Kaboul arrête des dizaines de chefs tribaux après la reddition de troupes aux talibans

Des membres de la milice anti-talibans lors d'un combat en cours avec des insurgés talibans dans le village de Mukhtar à la périphérie de Lashkar Gah dans la province d'Helmand (Photo, AFP).
Des membres de la milice anti-talibans lors d'un combat en cours avec des insurgés talibans dans le village de Mukhtar à la périphérie de Lashkar Gah dans la province d'Helmand (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 20 juin 2021

Kaboul arrête des dizaines de chefs tribaux après la reddition de troupes aux talibans

  • Les talibans confirment l'envoi de délégations comprenant des chefs tribaux dans certaines régions pour négocier la reddition des forces gouvernementales
  • «Les conflits locaux sont habituellement réglés par la médiation. C'est notre vraie culture», dit Torek Farhadi, conseiller de l'ancien président Hamid Karzai

KABOUL: Des dizaines de chefs tribaux ont été arrêtés dans tout l'Afghanistan pour avoir encouragé les soldats du gouvernement à se rendre aux talibans, ont déclaré vendredi des responsables et des législateurs, alors que les insurgés intensifiaient leurs attaques contre les forces de Kaboul.

Les combats en Afghanistan se sont intensifiés au cours des dernières semaines alors que les États-Unis doivent mettre fin à leur présence militaire dans le pays ravagé par la guerre d'ici le 11 septembre. Les talibans ont augmenté leurs frappes, faisant craindre à Kaboul de reprendre le pouvoir par la force ou par les troupes gouvernementales.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé plus tôt cette semaine que l'implication des anciens du village pour persuader les soldats de Kaboul de quitter leurs bases en échange d'un passage sûr constitue une « coopération directe avec l'ennemi ».

"Des dizaines d'entre eux ont été arrêtés, leurs cas seront déférés aux autorités légales et judiciaires", déclare à Arab News le porte-parole du ministère, Tariq Arian.

Les arrestations ont commencé il y a deux semaines. Dans la province orientale du Nuristan, 19 chefs tribaux ont été arrêtés après que les talibans ont pris le contrôle de deux districts au début du mois. « Si Dieu le veut, les arrestations feront une différence. C'est pourquoi le gouvernement a pris cette décision », déclare le chef de la police du Nuristan, Aqel Shah Khelwati.

Il souligne que certaines des personnes arrêtées ont déclaré avoir été « forcées par les talibans » à servir de médiateur avec les soldats.

Les talibans ont confirmé avoir envoyé des délégations composées de chefs tribaux dans certaines régions, mais le porte-parole du groupe, Zabihullah Mujahid, a nié les y avoir contraints.

Certains législateurs afghans ont approuvé les arrestations, avec Fawzia Raoufi, membre du parlement de la province de Faryab, dans le nord du pays, qui affirme que le gouvernement "devrait empêcher" la reddition de ses soldats après que 300 militaires et policiers ont cédé jeudi soir aux talibans dans le district de Sherin Tagab.

Elle admet toutefois que les troupes sont restées sans soutien pendant des jours. « Ces troupes ont réclamé un soutien aérien pendant des jours, rien ne s'est passé, alors elles sont allées voir les talibans. Il y avait 84 véhicules blindés fonctionnels, des munitions et des armes qui sont tombés aux mains des talibans », déclare Raoufi. "C'est une tragédie et cela renforce les talibans."

Les talibans disent avoir capturé plus de 20 districts en Afghanistan depuis début mai, lorsque les forces dirigées par les États-Unis ont commencé à se retirer. Le gouvernement a concédé la perte de certaines zones mais n'a donné aucun détail.

Les arrestations ont suscité la controverse car les efforts de médiation sont courants dans les zones rurales du pays.

« Les conflits locaux sont habituellement réglés par la médiation. C'est notre vraie culture », dit Torek Farhadi, conseiller de l'ancien président Hamid Karzai.

« En négociant une trêve, des vies humaines sont sauvées et des familles gardent leurs proches en vie des deux côtés du conflit », précise-t-il. « Si les dirigeants communautaires accomplissent leur devoir islamique en négociant pour éviter les effusions de sang, c'est une excellente nouvelle car cela pourrait être annonciateur de poches de paix localisées en Afghanistan. »

Pour Haroun Rahimi, professeur de sciences politiques à l'Université américaine d'Afghanistan à Kaboul, la reddition des troupes peut avoir des conséquences « politiques et stratégiques désastreuses » en affectant le moral de l'armée, la légitimité de l'État et en fragmentant la coalition anti-talibans.

Il ajoute toutefois que « punir les habitants influents va aliéner les communautés locales et créer un sentiment anti-gouvernemental ».

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.