Un musée dédié au traumatisme silencieux et controversé des Allemands chassés de l'Est

Pour faire taire les démons du passé, le musée veut s'ancrer dans un récit universel, en consacrant un étage à l'histoire des déplacements forcés de population à travers le monde et le temps : du génocide arménien à la guerre en Syrie en passant par les "boat people" vietnamiens. (Photo, AFP)
Pour faire taire les démons du passé, le musée veut s'ancrer dans un récit universel, en consacrant un étage à l'histoire des déplacements forcés de population à travers le monde et le temps : du génocide arménien à la guerre en Syrie en passant par les "boat people" vietnamiens. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 20 juin 2021

Un musée dédié au traumatisme silencieux et controversé des Allemands chassés de l'Est

  • Entre 12 et 14 millions d'Allemands de souche ont été contraints de fuir l'Europe de l'Est à la fin de la Seconde Guerre mondiale
  • Certains membres de ces minorités soutinrent les forces d'invasion nazies, alimentant l'inimitié des autres populations, utilisée pour justifier les expulsions de l'après-guerre

BERLIN: Longtemps, le sort des millions d'Allemands chassés d'Europe centrale et orientale à la fin de la Seconde guerre mondiale a suscité les controverses. Un musée ouvre à Berlin pour raconter leur histoire et réconcilier les mémoires.

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La "Fondation de l'exil, de l'expulsion et de la réconciliation", dans le centre de Berlin, est située entre le musée de l'ancien siège de la Gestapo et les ruines de la gare Anhalter, d'où les Juifs étaient envoyés au camp de concentration de Theresienstadt, en République Tchèque. (Photo, AFP)

"Comment représenter les migrations forcées vécues par des Allemands, sans laisser le moindre doute quant à notre culpabilité dans le génocide des Juifs ?", résume Gundula Bavendamm, directrice de la nouvelle institution, pour décrire le défi relevé par son équipe.

La "Fondation de l'exil, de l'expulsion et de la réconciliation" s'attaque à un chapitre délicat de l'histoire allemande : les expulsions des minorités d'origine allemande vivant sur les territoires restitués à la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, l'URSS ou la Roumanie, après la défaite du Reich nazi en 1945.

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L'accès à l'espace du deuxième étage, consacré à l'exode des Allemands, ne peut se faire qu'en passant par une salle obscure consacrée à l'Holocauste. (Photo, AFP)

L'histoire et les souffrances de ces populations ont d'abord été occultées par les horreurs perpétrées par les Nazis, qui interdisaient de considérer les Allemands comme des victimes.

"Il faut parfois plusieurs générations, et les bonnes constellations politiques" pour regarder le passé, a observé Mme Bavendamm lors d'une visite de presse avant l'ouverture du musée au public prévue mercredi.

Charrette et doudou

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Parmi les objets évoquant les témoignages intimes, le visiteur découvre la charrette utilisée par la famille Ferger pour fuir le territoire de l'actuelle Serbie. (Photo, AFP)

Dans sa quête d'un récit équilibré, l'exposition replace ces expulsions dans le contexte de la logique expansionniste du IIIe Reich d'Adolf Hitler et les considère dans un contexte global.

La Fondation, dans le centre de Berlin, est d'ailleurs située entre le musée de l'ancien siège de la Gestapo et les ruines de la gare Anhalter, d'où les Juifs étaient envoyés au camp de concentration de Theresienstadt, en République Tchèque.

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Parmi les artéfacts exposés, une broderie jamais achevée ou encore un doudou, autant d'objets abandonnés au cours de ces départs précipités. (Photo, AFP)

L'accès à l'espace du deuxième étage, consacré à l'exode des Allemands, ne peut se faire qu'en passant par une salle obscure consacrée à l'Holocauste.

Puis viennent les témoignages intimes : le visiteur découvre la charrette utilisée par la famille Ferger pour fuir le territoire de l'actuelle Serbie, une broderie jamais achevée ou encore un doudou, autant d'objets abandonnés au cours de ces départs précipités. 

Sur la pochette en cuir d'une jeune fille figure son adresse dans la ville de Fraustadt -aujourd'hui Wschowa en Pologne: Adolf Hitler Strasse 36.

"On ne voulait pas faire un inventaire mais connaître l'histoire de chaque objet, le destin de chaque famille", explique Gundula Bavendamm. Des témoignages audio de familles expulsées ou de leurs descendants accompagnent quasiment chaque pièce présentée.

Le nombre de ces déplacés est estimé entre 12 et 14 millions. Beaucoup appartenaient aux communautés germanophones installées à l'est de l'Europe, entre le Danube et la Volga, depuis le 13ᵉ siècle.

Certains membres de ces minorités soutinrent les forces d'invasion nazies, alimentant l'inimitié des autres populations, utilisée pour justifier les expulsions de l'après-guerre.

À partir de l'hiver 1944-45, ils sont jetés sur les routes pour fuir l'avancée des troupes soviétiques. Ce transfert massif de population se poursuit de façon systématique après les accords d'armistice, jusqu'en 1950.

Au moins 600 000 personnes ont perdu la vie lors de ces migrations.

«École de l'ambivalence»

À leur arrivée dans une Allemagne exsangue, beaucoup ont été reçus avec méfiance, voire hostilité. Parallèlement, les groupes représentant les expulsés allemands avaient parfois des liens avec l'extrême droite.

"Ce musée est l'école de l'ambivalence”, résume sa directrice, rappelant qu'"en Allemagne, la commémoration des expulsions massives (...) a longtemps été entachée de révisionnisme historique", 

Ainsi, l'ancienne présidente de la fédération des expulsés allemands, Erika Steinbach, a quitté le parti conservateur CDU d'Angela Merkel en 2017, se rapprochant de la formation d'extrême droite AfD. Elle est l'une des personnalités à l'origine de la création du musée. 

"Même s'il faut reconnaître que sans elle, ce musée n'aurait jamais vu le jour, nous n'avons plus rien à voir avec elle”, assure l'actuelle directrice.

La conception de l'exposition permanente n'a pas été un long fleuve tranquille, donnant lieu au sein des experts associés au projet à des dissensions, parfois jusqu'à la démission de certains d'entre eux.

Selon le magazine Der Spiegel, l'institution espère "combler une dernière lacune dans la mémoire allemande".

Pour s'ancrer dans un récit universel, le musée consacre un étage à l'histoire des déplacements forcés de population à travers le monde et le temps : du génocide arménien à la guerre en Syrie en passant par les "boat people" vietnamiens.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.