Régionales: malgré une campagne qui se «dénationalise», une autre abstention record se profile

L'abstention record du premier tour des régionales (66,72%) met "la démocratie française plus que jamais en péril", selon une étude publiée vendredi par l'Institut Jean Jaurès, qui propose des pistes pour y faire face, comme le vote par correspondance ou une réforme du calendrier électoral. (AFP).
L'abstention record du premier tour des régionales (66,72%) met "la démocratie française plus que jamais en péril", selon une étude publiée vendredi par l'Institut Jean Jaurès, qui propose des pistes pour y faire face, comme le vote par correspondance ou une réforme du calendrier électoral. (AFP).
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Régionales: malgré une campagne qui se «dénationalise», une autre abstention record se profile

  • Plus que deux jours avant la tenue du deuxième tour des régionales et l'abstention demeure reine à l'heure qu'il est
  • Un sondage Ifop prévoit 36% d'intention d'abstention ce qui laisse planer une vague d'incertitude quant aux résultats du scrutin

PARIS: Après le record d'abstention au premier tour, la campagne des régionales et les départementales se "dénationalise" pour le second, prévu dimanche, en se concentrant sur les enjeux locaux mais sans remobiliser les électeurs pour l'instant. Selon plusieurs sondages, l'abstention resterait record lors du 2e tour, avec 36% d'intention d'abstention selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche. 


"Entre les deux tours, les forces politiques, toutes tendances confondues, ont compris qu'elles n'avaient rien à gagner avec une nationalisation de la campagne", affirme à l'AFP le politologue Pascal Perrineau, pour qui cette stratégie "a été marquée par l'échec, absolument partout dimanche dernier". 

Le thème de la sécurité qui s'était imposé au premier tour, même si les compétences des régions sont minimes dans ce domaine, a perdu de son importance pour céder la place à un débat plus local.


Au premier tour, souvent présenté comme un dernier test avant la présidentielle de 2022, seulement un électeur sur trois s'est rendu aux urnes et il a souvent accordé son suffrage aux sortants, issus des rangs des Républicains et du PS, aux dépens du Rassemblement national et de la majorité présidentielle.


Conséquence: le thème de la sécurité qui s'était imposé au premier tour, même si les compétences des régions sont minimes dans ce domaine, a perdu de son importance pour céder la place à un débat plus local.

 

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Autre preuve d'une relocalisation des débats: les déplacements de figures nationales pour soutenir leurs poulains ont considérablement diminué, à quelques exceptions près comme l'écologiste Yannick Jadot qui s'est rendu jeudi dans les Pays de la Loire pour prêter main forte à Matthieu Orphelin.


"Les sortants privilégient logiquement une campagne régionale", observe Bernard Sananès, président de l'institut Elabe, qui a également "le sentiment que les deux partis sortis plutôt affaiblis du premier tour (RN et LREM) veulent garder leurs distances par rapport au scrutin".

 

Dans les Hauts-de-France, où pas moins de cinq ministres étaient en lice, la majorité a été éliminée dès le premier tour "alors que le président Emmanuel Macron avait mis tout son poids pour venir au dernier moment visiter cette région".


"C'est particulièrement frappant du côté du gouvernement qui a été extrêmement discret depuis dimanche", constate-t-il, soulignant que le Premier ministre Jean Castex avait battu la campagne la semaine dernière pour soutenir les candidats de la macronie.


M. Perrineau rappelle que dans les Hauts-de-France, où pas moins de cinq ministres étaient en lice, la majorité a été éliminée dès le premier tour "alors que le président Emmanuel Macron avait mis tout son poids pour venir au dernier moment visiter cette région".


"Tout cela montre les limites de la nationalisation", ajoute-t-il, y compris pour Marine Le Pen, dont le parti n'est arrivé en tête que dans une seule région (Provence-Alpes-Côte d'Azur) au premier tour contre 6 en 2015. Après avoir multiplié les déplacements avant le premier tour, la présidente du RN ne s'est rendue dans aucune région cette semaine.

 

« La démocratie française plus que jamais en péril », selon l'Institut Jean Jaurès                      

L'abstention record du premier tour des régionales (66,72%) met "la démocratie française plus que jamais en péril", selon une étude publiée vendredi par l'Institut Jean Jaurès, qui propose des pistes pour y faire face, comme le vote par correspondance ou une réforme du calendrier électoral.


Sur le long terme, l’abstention est "une gangrène qui mine directement la légitimité des représentants" politiques, affirment les deux auteurs de l'étude, Antoine Bristielle et Tristan Guerra, directeur et membre de l'Observatoire de l’opinion de cette Fondation proche du PS.


Selon eux, "il faut se départir d'une lecture trop nationale de ces élections régionales. Si l'ancien monde semble pour partie persister à l'échelle locale en 2021, cela ne dit rien des grands équilibres à venir en 2022" pour la présidentielle. Mais "la fatigue démocratique perturbe facilement les grands équilibres, précaires, dans lesquels est bâtie la Cinquième République", mettent-ils en garde.


Ils suggèrent des "pistes pour que les citoyens renouent avec les urnes". "Il peut s'agir de prévoir des mécanismes de vote supplémentaires" comme le vote par correspondance. "Toutefois, il faut être conscient que ces mécanismes ne sont absolument pas un remède miracle à l'abstentionnisme de masse".


Les représentants politiques devraient "prendre conscience des limites du système politique actuel" et s'atteler à une réforme du calendrier électoral (par exemple, jumeler les législatives et la présidentielle), du mode de scrutin, ou "décentraliser encore davantage", avec "l'organisation régulière de référendums".


"Les citoyens souhaitent exercer plus directement le pouvoir politique, et cela passe avant tout par une surveillance plus étroite des activités de leurs élus. Plus fondamentalement, ce n'est pas aux citoyens de s'adapter aux institutions politiques telles qu'elles existent", "mais c'est bien à ces institutions de s'adapter aux aspirations et à l'expression des citoyens d'aujourd’hui", affirment les auteurs.


Selon eux, "en refusant de prendre en compte ces demandes de plus en plus fortes au sein de la société, et dont l'abstention lors des élections régionales est un des innombrables symptômes, la démocratie française est plus que jamais en péril".

Un front républicain mobilisé ? Cette régionalisation de la campagne rime-t-elle avec remobilisation ? Pas forcément. Un sondage Ifop pour le Journal du dimanche publié jeudi ne laisse entrevoir pour dimanche qu'un tout petit rebond de la participation qui s'élèverait à 36% contre 33,3% au premier tour. 

Sur 100 électeurs du chef de file écologiste de l'union de la gauche Jean-Laurent Félizia, qui s'est désisté, le LR "Renaud Muselier en prend 45 et 52 vont à l'abstention. Nous ne sommes pas dans les rapports d'il y a six ans avec un report de deux tiers des votants de la gauche sur la liste emmenée alors par Christian Estrosi", souligne Frédéric Dabi.

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"Nous sommes plus sur une réédition du premier tour que sur un schéma vertueux comme en 2015 où il s'était produit une vraie remobilisation de l'électorat avec 7 points gagnés au plan national et jusqu'à 9 points en Paca", souligne Frédéric Dabi directeur général de l'Ifop.


Un constat renforcé par un autre sondage du même institut pour LCI et le Figaro qui montre que le retrait de la gauche au second tour en Paca pour faire barrage au RN Thierry Mariani ne mobilise pas autant qu'en 2015, du moins pour l'instant.


Sur 100 électeurs du chef de file écologiste de l'union de la gauche Jean-Laurent Félizia, qui s'est désisté, le LR "Renaud Muselier en prend 45 et 52 vont à l'abstention. Nous ne sommes pas dans les rapports d'il y a six ans avec un report de deux tiers des votants de la gauche sur la liste emmenée alors par Christian Estrosi", souligne Frédéric Dabi.


Quant à l'appel lancé par Marine Le Pen au soir du premier tour à ses électeurs, il ne semble pas non plus suivi d'effets pour l'instant: "On ne voit pas de remobilisation particulière", souligne M. Dabi. 


A défaut d'éléments sur un regain de participation, M. Sananès rappelle que "les électorats les moins mobilisés au premier tour ont été celui du RN et celui de gauche. C'est dans ces deux électorats qu'il peut se passer des choses", estime-t-il.

Un second tour des régionales marqué par les incertitudes

Désamour de la politique? Week-end estival à l'heure où la France se déconfine? Message envoyé pour faire changer les institutions? Les raisons de cette abstention sont diverses.


"C'est un peu tout ça à la fois. On voit se parachever une déconnexion entre les électeurs et la classe politique. Et le contexte sanitaire a fait qu'il y a eu peu d'évènements en extérieur, ça a compliqué la communication vis-à-vis de certains publics", explique à l'AFP Jessica Sainty, maîtresse de conférences en science politique à l'université d'Avignon (Sud).  

Au-delà de la question de la participation, le scrutin de dimanche comporte son lot d'incertitudes dans plusieurs régions.


"Il y a une explication structurelle à cette abstention: c'est la difficulté des électeurs à se repérer avec des régions de plus en plus grandes avec de moins en moins d'identité culturelle. Ca freine le vote qui est un rite d'appartenance collective", ajoute Jérôme Sainte-Marie, président de l'institut de sondage PollingVox. 

 

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Toute la semaine, la plupart des partis politiques se sont émus de ces chiffres record et ont envisagé quelques changements.


Plusieurs cadres de la majorité, dont le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, se sont dits favorables au vote électronique dans le futur tandis qu'à court terme d'autres misaient sur une campagne "éclair" sur les réseaux sociaux pour inciter les électeurs à se déplacer dimanche.

Au-delà de la question de la participation, le scrutin de dimanche comporte son lot d'incertitudes dans plusieurs régions.


Dimanche dernier, l'extrême droite (Rassemblement National, RN) n'est arrivée en tête que dans une seule région, Provence-Alpes Côte d'Azur (Paca, sud-est), un résultat décevant par rapport aux sondages qui l'annonçaient devant dans plusieurs territoires.


En Paca, son candidat Thierry Mariani livrera un duel serré face à son rival de droite Renaud Muselier qui devrait bénéficier du retrait de la liste de gauche. 


S'il s'agit de la seule région où le RN est en position de gagner, une victoire n'en serait pas moins historique puisque l'extrême droite n'a jamais gouverné de région. 


"L'hypothèse d'une victoire de Mariani, même si elle est loin d'être probable, montrerait que le RN peut triompher à peu près seul de la coalition de tous les autres et qu'il peut accéder à un exécutif puissant d'une région moderne et ouverte vers le monde", note Jérôme Sainte-Marie.


Du côté de la majorité présidentielle, le résultat est encore moins reluisant. 


Malgré plusieurs ministres en campagne, de nombreuses listes n'ont même pas atteint les 10% nécessaires pour se maintenir au second tour. 


Pis, La République en Marche n'est en position de gagner dans aucune des 13 régions métropolitaines et représente au niveau national la cinquième force électorale du pays. 


"La République en Marche manque d'implantation locale, mais en 2017 cela ne les a pas empêché de gagner la présidentielle et les législatives", rappelle Jessica Sainty. 


Alors qui va ressortir gagnant de ces régionales? 


Probablement les partis "traditionnels", qui avaient un peu disparu du paysage médiatique ces dernières années, bouleversés par l'élection surprise du centriste Emmanuel Macron à la présidence en 2017 qui a grignoté tant l'électorat de droite que de gauche. 


La droite est en bonne position pour conserver les six régions qu'elle gouverne déjà, même si ce sera probablement très serré en Ile de France (région parisienne), ou en Paca (sud-est).


En face, des alliances entre écologistes, socialistes et Insoumis (extrême gauche) devraient permettre à la gauche de remporter plusieurs régions. 


Mais ce retour en force du clivage gauche/droite doit être analysé avec prudence et rien ne dit que le duel Macron/Le Pen pour la présidentielle 2022 que prédisent tous les sondeurs sera remis en cause.


"Les partis traditionnels bénéficient du grand maillage territorial qu'ils ont maintenu. Le clivage gauche droite persiste au niveau des institutions locales mais n'a pas de traduction pour l'instant au niveau national", précise Jérôme Sainte-Marie.


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.