A dans 17 ans: la très particulière saison des cigales s'achève aux Etats-Unis

L'heure de leur départ, justement, a sonné dans plusieurs régions où on ne les entend plus chanter, et où leurs corps désormais sans vie jonchent les trottoirs. Ce n'est plus qu'une question de temps pour les autres. (Photo, AFP)
L'heure de leur départ, justement, a sonné dans plusieurs régions où on ne les entend plus chanter, et où leurs corps désormais sans vie jonchent les trottoirs. Ce n'est plus qu'une question de temps pour les autres. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 24 juin 2021

A dans 17 ans: la très particulière saison des cigales s'achève aux Etats-Unis

  • Elles sont sorties par milliards depuis avril et mai dans plusieurs Etats de l'Est américain, comme le Maryland et l'Ohio, ainsi que dans la capitale fédérale Washington
  • Les cigales auront en tout cas rythmé ce printemps de l'entre-deux, entre pandémie de coronavirus et libération vaccinale, et parfois poussé à des réflexions existentielles

WASHINGTON: L'une a provoqué un accident de voiture, l'autre a osé atterrir sur le cou du chef de la première puissance mondiale. Après une saison agitée, les fameuses cigales dites périodiques, qui n'émergent que tous les 17 ans aux Etats-Unis, sont en train de quitter les gros titres et la surface de la terre.

Elles sont sorties par milliards depuis avril et mai dans plusieurs Etats de l'Est américain, comme le Maryland et l'Ohio, ainsi que dans la capitale fédérale Washington.

Pendant des semaines, elles ont vécu comme leurs ancêtres avant elles: sorties du sable à l'état de nymphes après avoir emprunté des tunnels patiemment creusés, dès que la température est montée, elles ont mué, se sont accouplées, ont pondu pour perpétuer l'espèce puis ont trépassé.

Vedettes de la saison

Mais pas avant d'avoir maladroitement volé d'arbre en arbre, de s'être heurtées toutes vrombissantes à des humains ou d'être tombées dans leurs assiettes - car la cigale est pataude.

Peut-être le point d'orgue de la cuvée 2021 aura-t-il été le 9 juin, jour du départ du président Joe Biden pour son premier voyage à l'étranger. On a alors vu le chef de l'Etat chasser l'audacieuse bête venue se poser sur son cou, la projetant au sol.

"Attention aux cigales, je viens d'en avoir une, elle m'a eu!", a-t-il plaisanté auprès des journalistes.

La veille, une nuée des insouciants insectes -- si nombreux dans la région qu'ils étaient apparus sur les radars météo -- avait envahi les moteurs de l'avion qui devait transporter les dizaines de reporters accompagnant le président dans sa tournée, clouant l'appareil au sol pendant plusieurs heures. Au final, un autre avion avait dû être affrété.

Et bien que les "cicadas" soient, à l'inverse des criquets, inoffensives, elles peuvent être à l'origine de fâcheux événements.

Comme à Cincinnati, dans l'Ohio.

"Historiquement, chaque fois qu'elles émergent, plusieurs accidents de voiture leur sont attribués. C'est la même chose cette année", a écrit la police de la ville le 7 juin sur Facebook.

"Ce soir, un jeune homme (...) a traversé une grosse nuée de cigales au volant. L'une est entrée dans l'habitacle par une vitre ouverte et l'a heurté au visage, le stupéfiant temporairement. Il est ensuite allé s'écraser dans un poteau électrique", a-t-elle ajouté.

"Prenez soin de garder vos vitres fermées jusqu'au départ de nos petites amies aux yeux rouges", ont exhorté les forces de l'ordre. 

Questionnements existentiels

L'heure de leur départ, justement, a sonné dans plusieurs régions où on ne les entend plus chanter, et où leurs corps désormais sans vie jonchent les trottoirs. Ce n'est plus qu'une question de temps pour les autres.

Pour les entomologistes, c'est le moment de commencer à évaluer la saison.

"En certains endroits, elles semblent avoir élargi leur présence, tandis qu'ailleurs, leur présence a diminué. Cela va prendre du temps de passer en revue les données", explique à John Cooley, du département d'écologie et biologie évolutionnaire de l'université du Connecticut à Hartford, qui a lancé un projet de cartographie des cigales.

"Là où les arbres ont été arrachés et des surfaces construites, les cigales sont parties pour toujours. En revanche, là où les terrains agricoles sont redevenus des parcs ou des biens résidentiels, et où des arbres ont été plantés, il y a davantage de cigales", précise Michael J. Raupp, du département d'entomologie de l'université du Maryland.

Quant au réchauffement climatique, "il va certainement les affecter, mais on ne sait pas exactement comment", selon le Dr Cooley.

Pour le professeur Raupp, la hausse des températures va "permettre aux cigales d'élargir leur présence plus au nord", et on pourrait les voir apparaître "plus tôt dans l'année". Autre hypothèse, certaines pourraient émerger tous les 13 ans plutôt que tous les 17 ans, ajoute-t-il.

Les cigales auront en tout cas rythmé ce printemps de l'entre-deux, entre pandémie de coronavirus et libération vaccinale, et parfois poussé à des réflexions existentielles.

Car au moment où les nymphes s'enfouissent sous terre pour passer les deux prochaines décennies à se nourrir du suc de racines d'arbres, et que croît l'inquiétude sur l'état de la planète, difficile de ne pas se demander où en sera l'humanité dans 17 ans. La réponse en 2038, ou peut-être avant.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".