A Mossoul, la coalition anti-EI reconnaît avoir tué des civils. Mais après?

Abdallah Khalil a perdu sa jambe lorsqu'un immeuble de la vieille ville de Mossoul s'est effondré sur lui après avoir été touché par une frappe aérienne de la coalition dirigée par les États-Unis en 2017 (Fichier, AFP)
Abdallah Khalil a perdu sa jambe lorsqu'un immeuble de la vieille ville de Mossoul s'est effondré sur lui après avoir été touché par une frappe aérienne de la coalition dirigée par les États-Unis en 2017 (Fichier, AFP)
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Publié le Mercredi 07 juillet 2021

A Mossoul, la coalition anti-EI reconnaît avoir tué des civils. Mais après?

Abdallah Khalil a perdu sa jambe lorsqu'un immeuble de la vieille ville de Mossoul s'est effondré sur lui après avoir été touché par une frappe aérienne de la coalition dirigée par les États-Unis en 2017 (Fichier, AFP)
  • En sept ans de guerre contre le groupe Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie, la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis a reconnu avoir tué plus de 1 000 civils en Irak et en Syrie
  • Pour le sénateur américain Patrick Leahy, il faut que cet argent puisse arriver jusqu'aux victimes en Irak, en Afghanistan ou ailleurs

MOSSOUL: Ce 17 mars 2017, les troupes antidjihadistes progressent dans Mossoul. Mais si les militaires se congratulent, le monde plonge dans l'horreur des "dommages collatéraux": plus de 100 civils tués par un avion de la coalition. Leurs proches attendent toujours explications et compensations.  

En sept ans de guerre contre le groupe Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie, la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis a reconnu avoir tué plus de 1 000 civils en Irak et en Syrie - et pour la première fois elle révèle aujourd'hui le nombre de dédommagements aux Irakiens: 14.   

Jusqu'ici, les victimes des raids de la coalition anti-EI et leurs familles se sont heurtées à un système où parfois l'on reconnaît ses torts mais dont l'opacité semble avoir été pensée pour les empêcher d'accéder à l'étape suivante: les compensations financières.  

Ainsi, quatre ans après le carnage du 17 mars dont il est miraculeusement sorti vivant avec son fils, Abdallah Khalil, la jambe amputée à hauteur du genou et le dos zébré de brûlures, attend toujours qu'on lui explique où et comment réclamer un dédommagement.  

"Avec toute notre expertise, on comprend à peine comment faire", confirme Sarah Holewinski de Human Rights Watch (HRW). "Je n'arrive même pas à imaginer ce que c'est pour une Irakienne ayant perdu sa mère ou son mari ..."  

Elle souligne notamment l'impossibilité "de trouver un responsable américain pour réussir à lui faire admettre que c'était bien l'une de ses bombes la responsable". Car dans cette guerre-là - principalement menée depuis les airs - il n'y a pas eu, comme dans d'autres opérations occidentales, des commandants sur le terrain pour dédommager "le prix du sang".  

Vendredi, 08H10 à Mossoul  

C'est justement l'une de ces bombes américaines qui fait basculer la vie d'Abdallah Khalil, ancien chauffeur routier, le vendredi 17 mars 2017 "à 08H10 exactement", à Mossoul al-Jadida, le "nouveau Mossoul" en arabe, dans le nord du pays.  

"Ils ont bombardé et je me suis retrouvé sous les gravats" jusque "vers 11H00 quand j'ai entendu les secours", raconte cet Irakien de 51 ans.  

L'effondrement de l'immeuble où il s'était réfugié avec des dizaines de femmes, d'hommes et d'enfants s'est conclu par le plus lourd bilan civil de la guerre contre l'EI.  

"Au minimum 105 et au maximum 141 non combattants", selon l'ONG Airwars, qui recense les civils tués dans des bombardements à travers le monde.  

Pour les Irakiens, le choc est immense. Mais il est rapidement balayé par le chaos.  

En 72 heures, avant, durant et après cette frappe, des centaines d'autres civils sont tués à Mossoul. Et, là, il est souvent difficile de déterminer d'où sont venus les tirs: dans cette ville de plus de deux millions d'habitants où des centaines de milliers de civils servent toujours de boucliers humains aux djihadistes, les troupes irakiennes tirent à tout-va, les djihadistes répondent avec force et les avions de la coalition pilonnent sans relâche.  

Le docteur Hassan Wathiq, patron de la médecine légale de Mossoul, se rappelle du carnage: "Avec pompiers et ambulanciers, on a sorti 152 corps des décombres" de l'immeuble où se trouvait M. Khalil et d'autres alentours.  

Et, avec les frappes qui continuent sans relâche, raconte-t-il encore, "les dix ou 15 jours suivants, on a sorti une centaine de cadavres par jour".  

Pour les Irakiens comme pour le monde entier, Mossoul est un bastion qu'il faut à tout prix reprendre. L'EI en a fait sa "capitale" et c'est ici même qu'il a autoproclamé son "califat".   

Le déluge de feu de la coalition depuis les airs est incessant. Au sol, les soldats irakiens avancent et reculent au gré des voitures et autres maisons piégées.  

Ce 17 mars 2017, cinq mois jour pour jour après le lancement de la dernière grande bataille en Irak, les troupes irakiennes tentent de progresser dans les ruelles de la Vieille ville.  

Devant elles, à l'ouest, se dresse Mossoul al-Jadida, avec sa gare ferroviaire et ses silos de pétrole. De là, des tirs fusent, apparemment de deux snipers sur les hauteurs.  

L'armée irakienne, embarquée dans la pire guérilla urbaine de l'histoire moderne, réclame une frappe de la coalition pour reprendre aux djihadistes leur "capitale" irakienne.  

Des avions américains arrivent, larguent une bombe à tête guidée. Mais il leur manque une information capitale: au sous-sol, des dizaines de civils s'entassent, priant pour que la proximité de l'hôpital al-Rahma et d'une avenue passante les protègent.  

Face au tollé, pour la première - et unique - fois, les Américains dépêchent des enquêteurs sur le terrain. Dès mai 2017, ils concluent à la mort de 105 civils et évoquent 36 disparus.  

Mais, en se basant sur des calculs théoriques, ils concluent que l'immeuble s'est écroulé à cause d'explosifs de l'EI entreposés dans les étages, écartant leur responsabilité directe.  

A Mossoul, témoins et survivants sont formels: aucun arsenal n'était stocké dans l'immeuble. 

"Erreur" 

"Pour deux snipers sur un toit, ils ont largué une bombe de plus de 220 kilos, c'était une erreur", accuse Chris Woods, directeur d'Airwars. "On ne peut pas utiliser des explosifs à large portée dans une zone urbaine sans des risques considérables pour les civils: voilà ce qu'incarne Mossoul al-Jadida." 

A l'époque, Donald Trump, depuis deux mois à la Maison Blanche, vient de promettre de "bombarder à mort" l'EI. Pour beaucoup, il donne les coudées franches à ses militaires qui assurent alors mener "la guerre la plus précise de l'histoire". 

Mais à Mossoul al-Jadida, impossible de nier l'évidence, la précision a eu ses limites. Le Pentagone reconnait finalement sa responsabilité - indirecte: une bombe américaine a bien touché l'immeuble mais, affirme-t-il, les explosifs de l'EI y ont bien causé une "explosion secondaire".  

Quand son portable sonne à l'automne 2017, Abdallah Khalil se réjouit. "Un traducteur m'a affirmé que j'étais en ligne avec le commandant militaire de la coalition pour le nord de l'Irak", raconte-t-il à l'AFP. "Il s'est excusé au nom de la coalition et a promis de venir me voir, mais il ne l'a jamais fait." 

Walid Khaled a perdu son frère et sa belle-soeur à Mossoul al-Jadida. Ce père de deux enfants âgé de 31 ans a bien reçu la visite des enquêteurs de la coalition. "Ils ont pris des photos et nos déclarations, et rien n'a été fait pour nous verser des dédommagements" pourtant précieux dans une ville encore en ruines faute de fonds pour reconstruire, affirme-t-il. 

Selon Daniel Mahanty, de l'ONG Center for civilians in conflict (CIVIC), "si l'armée américaine reconnaît publiquement qu'elle a causé des torts (...), elle n'a jamais créé de système qui permettrait à une famille de présenter une demande formelle de compensation". 

Washington "ne veut pas mettre en place une politique qui ouvrirait la porte à un nombre énorme de plaintes impossible à gérer", affirme ce militant basé aux Etats-Unis. 

Echapper aux paiements 

Pour que son frère et sa belle-soeur ne soient pas oubliés, Walid Khaled a continué à frapper à toutes les portes: il s'est plaint auprès de la coalition, de la Commission gouvernementale irakienne des droits humains, de la Commission provinciale des dédommagements de Mossoul. 

Mais avant même de lancer leur campagne contre des djihadistes qui tenaient un tiers de l'Irak, de larges pans de la Syrie et attaquaient jusqu'au coeur de l'Europe, les 75 Etats de la coalition internationale avaient fait des choix.   

Contrairement à l'invasion de l'Irak en 2003 ou à la guerre en Afghanistan, la coalition anti-EI "a été forgée de telle sorte qu'il n'y ait pas de structure compensatoire", explique à l'AFP Belkis Wille, chargée de l'Irak à HRW.  

Donc, poursuit-elle, "si quelqu'un veut des dédommagements, il doit parvenir à déterminer quel pays a mené chaque frappe et comment il peut être saisi pour réclamer des dommages". 

De 2014 jusqu'au 15 février 2017, la coalition indiquait chaque jour quels pays avaient mené des frappes. Après cette date, alors que le bilan civil grimpait, ces précisions ont disparu. 

A Mossoul al-Jadida, les Américains ont reconnu avoir frappé seuls. Pour le porte-parole de la coalition, le colonel américain Wayne Marotto, "la loi américaine et le droit de la guerre n'obligent pas les Etats-Unis à assumer des compensations pour des blessures ou des dégâts causés par des opérations de combat légales" . 

De ce fait, explique-t-il, depuis mars 2015, "la coalition a versé cinq paiements +perte civile+ et un sixième est en cours, ainsi que huit paiements de ‘condoléances’" en Irak. Washington refuse de lever le secret sur la date, le lieu et la nature de chacun de ces incidents, mais tous ces paiements sont des compensations pour des dégâts qui peuvent être humains comme matériels.  

C'est très peu par rapport à l'Afghanistan par exemple, où des troupes américaines sont déployées au sol. Sur la seule année 2019, les Américains ont ainsi effectué six versements en Irak pour un total de 24 000 dollars; contre 605 versements pour 1 520 116 dollars en Afghanistan.  

Pourtant, le Congrès a voté une enveloppe de trois millions de dollars par an jusqu'en 2022 pour ces dédommagements - inscrits au budget sous l'appellation "opération et maintenance - armée". 

Compensation et reconstruction  

Pour le sénateur américain Patrick Leahy, il faut que cet argent puisse arriver jusqu'aux victimes en Irak, en Afghanistan ou ailleurs. Et c'est là que le bât blesse", a-t-il écrit récemment au chef du Pentagone Lloyd Austin.  

"Il faut en faire beaucoup plus pour aider les familles à déposer des demandes (...) et ensuite les traiter", affirme le patron démocrate du Comité des crédits.  

"Si l'armée américaine n'arrive pas à enquêter, trouvons d'autres acteurs pour le faire."  

Depuis 2014, selon Airwars, entre 8 311 et 13 188 civils, dont quelque 2 000 enfants, ont vraisemblablement été tués par la coalition en Irak et en Syrie.  

La coalition en reconnaît dix fois moins: "Les Etats-Unis ont reconnu plus de 1 300 civils tués dans leurs opérations", relève M. Woods. Quant à Londres et Paris, deuxième contingent de la coalition après les Etats-Unis, ils font encore moins bien que Washington: en neuf mois de pilonnage à Mossoul, "ils n'ont pas reconnu un seul mort civil", ajoute-t-il.   

Les Néerlandais, eux, ont dédommagé un Mossouliote qui avait perdu sa femme, sa fille, son frère et son neveu dans un bombardement aérien en 2015. Un million d'euros auraient été versés selon la presse néerlandaise, mais la victime, elle, est silencieuse.   

Amsterdam a surtout, notent les défenseurs des droits humains, reconnu "son" Mossoul al-Jadida.    

A Hawija, dans le centre de l'Irak, en juin 2015, ils ont bombardé une ligne de production d'explosifs de l'EI. Les détonations en cascade ont tué plus de 70 civils et ravagé des pans entiers de la ville.   

Le gouvernement n'a payé aucune famille mais "a débloqué cinq millions d'euros pour aider à la reconstruction de Hawija", relève M. Woods.   

Ni formulaire, ni mail ni téléphone  

A Mossoul, où la reconstruction est estimée à des milliards de dollars, une telle initiative serait la bienvenue. Mais les autorités irakiennes elles-mêmes ont mis longtemps à parler des morts et des ruines --dont elles continuent pourtant à sortir des corps jusqu'aujourd'hui.  

En mars 2019, le Premier ministre de l'époque Haider al-Abadi allait jusqu'à assurer que seuls "huit femmes et enfants" avaient été tués à Mossoul.  

Le patron de la Commission des droits humains de Mossoul, Yasser Dhiaa, affirme avoir saisi le ministère des Affaires étrangères. Jusqu'ici en vain.  

Pourtant, ailleurs, l'armée américaine a fini par se rendre accessible. En Somalie, où Airwars recense une centaine de civils tués en 14 ans, le commandement militaire américain pour l'Afrique (Africom), propose, dès sa page d'accueil, un formulaire en ligne et une adresse postale pour enregistrer des victimes civiles.  

Sur celui de Centcom, le commandement américain au Moyen-Orient, ni formulaire ni adresse, ni mail, ni téléphone.  

On y trouve en revanche toujours le communiqué du 17 mars 2017 qui évoque "quatre frappes" à Mossoul ayant détruit une série de véhicules, d'armes et même... "un bâtiment tenu par l'EI".  

Ce jour-là, l'AFP rapportait qu'au sol les troupes irakiennes avaient repris une mosquée et un marché du Vieux Mossoul. Quatre mois plus tard, la ville était libérée et l'EI mise en déroute.    

Abdallah Khalil apprenait tout juste à ajuster sa prothèse. Aujourd'hui encore, il peine à vivre avec. 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.