La BBC lance un appel à l'ONU contre le harcèlement de Téhéran envers son personnel iranien

Dans une enquête interne, plus des deux tiers des employés de la BBC Persian ont déclaré avoir été victimes de harcèlement. (Photo, BBC)
Dans une enquête interne, plus des deux tiers des employés de la BBC Persian ont déclaré avoir été victimes de harcèlement. (Photo, BBC)
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Publié le Vendredi 25 juin 2021

La BBC lance un appel à l'ONU contre le harcèlement de Téhéran envers son personnel iranien

  • Selon la station britannique, des agents iraniens ont menacé de kidnapper des employés du bureau de Londres, et de les emmener en Iran
  • «C'est une question de vie ou de mort pour nous et nos familles, si nous voulons continuer à pouvoir nous exprimer», affirme une journaliste de la BBC Persian

LONDRES: La BBC a adressé une plainte à l'ONU au sujet du harcèlement par l'Iran de son personnel iranien.

Selon la station britannique, des agents iraniens ont menacé de kidnapper des employés du bureau de Londres, et de les emmener en Iran. L'équipe juridique de la BBC a exhorté le Conseil des droits de l'homme des Nations unies (OHCHR) à agir sur cette question.

BBC Persian est une source d'information très populaire pour les Iraniens, comptant environ 18 millions de lecteurs et auditeurs réguliers, soit environ un quart de la population du pays.

Dans une enquête interne menée en mars de l'année dernière auprès de 102 employés de la BBC Persian, 71 personnes ont déclaré avoir été victimes de harcèlement.

Un tiers des employés a également eu un parent – voire deux – harcelé ou interrogé par les autorités iraniennes. En outre, plus de la moitié d’entre eux ont déclaré se sentir obligés de démissionner.

Dans l’un des cas, une journaliste a reçu des menaces de mort via la plate-forme de messagerie en ligne Skype, et a été invitée à quitter son emploi – ou à espionner ses collègues – en échange de la libération de sa sœur de 27 ans détenue en Iran.

Téhéran a également gelé les avoirs du personnel de BBC Persian en 2017, accusant un an plus tard les 152 employés actuels et anciens de «complot contre la sécurité nationale», et ouvrant des enquêtes judiciaires à leur encontre.

Jeudi, la BBC a organisé un événement parallèle virtuel coïncidant avec une réunion de l'OHCHR, au cours de laquelle elle a fait part de ses préoccupations concernant une escalade de la campagne de harcèlement de la part de la République islamique envers ses journalistes iraniens, ainsi que d'autres médias en persan.

Le journaliste iranien de la BBC, Kasra Naji, a pris la parole lors de l'événement, et a révélé les menaces et la cyberintimidation que lui, ses collègues et leurs familles ont subies.

Il a affirmé qu'en décembre 2020, six membres du personnel avaient confié que leurs familles avaient été interrogées par les agents du renseignement de Téhéran. Toutes ont reçu l'ordre de transmettre des menaces de mort à leurs proches basés à Londres.

Selon Naji, les agents ont constamment fait référence à Rouhollah Zam, un journaliste iranien travaillant depuis Paris. Un piège lui avait été tendu pour qu’il se rende à Bagdad, où il avait été kidnappé par des agents iraniens, puis exécuté en raison de ses écrits.

«Ce qui est peut-être le plus choquant, c’est que les agents du renseignement qui ont proféré ces menaces contre nos vies étaient tellement à l'aise qu'ils nous ont remis leurs numéros de téléphone pour que nous les contactions – agissant ainsi en toute impunité au nom de l'État», a souligné Naji.

«Nous vous demandons de nous aider à faire la lumière sur ce qui nous arrive. C'est le seul moyen de nous protéger. C'est une question de vie ou de mort pour nous et nos familles, si nous voulons continuer à pouvoir nous exprimer.»

La BBC a adressé pour la première fois une plainte à l’ONU en 2018, lorsque des poursuites judiciaires ont été lancées contre tous les employés, alors que ceux-ci affirment que les agressions à leur encontre avaient commencé il y a plus de dix ans, lorsque l'Iran a été secoué par les pires troubles dans le pays depuis la révolution de 1979.

La campagne de harcèlement a commencé en 2009, lorsque la BBC a couvert la «révolution verte» iranienne, lors de laquelle des millions de personnes sont descendues dans la rue pour protester contre l’élection truquée de Mahmoud Ahmadinejad, partisan de la ligne dure, comme président.

Téhéran a accusé les médias occidentaux d'avoir attisé les troubles, et depuis lors, l’équipe de la BBC Persian affirme avoir été victime d'une campagne de harcèlement qui s'est intensifiée ces dernières années, et de menaces de mort. En mars 2019, un groupe d'experts de l'ONU avait dénoncé le traitement infligé par l'Iran à la BBC Persian, affirmant que ses actions violaient le droit international, et «constituaient fondamentalement de graves menaces pour la sécurité mondiale».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.