Biden publie un engagement historique envers les Arabes-Américains

Joe Biden a publié un « plan de partenariat » complet avec les Arabes-Américains dans le cadre de sa campagne présidentielle. (Fichier/Reuters)
Joe Biden a publié un « plan de partenariat » complet avec les Arabes-Américains dans le cadre de sa campagne présidentielle. (Fichier/Reuters)
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Publié le Lundi 31 août 2020

Biden publie un engagement historique envers les Arabes-Américains

  • L'ancien vice-président a qualifié les Arabes-Américains d’« essentiels au tissu de notre nation », ajoutant qu'il ne combattra pas seulement le « sectarisme antiarabe », mais inclura les Arabes-Américains dans son administration
  • Les politiciens arabes américains et les dirigeants communautaires du conseil ont applaudi la déclaration de Biden

CHICAGO: Le candidat démocrate Joe Biden a publié un « plan de partenariat » complet avec les Arabes-Américains dans le cadre de sa campagne présidentielle.

Il a promis d’appliquer le plan s’il remportait les élections de novembre, mais a refusé de faire marche arrière sur sa critique de l’extrémisme, son opposition au mouvement BDS et son soutien à Israël.

Biden, qui a publié le mois dernier une vidéo YouTube dans laquelle il cite un hadith islamique qui appelle les électeurs musulmans américains à « faire ce qui est bon » lorsqu'ils « voient le mal », recherche le soutien des Américains arabes et musulmans qui ont été ostracisés par le président américain, Donald Trump.

Dans sa déclaration historique, promesse inédite d’un candidat à la présidentielle, l'ancien vice-président a qualifié les Arabes-Américains d’« essentiels au tissu de notre nation », ajoutant qu'il ne combattra pas seulement le « sectarisme antiarabe », mais inclura les Arabes-Américains dans son administration, ce que Trump n'a pas réussi à faire pendant son mandat.

« Le sectarisme antiarabe a été utilisé pour tenter d'exclure, de réduire au silence et de marginaliser une communauté entière. Biden pense que cela doit être rejeté chaque fois qu'il fait surface, y compris lorsque cela provient d'élus ou de personnes qui recherchent de fonctions publiques », a déclaré le partenariat.

« Biden adopte le partenariat des Arabes-Américains dans sa campagne et inclura des Arabes-Américains dans son administration. Une administration Biden-Harris restaurera nos valeurs en tant que nation d'immigrants, défendra les droits civils de tous les Américains, offrira des chances égales à tous les Américains et défendra la démocratie et les droits de l'homme dans le monde. »

La déclaration de partenariat, de neuf pages, a été bien accueillie par les dirigeants et militants arabes-américains qui avaient précédemment exprimé leur inquiétude à la suite de plusieurs remarques de Biden, y compris lors d’un entretien télévisé en août 2008 dans lequel il se déclare « sioniste » et l’un des plus fervents partisans d’Israël.

Les Arabes-Américains ont également fait part de leurs inquiétudes concernant les liens étroits de son colistier Kamala Harris avec la droite israélienne. Harris, élue au Sénat américain représentant la Californie en 2016, s'est adressée à deux reprises au lobby israélien de l'AIPAC et a coparrainé une résolution réprimandant son collègue démocrate et ancien président Barack Obama pour ne pas être plus dur dans la défense des règlements israéliens.

Les politiciens arabes américains et les dirigeants communautaires du conseil ont applaudi la déclaration de Biden.

Le démocrate Ammar Campa-Najjar, dans une bataille houleuse contre le républicain arabe-américain Darrell Issa pour le 50e siège au Congrès de Californie, a salué la déclaration de Biden.

« Je me sens compris. Ces dernières années ont été difficiles, être qualifié de terroriste par son propre membre du Congrès était difficile à vivre. Indépendamment du parti. Et notons qu’il y a beaucoup de républicains arabes-américains, c'est digne de louanges », a-t-il tweeté.

La déclaration de partenariat fait suite au désaveu de Biden de la militante controversée Linda Sarsour, une critique de la politique israélienne qui a condamné les modérés et le compromis avec Israël.

Les porte-parole de Biden ont déclaré que le candidat « rejette » la rhétorique de Sarsour.

Dans le cadre de son engagement envers les Arabes-Américains, Biden a promis d'annuler immédiatement le « Muslim Ban » controversé de Trump après avoir prêté serment en tant que président, et de soutenir les immigrants et les réfugiés en inversant d'autres politiques.

« Le premier jour, Joe Biden annulera les interdictions de voyage et de réfugiés musulmans non américains et mettra fin à la politique immorale de séparation des familles », indique le communiqué.

« Biden rétablira les États-Unis en tant que destination accueillante pour ceux qui cherchent à poursuivre le rêve américain, y compris les immigrants du monde arabe. Interdire aux populations de pays entiers de venir aux États-Unis est moralement répréhensible, ne rend pas notre pays plus sûr et constitue un autre abus de pouvoir de la part de l'administration Trump. »

L'engagement de Biden a également promis de protéger la liberté d'expression de tous les Américains. Mais le communiqué a ajouté qu'il ne ferait aucun compromis sur son soutien à Israël ou sur son rejet du mouvement BDS.

« Joe Biden protégera le droit constitutionnel de nos citoyens à la liberté d'expression. Il ne soutient les efforts d’aucune démocratie pour criminaliser la liberté de parole et d’expression, c’est pourquoi il s’est prononcé contre la décision d’Israël de refuser l’entrée aux législateurs américains parce qu’ils sont favorables au boycott d’Israël. »

« Cependant, Biden a été sans équivoque en condamnant les appels aux États-Unis au boycott, au désinvestissement et à la sanction d'Israël », indique le communiqué.

Plus de 27 États américains ont approuvé des lois qui punissent le soutien au mouvement BDS.

Une fois élu, Biden a déclaré que Harris et lui vont également :

  • Mettre fin au programme de prévention de la violence et du terrorisme de l’administration Trump.
  • Consulter régulièrement les dirigeants des communautés historiquement ciblées, y compris les Arabes-Américains, pour garantir la protection des droits civils.
  • Soutenir la reconstruction de la Syrie.
  • Entreprendre un examen des processus de « liste de surveillance » et de « liste d'interdiction de vol » pour s'assurer qu'ils n'ont pas d'impact négatif sur les individus ou les groupes en fonction de l'origine nationale, de la race, de la religion ou de l'appartenance ethnique, et améliorer le processus de suppression des noms, lorsque justifié, à partir de ces listes. 
  • Travailler avec la société civile et les citoyens libanais pour les aider à développer et mettre en œuvre un avenir économique et politique pour leur pays, exempt de corruption et inclusif de toutes les parties prenantes.

Le président de l'Institut arabo-américain, Jim Zogby, a salué l'engagement de partenariat.

« C’est une première historique. L’agenda de Biden pour les Arabes-Américains rejette notre exclusion ou notre réduction au silence, comble les lacunes du profilage, rejette les politiques racistes et protège notre premier amendement à défendre la Palestine », a-t-il déclaré sur Twitter.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur ArabNews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.