Le Bélarus suspend sa participation au Partenariat oriental de l'UE

L'UE a lancé le Partenariat oriental avec le Bélarus, l'Ukraine, la Moldavie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan, proposant des relations économiques et politiques plus étroites en échange de réformes. (Photo, AFP)
L'UE a lancé le Partenariat oriental avec le Bélarus, l'Ukraine, la Moldavie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan, proposant des relations économiques et politiques plus étroites en échange de réformes. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 29 juin 2021

Le Bélarus suspend sa participation au Partenariat oriental de l'UE

  • Pour le président du Conseil européen, Charles Michel, le Bélarus avec sa décision va entrainer «une nouvelle escalade des tensions»
  • Le Bélarus a également brandi implicitement la menace de cesser sa coopération en terme de lutte contre l'immigration illégale et le crime organisé

MOSCOU : Le Bélarus a annoncé lundi suspendre sa participation au Partenariat oriental de l'UE et rappeler son ambassadeur à Bruxelles en représailles aux sanctions européennes décidées du fait de la répression politique dans le pays.

Les tensions entre Minsk et les Européens n'ont fait que de s'accentuer depuis la répression d'un mouvement de contestation post-électoral historique, qui se poursuit avec le procès d'un rival du président Alexandre Loukachenko, puis avec l'interception en mai d'un avion de ligne et l'arrestation d'un opposant à bord.

Pour punir le Bélarus, accusé de "piraterie" aérienne, les Européens ont adopté des sanctions économiques et individuelles. Elles visent des hauts responsables bélarusses et hommes d'affaires, ainsi que les secteurs clés de la potasse, du pétrole et du tabac.

C'est pour protester contre ces mesures que le Bélarus a annoncé lundi suspendre sa participation au Partenariat oriental, lancé en 2009 et destiné à rapprocher six ex-républiques soviétiques avec l'Union européenne.

"Nous ne pouvons pas remplir nos obligations au titre de cet accord dans le contexte des sanctions et restrictions imposées par l'UE", a indiqué le ministère bélarusse des Affaires étrangères dans un communiqué, ajoutant avoir commencé à "mettre en oeuvre la procédure de suspension".

«Escalade des tensions»

Pour le président du Conseil européen, Charles Michel, le Bélarus avec sa décision va entrainer "une nouvelle escalade des tensions".

La figure de proue de l'opposition bélarusse, Svetlana Tikhanovskaïa, réfugiée en Lituanie, a de son côté dénoncé une "vengeance" de Minsk contre les Européens, signe de la "faiblesse" et de "l'aveuglement" d'Alexandre Loukachenko.

Le président de la Lituanie, voisine du Bélarus, Gitanas Nauseda, a lui estimé qu'Alexandre Loukachenko "continue de renier le droit" de ses citoyens à "déterminer leur futur".

Minsk a par ailleurs annoncé rappeler son ambassadeur auprès de l'UE pour "consultations" et "inviter" le chef de la délégation européenne au Bélarus à retourner à Bruxelles pour "transmettre à ses dirigeants le caractère inacceptable des pressions et des sanctions".

Le Bélarus a également brandi implicitement la menace de cesser sa coopération en terme de lutte contre l'immigration illégale et le crime organisé. Le pays est situé aux portes de l'Union européenne, avec des frontières communes avec la Pologne et la Lituanie notamment.

Les responsables européens qui ont participé à l'élaboration des sanctions contre le Bélarus se verront également interdire d'entrée sur son territoire.

"Le Bélarus continue de préparer d'autres mesures de riposte, notamment à caractère économique. Nous espérons que les responsables de l'UE et de ses États membres sont conscients du caractère destructeur et de la futilité d'une approche belliqueuse dans les relations avec" Minsk, a ajouté le ministère.

Vol dérouté

Les sanctions européennes été adoptées en réponse à l'interception le 23 mai par Minsk d'un avion de ligne RyanAir survolant le territoire bélarusse et l'arrestation de deux passagers se trouvant à bord, le journaliste d'opposition Roman Protassevitch et de sa compagne russe, Sofia Sapega.

Les autorités bélarusses ont assuré répondre à une alerte à la bombe et affirment que la présence à bord de l'opposant était un hasard.

Avant les sanctions de juin, les Européens avaient déjà pris des mesures de rétorsion visant le régime d'Alexandre Loukachenko pour le punir de la répression du vaste mouvement contestant sa réélection jugée frauduleuse en août 2020. Ce mouvement a été progressivement maté par les autorités à coup d'arrestations et d'exils forcés.

Viktor Babaryko, opposant et rival notoire de M. Loukachenko, est d'ailleurs jugé actuellement à Minsk pour des accusations de blanchiment d'argent qu'il rejette. Le verdict est attendu le 6 juillet dans cette affaire pour laquelle il encourt jusqu'à 15 ans de prison.

L'UE a lancé le Partenariat oriental avec le Bélarus, l'Ukraine, la Moldavie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan, proposant des relations économiques et politiques plus étroites en échange de réformes.

Certains de ces pays, l'Ukraine et la Géorgie considèrent cet accord comme une première étape en vue d'une adhésion, mais les dirigeants européens n'ont jamais fait de promesses en ce sens.

L'UE a toujours assuré que ce partenariat ne visait pas à étendre son influence aux dépens d'autres, mais la Russie, principal allié du président Loukachenko, considère ce partenariat comme une incursion dans sa zone.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.