Sur la mythique plage de Venice, un campement de sans-abri dérange

Rodrick Mims, 50 ans, qui a été sans abri au cours des 15 dernières années, devant sa tente sur la plage au bord de l'océan Pacifique à Venice Beach à Los Angeles, Californie. (AFP)
Rodrick Mims, 50 ans, qui a été sans abri au cours des 15 dernières années, devant sa tente sur la plage au bord de l'océan Pacifique à Venice Beach à Los Angeles, Californie. (AFP)
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Publié le Dimanche 27 juin 2021

Sur la mythique plage de Venice, un campement de sans-abri dérange

  • Quelque 150 à 200 tentes au total se pressent depuis des mois le long de la plage de Venice, à la limite de sa voisine plus chic de Santa Monica. Ils vivent au milieu d'un bric-à-brac chaotique d'objets de récupération et de déchets
  • Avant la Covid-19, la ville de Venice obligeait systématiquement les SDF à démonter leurs tentes durant la journée. Mais le conseil municipal a suspendu la mesure pour limiter les risques de propagation du coronavirus au sein d'une population vulnérable

VENICE : La plage, les palmiers et les sans-abri: aux clichés figurant sur la carte postale de Venice Beach, lieu mythique pour des générations de surfeurs et de touristes en Californie, s'ajoutent désormais les tentes de SDF qui se dressent par dizaines le long du célèbre front de mer.

"Je ne m'attendais pas à voir autant de sans-abri ici à Venice (...) Toutes ces tentes qui se touchent, ces cabanes, ces bâches, c'est presque comme un village", lance John Jackson, qui vit en Alabama et est venu passer quelques jours de vacances à Los Angeles.

Quelque 150 à 200 tentes au total se pressent depuis des mois le long de la plage de Venice, à la limite de sa voisine plus chic de Santa Monica. Ils vivent au milieu d'un bric-à-brac chaotique d'objets de récupération et de déchets, dans des conditions d'hygiène extrêmement précaires où les relents d'urine concurrencent l'odeur de la crème solaire.

Avant la Covid-19, la ville de Venice obligeait systématiquement les SDF à démonter leurs tentes durant la journée. Mais le conseil municipal a suspendu la mesure pour limiter les risques de propagation du coronavirus au sein d'une population particulièrement vulnérable.

Les SDF des environs, dont beaucoup avaient perdu l'accès à des centres d'hébergement ou des distributions de repas à cause de la pandémie, ont ainsi convergé vers la station balnéaire et sa plage accueillante.

"Les sans-abri font partie du folklore de Venice depuis les années 60 ou 70, mais aujourd'hui leur nombre a explosé. Et ils ont aussi changé", explique à l'AFP le vendeur d'une boutique de souvenirs, qui souhaite rester anonyme.

"Avant, beaucoup d'entre eux étaient des hippies, des vagabonds surfeurs qui avaient plus ou moins choisi ce mode de vie, maintenant ce sont vraiment des pauvres gens. Presque tous sont en très mauvais état physique et mental", poursuit le sexagénaire.

"Je vois beaucoup de souffrance, de maladies mentales, de drogue... Le mois écoulé a été dur pour moi", témoigne Denise Diangelo, une SDF rencontrée par l'AFP près du campement.

"Le plus dur pour moi c'est de dormir. D'habitude je préfère dormir près de l'eau, près de l'océan Pacifique, pour éviter les problèmes", raconte cette jeune femme blonde, qui dit avoir pour seule protection "un parasol".

Juste avant le début de la pandémie, près de 2.000 SDF avaient été recensés dans les rues de la petite ville californienne et leur nombre n'a fait qu'augmenter.

Maintenant que l'économie a repris un cours normal et que les touristes sont de retour, la présence le long de la promenade d'individus au comportement imprévisible, parfois bruyants ou agressifs, commence à sérieusement déranger et a même pris un tour très politique.

Mike Bonin, élu municipal de Venice qui milite pour le relogement des sans-abri, s'est ainsi retrouvé pris dans une vive polémique avec le shérif de Los Angeles et des associations de quartier, partisans d'une évacuation plus musclée.

Mal chronique en Californie 

Comme beaucoup de visiteurs de passage, John Jackson dit avoir du mal à "comprendre pourquoi tous ces gens sont dans la rue alors que la Californie a la réputation d'être si riche".

La Californie est effectivement la cinquième économie mondiale en termes de PIB, mais c'est aussi l'un des Etats américains les plus touchés par la pauvreté. Elle détient le triste record de la plus forte population de sans-abri dans le pays: plus de 66.000 d'entre eux se trouvaient dans le seul comté de Los Angeles avant le début de la pandémie, en hausse de près de 13% par rapport à l'année précédente.

L'une des principales raisons de cette augmentation, selon l'agence d'aide aux sans-abri de Los Angeles, est le lourd déficit de logements abordables dans une ville où les loyers sont particulièrement élevés. Ils ont progressé de 65% entre 2010 et 2020, presque deux fois plus que la moyenne pour l'ensemble des Etats-Unis. Dans le même temps, le revenu médian des foyers angelins n'a gagné que 36%.

Des associations s'activent pour proposer des aides et des hébergements aux SDF de Venice mais la tâche est d'autant plus compliquée que certains sont dans la rue depuis des années.

Comme Rodrick Sims, 50 ans, dont 15 en tant que "SDF chronique" après une descente aux enfers déclenchée par son divorce.

"Je ne sais pas quoi faire. J'espère qu'ils vont me trouver un endroit où je peux commencer à réapprendre à vivre entre quatre murs", lâche cet Afro-Américain athlétique en train de manger du raisin devant sa tente, sur la plage. 

"Parce que je t'assure, quand tu es dehors, tu deviens sauvage, comme un homme des bois", confie-t-il.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.