Vers la fin du ciblage publicitaire en ligne? Le débat monte en Europe

Plus de 80% des revenus de Google proviennent de la publicité, soit l'an dernier plus de 120 milliards d'euros. Facebook en a tiré de son côté près de 70 milliards d'euros de recettes. (Photo, AFP)
Plus de 80% des revenus de Google proviennent de la publicité, soit l'an dernier plus de 120 milliards d'euros. Facebook en a tiré de son côté près de 70 milliards d'euros de recettes. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 23 juin 2021

Vers la fin du ciblage publicitaire en ligne? Le débat monte en Europe

  • Le spécialiste californien des réseaux sociaux (qui contrôle aussi WhatsApp et Instagram) est devenu l'une des entreprises les plus rentables du monde en récoltant des milliards de données sur des individus,
  • La commission européenne a présenté en décembre deux projets de règlement (DSA et DMA) pour limiter les dérives des géants de l'internet

BRUXELLES: La surveillance des internautes pour mieux les cibler avec des publicités personnalisées est au cœur du modèle économique des géants de la tech comme Facebook, mais des voix s'élèvent en Europe pour la faire interdire au nom du respect de la vie privée.

Le spécialiste californien des réseaux sociaux (qui contrôle aussi WhatsApp et Instagram) est devenu l'une des entreprises les plus rentables du monde en récoltant des milliards de données sur des individus, dont la moindre action en ligne est scrutée et analysée, afin d'aider les annonceurs à communiquer de façon plus efficace.

La commission européenne a présenté en décembre deux projets de règlement (DSA et DMA) pour limiter les dérives des géants de l'internet. Ces textes, actuellement débattus par le Parlement européen et les 27 Etats membres de l'UE, ne remettent pas en cause le modèle publicitaire dominant. Mais des élus et ONG veulent profiter du débat pour durcir le texte.

"J'espère que le Parlement n'interdira pas la publicité en général, mais le micro-ciblage publicitaire ne devrait pas exister", a déclaré l'eurodéputée danoise Christel Schaldemose, rapporteuse du projet de loi DSA.

"Il devrait être plus facile pour un consommateur de dire non" à la publicité micro-ciblée, a déclaré à l'AFP cette élue social-démocrate, même si cela aurait un "impact énorme" sur la façon dont Facebook et d'autres font des affaires.

Plus de 80% des revenus de Google proviennent de la publicité, soit l'an dernier plus de 120 milliards d'euros. Facebook en a tiré de son côté près de 70 milliards d'euros de recettes. 

Lobbying féroce

Pas étonnant que les questionnements sur la pub suscitent le lobbying le plus féroce dans les institutions européennes.

"Le pouvoir économique et politique de ces géants du numérique est considérable, et ils ne vont pas rester passifs", a récemment écrit Tommaso Valletti, ancien économiste en chef à la direction générale de la concurrence au sein de la Commission européenne.

Un rapport d'une organisation de défense des consommateurs norvégiens réclame l'interdiction de la "publicité basée sur la surveillance". Soutenu par le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) et la Fédération des consommateurs américains (CFA), le document publié mercredi affirme que la publicité ciblée entraîne une discrimination généralisée, une manipulation des consommateurs et constitue même un risque pour la sécurité nationale.

"Les consommateurs devraient être libres de décider de ce qu'ils veulent faire ou acheter sans être constamment surveillés, contraints, trompés ou manipulés", a déclaré Ursula Pachl, directrice générale adjointe du BEUC. "L'UE a une chance de créer une société numérique plus juste en interdisant la publicité de surveillance par le biais de la loi sur les services numériques et nous exhortons les décideurs à le faire."

Même les géants de la technologie sont divisés sur l'avenir du modèle publicitaire. Les patrons de Facebook, Mark Zuckerberg, et d'Apple, Tim Cook, ont eu de vifs échanges alors que le fabricant de l'iPhone a publiquement contesté la légitimité éthique du suivi des utilisateurs.

Facebook fait valoir que la publicité assure la gratuité de l'internet. "L'approche d'Apple est complètement différente, elle fait payer le prix fort pour du matériel joliment conçu, associé à des services", explique le vice-président de Facebook et responsable de la communication mondiale, Nick Clegg.

Google propose lui un outil supprimant le "cookie" de suivi qui permet le ciblage publicitaire.

« Préoccupations légitimes »

Une source au Parlement européen doute qu'une interdiction pure et simple soit dans les cartons, des acteurs puissants, dont les gouvernements allemand et français, n'étant pas prêts à aller aussi loin.

La proposition actuelle du Parlement européen demande que la publicité ciblée ne puisse exister qu'en tant que choix volontaire des utilisateurs et non comme dispositif par défaut.

Une telle disposition sonnerait certainement le glas du suivi publicitaire.

Elle irait trop loin, selon un avis des autorités françaises rapporté par le site d'information Contexte. Si Paris comprend "les préoccupations légitimes" des eurodéputés, il s'inquiète pour le financement des médias européens. Une telle mesure ferait "perdre aux éditeurs une grande partie de leurs revenus publicitaires numériques".

La France estime que la fin du ciblage, qui améliore l'efficacité des annonces, pourrait finalement provoquer "une augmentation du volume de publicité" et même "renforcer l'avantage concurrentiel des grandes plateformes".

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.