Divisions à vif au Sénat américain après le blocage d'une réforme électorale

«La démocratie est en danger, ici en Amérique», a martelé mardi la Maison Blanche dans un communiqué. (Photo, AFP)
«La démocratie est en danger, ici en Amérique», a martelé mardi la Maison Blanche dans un communiqué. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 23 juin 2021

Divisions à vif au Sénat américain après le blocage d'une réforme électorale

  • Tous les républicains présents dans l'hémicycle se sont opposés à l'ouverture même des débats sur le vaste projet démocrate de réforme électorale
  • Joe Biden soutenait ce projet, nécessaire selon lui pour contrer les attaques «absolument sans précédent» contre le droit de vote des minorités

WASHINGTON: Les républicains ont bloqué mardi au Sénat américain un projet démocrate de réforme électorale, exposant de profondes divisions autour de questions cruciales pour la démocratie: le droit de vote et les différents modes d'accès aux urnes, au cœur des contestations du résultat de la présidentielle par Donald Trump.

C'est un simple vote de procédure, mais chargé de symbolique, qui a exposé ces clivages.

Tous les républicains présents dans l'hémicycle se sont opposés à l'ouverture même des débats sur le vaste projet démocrate de réforme électorale, renvoyant, pour l'instant au moins, ce texte aux oubliettes.

"Coup de force" démocrate pour s'emparer du pouvoir ou rempart pour lutter contre la tentative "coordonnée" républicaine de restreindre le droit de vote?

Les deux chefs de partis au Sénat se sont renvoyé mardi leurs visions de ce projet de loi, présenté dans un pays encore sous le choc de l'assaut meurtrier du Capitole par des partisans de Donald Trump qui niaient, comme lui, la victoire de Joe Biden. 

Le nouveau président américain soutenait ce projet, nécessaire selon lui pour contrer les attaques "absolument sans précédent" contre le droit de vote des minorités. 

"La démocratie est en danger, ici en Amérique", a martelé mardi la Maison Blanche dans un communiqué. 

Autre signe de l'importance que l'administration Biden accordait à cette initiative, c'est sa vice-présidente Kamala Harris qui a présidé le vote. 

Élection «truquée»

"Le grand mensonge de Donald Trump s'est répandu comme un cancer" chez les républicains, avait tonné plus tôt dans l'hémicycle le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer.

Ce "mensonge", ce sont les multiples accusations de fraudes électorales que l'ex-président républicain a lancées à propos de la présidentielle de 2020.

À cause de la pandémie, davantage d'options pour déposer son bulletin – vote anticipé, par correspondance, avec des délais parfois étendus, ou des urnes accessibles dans la rue – avaient alors été autorisées.

Toutes les accusations de tricheries massives ont été rejetées, y compris par des juges nommés par l'administration Trump.

Mais cinq mois après avoir quitté la Maison Blanche, le milliardaire n'a toujours pas reconnu explicitement la victoire de Joe Biden. "L'élection présidentielle de 2020 était truquée!", a-t-il encore écrit mardi.

Pour, disent-ils, empêcher que ces fraudes supposées ne se répètent, une quinzaine d'États dirigés par des républicains ont promulgué, depuis le début de l'année, des lois électorales restrictives. Et quelque 400 projets de lois ont été présentés.

Pour Chuck Schumer, il s'agit de "la plus vaste initiative pour restreindre le vote depuis au moins 80 ans", à l'époque de la ségrégation raciale.

«Pas terminée»

La gigantesque réforme électorale proposée par les démocrates prévoit notamment d'élargir les possibilités de s'inscrire sur les listes électorales, y compris le jour du scrutin, d'obliger les États à permettre le vote par anticipation, d'exiger plus de transparence sur les financements de campagne, ainsi qu'auprès du président des États-Unis, en l'obligeant à révéler ses déclarations d'impôts. 

Et après des négociations avec le seul sénateur démocrate qui s'opposait à certains points du texte, le conservateur Joe Manchin, le texte prévoit aussi l'obligation pour les électeurs de présenter des preuves d'identité. Cette mesure est dénoncée par certains comme discriminatoire, dans ce pays où les cartes d'identité ne sont pas obligatoires.

Pour le chef des sénateurs républicains Mitch McConnell, le projet de réforme n'est qu'une "tentative" des démocrates "de faire pencher toutes les élections américaines en leur faveur pour toujours". "Une prise de contrôle fédérale des élections qui divise", a renchéri Mitt Romney.

M. McConnell a aussi dénoncé ceux qui, chez les démocrates, appellent à pulvériser la règle exigeant 60 voix pour surmonter les votes de procédure, avant de parvenir au vote final à majorité simple (51).

Une option qui reste toutefois très improbable à ce jour, puisque plusieurs démocrates s'y opposent aussi. 

Sans dévoiler comment il espérait surmonter l'opposition républicaine, Chuck Schumer a juré après l'échec du vote, d'"étudier toutes" les voies qui permettraient de parvenir à un vote sur le sujet.

"La lutte pour protéger le droit de vote n'est pas terminée."


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.