Régionales: l'heure des tractations après un 1er tour plombé par l'abstention

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et candidat des Républicains (LR) aux élections régionales de la région PACA, Renaud Muselier, arrive à son siège de campagne après les résultats du premier tour des régionales françaises élections le 20 juin 2021 à Marseille, dans le sud de la France. (Photo, AFP)
Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et candidat des Républicains (LR) aux élections régionales de la région PACA, Renaud Muselier, arrive à son siège de campagne après les résultats du premier tour des régionales françaises élections le 20 juin 2021 à Marseille, dans le sud de la France. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 21 juin 2021

Régionales: l'heure des tractations après un 1er tour plombé par l'abstention

  • Les discussions s'étaleront jusqu'à mardi à 18H00 pour négocier des alliances, fusions ou retraits de listes pour le second tour
  • L'abstention atteindrait entre 66,1% et 68,6% selon les estimations des instituts de sondage, soit un record tous scrutins confondus en France hors référendum

PARIS : Les tractations sont lancées lundi matin pour le second tour des régionales et départementales, après le choc d'un premier tour déserté par deux électeurs sur trois, une "abstention abyssale" qui a profité aux présidents de région sortants, de droite comme de gauche.

 

Régionales en Guadeloupe: Ary Chalus (LREM) rate de peu une réélection dès le 1er tour

POINTE-A-PITRE : Le président sortant de la Région Guadeloupe, Ary Chalus (LREM), a raté de peu dimanche une réélection dès le premier tour, avec 49,31% des suffrages, loin devant la liste de la présidente socialiste du département Josette Borel Lincertin (17,38%).

Surprise de ce premier tour, Ronald Selbonne, porte-parole de l'Alyans Nasyonal Gwadloup (nationalistes), arrive en troisième position.

Comme ailleurs, ce scrutin où 12 listes étaient en lice pour élire les 41 conseillers régionaux, a été marqué par une très forte abstention avec un taux de participation de 30,85% contre 47,21% en 2015.

Le vote a été perturbé dans certaines communes par l'ouverture de bureaux en retard, soit à cause d'un manque d'effectifs (assesseurs absents), soit à cause d'actes de vandalisme. Dans un communiqué, le préfet Alexandre Rochatte a "dénoncé les détériorations et saccages des bureaux de vote à Gosier" et les a "condamnés fermement".

La campagne électorale a été émaillée d'enquêtes politico-financières avec plusieurs candidats placés en garde à vue ces dernières semaines, parmi lesquels Ary Chalus dans le cadre d’une enquête pour "abus de confiance, détournement de fonds publics et financement illégal" de la campagne de 2015.

Josette Borel Lincertin (FGPS, Fédération guadeloupéenne du Parti socialiste) a, elle, été placée en garde à vue une dizaine d’heures dans le cadre d’une enquête pour "prise illégale d’intérêt, complicité de prise illégale d’intérêt ou recel". Selon une source proche de l’enquête, les auditions portaient notamment sur "un recrutement à l’Office de l’Eau".

Arrivé quatrième avec 5,56% des voix, le député Max Mathiasin, ancien membre de la FGPS à la tête d'une liste d'union de plusieurs composantes de la gauche locale, est mis en examen depuis septembre 2020 pour "abus de confiance et détournement de bien public par personne dépositaire de l’autorité publique".

Quant aux départementales, dont les résultats n'étaient pas encore entièrement connus, elles sont elles aussi marquées par une forte abstention: le taux de participation s’élève à seulement 30,59%, alors qu’il était de 48,49% en 2015.

Plusieurs cantons ont été remportés dès ce premier tour. Quinze maires étaient candidats en tant que titulaires pour ces élections portant sur 21 cantons.

Le ticket emmené par le maire de Sainte-Anne, Christian Baptiste, arrive ainsi largement en tête devant les sept autres binômes en lice, avec 52,7% des suffrages. Même succès pour le maire de Petit-Bourg, Guy Losbar, dans le cinquième canton (Baie-Mahault 2/Petit-Bourg)

Josette Borel Lincertin, candidate dans le troisième canton des Abymes, n’échappera pas à un second tour.

Aucun suspense pour le seul binôme en lice dans le deuxième canton de Sainte-Rose, qui s'étend sur le territoire de Deshaies: il passe évidemment dès le 1er tour avec 100% des suffrages exprimés, même si le duo n’a, abstention oblige, réuni que 22,37% des électeurs inscrits.

Les discussions s'étaleront jusqu'à mardi à 18H00 pour négocier des alliances, fusions ou retraits de listes pour le second tour, notamment en Paca, région où le RN est le mieux placé et où la tête de liste de gauche Jean-Laurent Felizia n'entend pas se retirer en dépit des pressions d'EELV et du PS.

Pour le parti de Marine Le Pen, que les sondages annonçaient en tête dans plusieurs régions, la désillusion est sévère. Le Rassemblement national perd neuf points par rapport à 2015.

Reconnaissant que ses électeurs ne s'étaient "pas déplacés", la candidate à la présidentielle de 2022 a appelé "au sursaut" pour le second tour.

 

Paca: pour le RN Mariani, «rien est joué»

Rien est joué" en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, a lancé lundi le candidat du Rassemblement national (RN) Thierry Mariani arrivé en tête au premier tour mais moins largement qu'attendu face au président sortant Les Républicains Renaud Muselier dans une région où se dessine une triangulaire.

Le candidat du Rassemblement écologique et social (16,89%), Jean-Laurent Felizia, a annoncé dimanche soir se maintenir au second tour, contre l'avis des partis à Paris dont EELV qui menace de l'exclure.

"On est surpris et déçu par les abstentionnistes (...) et il semble qu'il y ait beaucoup de notre électorat populaire qui ne se soit pas déplacé", a déclaré Thierry Mariani, devant un jus d'orange pressée sur une terrasse du Vieux-Port de Marseille.

Néanmoins, "il y a 4,5 points de différence" entre sa liste qui est en tête (36,38%) et le LR Renaud Muselier (31,91%), "seul président sortant qui n'arrive pas en tête dans sa région", a fait remarquer l'ex-ministre de Nicolas Sarkozy passé à l'extrême droite.

Avant de repartir en campagne dans le Var, il a tendu la main aux électeurs de Debout La France, qui ont enregistré 2,70% des voix, pas suffisamment pour fusionner leur liste.

"On regarde ce que va faire la liste de (Nicolas) Dupont-Aignan (...) il devrait appeler à voter clairement pour nous", a-t-il ajouté.

Dimanche soir, le candidat de cette formation, Noël Chuisano, avait refusé de donner toute consigne de vote à chaud, selon le quotidien La Provence. Son équipe devait se réunir lundi, "mais je ne vois pas ce qu'on peut donner comme consigne", avait ajouté M. Chuisano.

Pour M. Mariani, le maintien de l'écologiste Jean-Laurent Félizia "est une bonne nouvelle pour la démocratie". Le but de la politique française, c'est pas de faire barrage à quelqu'un".

De son côté, M. Muselier en déplacement à Marignane sur le thème de l'aéronautique a estimé que M. Felizia "avait toujours dit qu'il prendrait ses responsabilités si il y avait un risque RN. Et il y a un vrai risque". 

"Ca devient une aventure personnelle, ça n'est plus une démarche politique", a-t-il estimé.

Dans le canton du Pas-de-Calais où elle se présentait aux départementales, elle a obtenu dimanche 61% des voix, mais n'est pas élue, le taux d'abstention de 66,4% étant aussi élevé que la moyenne nationale.

Egalement en retrait, les candidats de la majorité présidentielle ne totalisent que 11,5% des suffrages selon Ipsos, un score qui confirme la faible implantation locale de LREM.

La gauche peut remporter au moins sept régions, estime Faure

Le "bloc social et écologique" peut remporter au moins sept régions dimanche, a estimé le premier secrétaire du PS Olivier Faure lundi sur RTL. 

"Je pense que nous pouvons gagner sept régions dimanche prochain, cinq régions déjà détenues par la gauche (où les présidents PS sortants sont tous en tête, ndlr) et deux régions, Pays de la Loire et Ile-de-France, où nous pouvons l'emporter", a-t-il affirmé. Dans ces deux dernières régions, ce sont les candidats écologistes qui sont arrivés en tête de la gauche, et vont donc mener la liste d'union. 

Olivier Faure estime qu'il "n'est pas impossible" qu'un "sursaut démocratique" des électeurs ait lieu entre les deux tours.

Dans ce cas, "la Normandie n'est pas inaccessible, et y compris d'autres régions peuvent devenir des enjeux à la condition d'une mobilisation très forte de celles et ceux qui se reconnaissent dans ce bloc social et écologique", a-t-il poursuivi.

"Beaucoup nous ont dit +on ne supporte plus les divisions+. Et bien au 2e tour, il n'y aura pas de divisions, il y aura un élan créé par ce rassemblement et je souhaite qu'il porte ses fruits et que dimanche prochain nous ayons d'autres surprises positives", a-t-il ajouté. 

Pour lui, les résultats du premier tour des régionales ont montré qu'"il y a une possibilité de victoire" de la gauche au niveau national l'année prochaine, avait-il dit un peu plus tôt sur France Inter.

"Je ne vous dis pas que c'est ce qui se passera, je vous dis que c'est possible", a-t-il insisté, soulignant que "la réalité, c'est que les sondages se sont plantés aux européennes, ils se sont plantés aux municipales et se sont plantés aux régionales".

"Depuis hier nous savons que les Français ont choisi majoritairement de prendre soit les candidats de la droite, soit les candidats de la gauche, et en réalité, le bloc social et écologique est même devant celui de la droite", a-t-il poursuivi.

 

Résistance du duo gauche-droite

 

L'abstention atteindrait entre 66,1% et 68,6% selon les estimations des instituts de sondage, soit un record tous scrutins confondus en France hors référendum. Jusqu'à présent, l'abstention la plus élevée pour un premier tour des régionales datait de 2010 avec 53,67%.

"Abyssale", l'abstention est "en partie liée à la situation sanitaire", a plaidé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, ajoutant qu'elle "doit tous nous alerter". Dans ces conditions, difficile de tirer des enseignements nets de ce scrutin local, dont les analystes disaient dès dimanche soir qu'il était "en trompe-l'oeil".

"Il n'est pas évident" que le résultat "corresponde à une réalité du pays. C'est la part la plus légitimiste de l'électorat français, très souvent un électorat plus âgé que la moyenne", qui s'est déplacé, jugeait ainsi Stéphane Zumsteeg (Ipsos).

Le premier tour est marqué par la résistance du duo gauche-droite, la première totalisant 34,4% des suffrages et la seconde 28,7%, selon les estimations de l'Ifop. Les deux grands partis traditionnels bénéficient à plein de la "prime aux sortants", qui ont été à la manoeuvre lors de la crise sanitaire. Cela permet à la droite d'espérer pouvoir conserver ses sept régions et la gauche ses cinq en France métropolitaine.

Malgré la mobilisation de cinq ministres, dont Eric Dupond-Moretti, la macronie est éliminée dès le premier tour dans les Hauts-de-France, où Xavier Bertrand (ex-LR) est en très bonne posture pour conserver la région, un succès dont il compte faire une rampe de lancement pour 2022.

Selon les estimations, il réunirait entre 39% et 46,9% des voix, très loin devant son concurrent du RN Sébastien Chenu (22,5% à 24,4%).

Même scénario pour le président d'Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez (LR), donné à plus de 45%, avec plus de 30 points d'avance sur la candidate des Verts Fabienne Grébert ou le prétendant du RN Andrea Kotarac.

Autre candidate potentielle en 2022, Valérie Pécresse (ex-LR) arrive largement en tête en Ile-de-France (autour de 35%), mais reste sous la menace d'une hypothétique union des candidats de gauche (Julien Bayou, Clémentine Autain, Audrey Pulvar) qui va focaliser l'attention dans les prochaines heures.

Coude à coude en Paca

En Paca, le suspens reste de mise. La liste RN de Thierry Mariani (36,38%) arrive devant le sortant LR Renaud Muselier (31,91%).

Le troisième homme Jean-Laurent Felizia (EELV/PS/PCF) (16,89%), a dit vouloir se maintenir au second tour, amenant dans la nuit le bureau exécutif d'EELV à lui retirer son soutien pour faire barrage au RN. "Nous allons continuer à tenter de le convaincre", a déclaré lundi matin sur LCI Eva Sas, porte-parole d'EELV.

La droite peut se réjouir de voir sortir en tête Jean Rottner dans le Grand Est, Christelle Morançais dans les Pays de la Loire et Hervé Morin en Normandie.

A gauche, les sortants prennent également une option, comme Carole Delga (PS/PCF) en Occitanie (39,67%), ou Alain Rousset (PS) en Nouvelle-Aquitaine, tandis qu'en Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay (PS) parvient à devancer le RN Julien Odoul (26,52% contre 23,19%).

Le jeu est très ouvert en Bretagne, où le socialiste Loïg Chesnais-Girard arrive en tête, et dans le Centre-Val-de-Loire, où François Bonneau (PS) devra négocier serré avec le candidat EELV/LFI Charles Fournier pour conserver sa région.

Enfin, en Corse, le président sortant de l'exécutif corse, l'autonomiste Gilles Simeoni, devra faire le plein des voix nationalistes pour battre la liste de droite menée par le maire d'Ajaccio Laurent Marcangeli, qu'il devance d'une courte tête, selon les sondages.

"Il ne faut pas tirer de leçons pour la présidentielle", considère le politologue Gérard Grunberg, pour qui "ces régionales sont la réplique des municipales", avec pour l'essentiel "une prime aux sortants".

Sur France Inter, la spécialiste de l'abstention Céline Braconnier a surtout retenu "une journée très très problématique du point de vue de la démocratie représentative" à cause de l'abstention, qui traduit à ses yeux une "offre politique illisible".

Pour les départementales, un scrutin resté à l'ombre des régionales, la stabilité était attendue, avec une large majorité pour la droite, selon l'Assemblée des départements de France.


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.