La fête nationale du Canada assombrie par le scandale des pensionnats pour autochtones

À Montréal, des milliers de personnes, la plupart vêtues de t-shirts orange, se sont rassemblées, certaines tenant des pancartes où étaient inscrits les slogans «annulez la fête du Canada», «joyeux jour du déni», ou «chaque enfant compte». (Photo, AFP)
À Montréal, des milliers de personnes, la plupart vêtues de t-shirts orange, se sont rassemblées, certaines tenant des pancartes où étaient inscrits les slogans «annulez la fête du Canada», «joyeux jour du déni», ou «chaque enfant compte». (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 02 juillet 2021

La fête nationale du Canada assombrie par le scandale des pensionnats pour autochtones

  • Quelque 150 000 enfants amérindiens, métis et inuits, enrôlés de force jusque dans les années 1990 dans 139 pensionnats à travers le pays, ont été coupés de leurs familles
  • Le Premier ministre du Québec, François Legault, a présenté ses condoléances à l'ensemble des peuples autochtones du pays

MONTRÉAL: Célébrer ou ne pas célébrer? La fête nationale du Canada a été marquée jeudi par des manifestations et des appels à ce que les festivités soient annulées, dans un pays endeuillé par la découverte de plus d'un millier de tombes anonymes près d'anciens pensionnats pour autochtones.

La fête nationale, qui marque le 154e anniversaire de la Confédération canadienne, est ainsi teintée cette année d'une nuance orange, la couleur associée à l'hommage aux anciens pensionnaires autochtones, au lendemain de l'annonce de la découverte de 182 nouvelles sépultures près d'un ancien pensionnat en Colombie-Britannique.

Cette découverte macabre s'ajoute aux 751 tombes anonymes mises au jour à Marieval en Saskatchewan dans l'ouest du pays, la semaine dernière, et aux 215 restes d'écoliers trouvés fin mai près d'un autre de ces établissements à Kamloops, en Colombie-Britannique.

Ces "horribles découvertes" ont encouragé les Canadiens "à réfléchir aux manquements historiques de notre pays et aux injustices qui persistent envers les peuples autochtones et beaucoup d'autres personnes au Canada", a déclaré jeudi le Premier ministre Justin Trudeau dans un communiqué.

"En tant que Canadiens, nous devons être honnêtes avec nous-mêmes au sujet de notre passé", a-t-il souligné.

Quelques jours après la découverte de Kamloops, le conseil municipal de Victoria, capitale de la Colombie-Britannique, avait voté à l'unanimité en faveur de l'annulation des célébrations virtuelles afin de réfléchir à "ce que signifie être Canadien à la lumière des événements récents et de ce que nous savons déjà de notre passé".

Quelque 150 000 enfants amérindiens, métis et inuits, enrôlés de force jusque dans les années 1990 dans 139 pensionnats à travers le pays, ont été coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture.

Nombre d'entre eux ont été soumis à des mauvais traitements ou à des abus sexuels, et plus de 4 000 y ont trouvé la mort, selon une commission d'enquête qui avait conclu à un véritable "génocide culturel" de la part du Canada.

Sur les réseaux sociaux, les appels au boycott se multipliaient ces derniers jours sous le hashtag #CancelCanadaDay.

Des rassemblements de protestation étaient organisés jeudi d'un bout à l'autre du pays, y compris dans l'Ouest canadien, en proie à une vague de chaleur inédite, notamment à Vancouver (Colombie-Britannique), Calgary (Alberta), mais aussi dans le centre du pays, à Winnipeg (Manitoba) et dans l'est, à Toronto (Ontario) et au Québec.

«Dénoncer le génocide»

À Montréal, des milliers de personnes, la plupart vêtues de t-shirts orange, se sont rassemblées, certaines tenant des pancartes où étaient inscrits les slogans "annulez la fête du Canada", "joyeux jour du déni", ou "chaque enfant compte".

"Je viens ici car j'ai des petits enfants et je trouve important de transmettre le message qu'on ne veut plus que nos enfants soient touchés, soient maltraités", a expliqué, très émue, Thérèse Dubé, 56 ans, une autochtone de la nation Atikamekw, survivante de l'un de ces pensionnats au Québec.

"La fête du Canada, c'est comme fêter le génocide", a condamné Olivia Lya, une jeune Innue de 22 ans. 

"Quiconque célèbre le Canada ce 1er juillet célèbre l'oppression", a tancé Nakuset, co-organisatrice du rassemblement et directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, dans un communiqué.

Des dégradations ont eu lieu pendant la journée: au Manitoba, une statue représentant la reine Victoria a été recouverte de peinture rouge et renversée tandis qu'au moins dix églises à Calgary (Alberta) ont été vandalisées, selon les médias locaux. 

Symboliquement, le drapeau canadien de la tour de la Paix à Ottawa était en berne pour rendre hommage aux enfants autochtones, tout comme celui de la tour centrale de l'Assemblée nationale du Québec.

Le Premier ministre du Québec, François Legault, a présenté ses condoléances à l'ensemble des peuples autochtones du pays.

Mais le leader de l'opposition au Canada, Erin O'Toole, s'est positionné en défenseur de la fête canadienne. "Le chemin de la réconciliation ne commence pas par le dénigrement du Canada", a jugé le chef du parti conservateur, admettant toutefois que le Canada n'était "pas un pays parfait".

"En tant que personne qui a servi notre pays et qui demandera bientôt votre confiance pour le diriger, je ne peux rester silencieux quand des gens veulent annuler la fête du Canada", a insisté sur Twitter cet ancien vétéran de l'armée de l'air.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.