles Platret, qui a le soutien de Nicolas Dupont-Aignan (DLF). Le maire LREM de Nevers Denis Thuriot arrive en quatrième position et serait en capacité de se maintenir. 

Bretagne

Un duel fratricice se joue en Bretagne entre deux héritiers du ministre Jean-Yves Le Drian: le président sortant Loïg Chesnais-Girard (PS), qui mène une liste d'union, et Thierry Burlot, son ancien vice-président qui porte les couleurs de LREM. Face à cette division, le candidat RN Gilles Pennelle les devance d'une courte tête dans un récent sondage, dans une région où son parti n'était pas très bien implanté jusqu'à présent. La maire LR de Vitré (Ille-et-Vilaine), Isabelle Le Callennec, et l'écologiste Claire Desmares-Poirrie pourraient également se maintenir au second tour.

Centre-Val de Loire

Le président PS sortant François Bonneau, qui brigue un troisième mandat à la tête de la région, aura fort à faire face au candidat RN Aleksandar Nikolic qui le devance dans les sondages au premier tour. Il affrontera également le ministre des Relations avec le Parlement Marc Fesneau, l'une des rares cartes de la majorité présidentielle lors de ces élections. Nicolas Forissier représente le camp de droite. L'écologiste Charles Fournier, soutenu par EELV, LFI et Génération.s, pourrait se maintenir au second tour.

Corse

La majorité nationaliste sortante part divisée à la conquête de l'Assemblée de Corse. La liste autonomiste de Gilles Simeoni affrontera trois nationalistes: celle du maire autonomiste de Porto-Vecchio Jean-Christophe Angelini, celle indépendantiste de Jean-Guy Talamoni et celle, indépendantiste et refusant toute union, de Paul-Felix Benedetti, à la tête du parti radical Core in Fronte. Une liste de droite unie, investie par Les Républicains, est emmenée par Laurent Marcangeli, maire d'Ajaccio.

Grand Est

Le sortant Jean Rottner (LR) aura lui aussi fort à faire pour renouveler son mandat face au RN Laurent Jacobelli. Un sondage a donné le candidat du Rassemblement national vainqueur en cas de quadrangulaire. Pour la majorité présidentielle, la ministre Brigitte Klinkert pourrait se maintenir au second tour. La gauche part divisée entre deux listes, l'une menée par l'écologiste Eliane Romani et l'autre par l'ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti. 

Hauts-de-France

Le président ex-LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand, candidat déclaré pour la présidentielle 2022, est en tête des intentions de vote. Mais le duel s'annonce serré avec le RN Sébastien Chenu. L'enjeu est de taille pour M. Bertrand qui a annoncé qu'il se retirerait de la vie politique en cas d'échec aux régionales. La gauche (LFI-PCF-PS-EELV) se présente unie à ces élections, sa candidate Karima Delli se classant en troisième position, devant la liste LREM portée par Laurent Pietraszewski, de la majorité présidentielle, qui tourne autour de 10%.

Normandie

Le sortant centriste Hervé Morin est donné favori dans les sondages, devançant le candidat RN Nicolas Bay. Une partie de la gauche s'est rassemblée autour de la candidature de Mélanie Boulanger qui devrait se qualifier pour le second tour. Le communiste Sébastien Jumel se situe autour de 10%. Dans cette région, la majorité présidentielle a connu une candidature dissidente: celle de la députée (LREM) Stéphanie Kerbarh qui a été exclue du parti pour ne pas s'être rangée derrière Laurent Bonnaterre, soutenu par l'ancien Premier ministre Edouard Philippe.

Nouvelle-Aquitaine

Le sortant Alain Rousset (PS), qui brigue un cinquième mandat, est donné au coude-à-coude au premier tour avec la liste RN d'Edwige Diaz. La centriste landaise Geneviève Darrieussecq, qui porte les couleurs de la majorité présidentielle, est bien partie pour se qualifier pour le second tour, comme l'ex-maire LR de Bordeaux Nicolas Florian. Dans cette région, la gauche part divisée avec la liste EELV-Génération.s menée par Nicolas Thierry et celle LFI-NPA de Clémence Guetté.

Occitanie

La sortante Carole Delga (PS) est favorite, même si l'eurodéputé RN Jean-Paul Garraud est donné légèrement en tête au premier tour. Loin derrière, le LR Aurélien Pradié et Vincent Terrail-Novès (majorité présidentielle) sont pour l'instant juste au-dessus de la barre des 10%. Les Verts ne passeraient pas au second tour. 

Pays de la Loire

La présidente sortante LR Christelle Morançais, qui a refusé la main tendue du candidat LREM François de Rugy, fait face à la candidature de l'écologiste Matthieu Orphelin (ex-LREM) qui fait cause commune avec LFI dès le 1er tour et qui est donné vainqueur au second tour par un récent sondage. La gauche ne part pas unie pour autant: le socialiste Guillaume Garot est également en lice. Le RN a investi l'eurodéputé Hervé Juvin dans cette région.

Provence-Alpes-Côte d'Azur

Face à une gauche atone, l’élection semble se résumer à un duel entre le sortant LR Renaud Muselier et Thierry Mariani, ex-Républicain aujourd’hui chef de file du RN. Mais l'alliance avec les Marcheurs dès le 1er tour pourrait avoir déboussolé les électeurs de la majorité sortante: Thierry Mariani est confortablement en tête au premier tour dans tous les sondages, et même donné vainqueur au second, quel que soit le scénario. La grande inconnue reste l'attitude de Jean-Laurent Félizia, candidat du Rassemblement écologique et social (EELV, PS et PCF): largement distancé dans les études d'opinion, il pourrait se maintenir, à moins que la gauche opte pour le "front républicain" face à l'extrême droite, comme en 2015.

 

(Avec AFP)


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.